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Histoire et Stratégies

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Comment «transformer» une armée en deux semaines ?

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Par le Colonel Michel GOYA

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À la fin du mois d’août 1914 lors de la «la bataille des frontières», les cinq armées françaises livrent leurs premiers combats et se brisent toutes sur des forces allemandes mieux adaptées à la guerre moderne. Les pertes sont immenses[1] et les lacunes tactiques qui apparaissent sont innombrables: dédain pour le renseignement et les mesures de sûreté, absence de liaisons entre les unités et les armes, attaques directes absurdes, mauvaise utilisation des mitrailleuses, médiocrité du tir de l’infanterie, etc... Pourtant, à peine deux semaines plus tard, du 4 au 10 septembre, cet instrument meurtri et si imparfait parvient à stopper et refouler l’armée allemande sur la Marne avant de la contenir à nouveau lors de la «course à la mer». Expliquer ce redressement par le courage du soldat français et l’énergie de ses chefs serait incomplet car ces qualités existaient déjà en août. Un autre facteur a joué et Joffre le décrit dans ses mémoires: «Si le succès répondit à mon attente sur la Marne, c’est pour une très grande part que nos armées n’étaient plus au début de septembre celles des premiers jours de la guerre».

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La «transformation» la plus rapide de l’histoire militaire moderne

L’infanterie est la première à souffrir de la découverte de la puissance de feu moderne. C’est donc aussi la première arme à se transformer. Le 15 août, le 8ème Régiment d’infanterie attaque le château de Dinant. Trop serré, il est frappé par des mitrailleuses allemandes. Le chef de corps ordonne alors d’oublier les attaques en ligne à un pas d’intervalle et fait manœuvrer ses compagnies par demi-sections autonomes[2]. Le 25 août, le général Fayolle note dans son carnet:



À la 70ème division, catastrophe entre 7 et 9 heures dans l’attaque d’Hoéville: il y avait beaucoup trop de monde en ligne. Il n’y a eu aucune reconnaissance, aucune préparation par le feu. Comment cela a-t-il pu se produire? Pas de patrouilles de combat, pas d’éclaireurs, les masses d’hommes inutiles! Aucune préparation. C’est fou.

Dès le lendemain, l’esprit et les méthodes ont changé: «On recommence, mais cette fois très prudemment, très lentement. La leçon a été bonne […] Je marche par bonds sous la protection de toute l’artillerie et après reconnaissances faites». Alors que la 13ème division d’infanterie (DI) bat en retraite en Lorraine, un de ses officiers raconte comment ses hommes ont évolué:



Ils pressentaient la supériorité des moyens de l’ennemi et voulaient tout mettre en œuvre pour y remédier. D’où leur merveilleuse aptitude à coller au feu. D’où leur étonnante maîtrise dans ces retours offensifs qui devenaient pour l’ensemble de nos armées, un des procédés de manœuvre les plus efficaces.

Il décrit également comment ils apprennent à fortifier les villages, à coordonner leurs actions avec les batteries de 75 et les sections de mitrailleuses renforcées de pièces récupérées dans les dépôts. Déployés sur la Marne, ils développent par kilomètre de front une puissance de feu quatre fois supérieure à celle des premiers combats et lancés ensuite dans la «course à la mer», deux bataillons improvisent une manœuvre motorisée avec des camions réquisitionnés.

En défense, les unités comprennent vite que la seule parade efficace contre les mitrailleuses et l’artillerie réside dans l’enfoncement dans des trous de tirailleurs qui sont ensuite reliés entre eux pour faciliter les liaisons puis recouverts de fils de fer barbelés. À partir du Grand couronné de Nancy dès août 1914, le front se cristallise progressivement à l’initiative des fantassins et à l’insu du haut commandement. Dès la fixation du front, des hommes commencent à s’infiltrer dans le no man’s land, snipers isolés d’abord puis petits groupes qui initient les corps francs. L’adaptation de l’artillerie est aussi spectaculaire. Harcelée par les pièces lourdes allemandes d’une allonge supérieure, en décalage fréquent avec des fantassins avec qui les possibilités de transmissions sont limitées, l’artillerie de campagne a les plus grandes difficultés à appuyer les attaques, seule mission prévue pour elle. Pour y remédier, on improvise des tirs de 75 à longue portée avec enfoncement de la crosse, mode d’action non réglementaire. Dès le 7 août 1914, une batterie du 2ème corps ravage à 5.000 mètres un régiment de cavalerie allemande, bien au-delà des tirs pratiqués sur les polygones. À la fin du mois d’août, à la bataille de la Mortagne, le général Gascouin fait tirer à 9.500 mètres sur des rassemblements ennemis. Il emploie pour cela des obus à balles munis de fusées destinées aux tirs contre avions et fait retirer des places fortes trois ballons captifs pour assurer le réglage. Simultanément, Joffre autorise le prélèvement de pièces lourdes dans les places fortes. Dans la deuxième semaine d’août, la IIIème armée reçoit six batteries de 120mm prélevées à Verdun. Dans la nuit du 27 août, la Ière armée est renforcée par trois batteries lourdes venant d’Epinal. Guidées par un ballon et trois avions, elles ouvrent le feu le lendemain à la grande surprise des Allemands.

Indispensable pour ces tirs indirects, le réglage aérien, non prévu par le règlement aéronautique, se développe à grande vitesse. Le 6 septembre, à Montceau-lès-Provins, le colonel Estienne utilise les deux avions démontables qu’il avait fait construire lorsqu’il commandait l’école d’aviation de Vincennes, et parvient à détruire complètement un groupement d’artillerie allemand. Plusieurs corps d’armée récupèrent des aéroplanes dans les dépôts et forment des observateurs. Mais comme les Allemands font également du réglage aérien, on développe la défense contre avions et on apprend à camoufler les pièces. On organise également l’occupation permanente des positions de tir, de nuit comme de jour, leur fortification, la coordination avec des éléments de ravitaillement éloignés, toutes choses qui ne sont pas dans le règlement de manœuvre de 1910 qui ne décrit que des manœuvres très mobiles.

La coopération avec l’infanterie et le guidage des pièces à distance sont rendus possibles par la récupération de matériel téléphonique dans les bureaux de poste ou acheté à Paris et même en Suisse. Des officiers d’artillerie sont détachés auprès de l’infanterie et le commandant du régiment d’artillerie divisionnaire devient partout le conseiller du général, laissant à son second le soin d’organiser le tir. Pour faciliter les ordres et intervenir plus vite et plus fort, l’artillerie est souvent groupée en masse, avec parfois 30 batteries comme au 1er corps.

Toutes ces adaptations se généralisent très vite et permettent de profiter à plein des capacités du canon de 75. Le 6 septembre, sur la Marne, le 15ème régiment d’artillerie stoppe à lui seul un assaut allemand en tirant à bout portant. Le 10 septembre, à la Vaux-Marie, une violente attaque de l’armée du Kronprinz est clouée sur place par une action en masse de toute l’artillerie du 6ème corps français. À partir du 7 septembre, pour échapper à l’artillerie française, les Allemands tentent des attaques massives de nuit mais à l’imitation de la Ière armée, qui a appliqué cette méthode dès le 24 août, les corps généralisent les barrages d’alerte nocturnes. Dans l’offensive qui suit la victoire de la Marne, plusieurs divisions font avancer les fantassins derrière les premiers barrages d’artillerie, murs d’obus qui bondissent de 100 mètres à intervalles réguliers.



L’adaptation de la cavalerie est beaucoup plus difficile, car le cheval est incapable d’évoluer face à la puissance de feu moderne. En Lorraine, Ardennes et Belgique, chacun des trois corps de cavalerie subit, chacun à son tour, un échec sanglant. Pendant la bataille de la Marne, on parvient péniblement à former un groupement de 1.800 cavaliers pour mener un raid sur les arrières ennemis mais à l’issue de cette bataille, la cavalerie, épuisée, est incapable d’exploiter la victoire. Pour tenter de s’adapter, les corps de cavalerie improvisent des groupes d’automitrailleuses à base de véhicules civils transformés ou incorporent parfois des bataillons d’infanterie sur camions, embryon des futures unités motorisées. Surtout, ils s’efforcent d’accroître leur capacité de combat à terre quitte à piller les entrepôts de l’arrière pour y trouver les outils et les mitrailleuses qui leur manquent. Des bataillons à pied sont également créés en démontant des escadrons. Ces innovations restent néanmoins limitées.



L’aviation démontre en revanche très rapidement son utilité en fournissant des renseignements décisifs comme la découverte du mouvement de l’armée von Kluck prêtant le flanc devant Paris à la VIème armée française, puis on improvise le réglage d’artillerie dès qu’une partie du front se stabilise. On assiste également à de multiples expérimentations spontanées, comme les vols de nuit ou les essais photos. Des agents sont transportés sur les arrières de l’ennemi. Chaque équipage prend aussi l’habitude de s’armer, pour se défendre en cas d’atterrissage forcé, et de profiter des missions de reconnaissance pour frapper les concentrations de troupes avec quelques bombes ou boites de fléchettes. Les 14 et 18 août 1914, deux avions français bombardent les hangars Zeppelin près de Metz, et très rapidement les pilotes recherchent le duel. Pendant que Roland Garros et de Rose reprennent les expérimentations qu’ils avaient initiés avant-guerre, le capitaine Faure de l’escadrille V24 demande à l’industriel Gabriel Voisin d’installer une mitrailleuse légère Hotchkiss sur l’avant de ses appareils (l’hélice est à l’arrière). Le 5 octobre, Frantz et Quenault, de cette escadrille, obtiennent la première victoire aérienne de l’Histoire.
Les rigidités de l’armée française de 1914

Pour comprendre ce redressement spectaculaire, il faut partir de l’hypothèse de l’influence de près de mille ans de prédominance aristocratique dans le corps des officiers ; prédominance à peine interrompue par la Révolution et le Premier empire, et tacitement reconduite par le mimétisme de la bourgeoisie.

La conséquence première de cette culture aristocratique est un rapport très affectif à la fonction. Le «devoir» est le moteur principal de l’action et chacun a une conscience nette de ce qui est noble et de ce qui est déshonorant. Il y a des unités prestigieuses, comme les bataillons de Chasseurs à pied et d’autres qui le sont beaucoup moins comme les unités de réserve. Il y a des «cœurs de métier», comme le service du canon de campagne de 75mm et des «périphéries» délaissées, comme le service automobile qui appartient aussi à l’artillerie (et qui refuse les premiers projets de chars, trop éloignés du vrai métier). Il y a des attitudes nobles comme le duel à cheval à l’arme blanche[3] et d’autres déshonorantes comme s’enterrer. Ce sens de l’honneur est aussi très important dans les rapports hiérarchiques. Le chef est très respecté et la loyauté à son égard est une vertu majeure, mais du même coup il est jugé offensant de contrôler ses subordonnés. Ainsi chaque individu, chaque régiment, chaque grand commandement est animé d’un profond sens du devoir mais se considère comme une puissance souveraine qui n’a vraiment de comptes à rendre qu’à sa conscience. On aboutit ainsi en 1914 à une juxtaposition de «fiefs» et «baronnies» aux chefs chatouilleux de leurs prérogatives, ce qui ne facilite par la coopération et pousse à privilégier les solutions internes, d’où de nombreuses redondances de structures.

L’étagement est aussi social. On distingue d’abord nettement entre les hommes de troupe et le corps des officiers, ces derniers estimant par tradition avoir le monopole de certaines vertus. Cela se traduit de multiples façons. On refuse l’arme automatique car le fantassin gaspillerait les munitions. Il ne peut d’ailleurs tirer que par bloc de section sous les ordres d’un officier. Dans ses deux années de service, le canonnier de 75 n’est jugé capable que d’effectuer quatre types de tir alors qu’il en fera vingt-quatre pendant la guerre. Le parachute est refusé car les pilotes en profiteraient pour s’enfuir. On refuse le combat de snipers jugé trop indépendant, etc…À l’intérieur même du corps des officiers d’avant-guerre, on distingue aussi très nettement entre les officiers directs (saint-cyriens et polytechniciens, qui ne servent pas dans les mêmes armes et ne se saluent pas) promis par leur titre aux plus hautes fonctions, les semi-directs qui dépasseront rarement le grade de capitaine et les officiers de réserve, qui subiront l’ostracisme jusque pendant la guerre. Pour les directs, il y a encore l’étage supérieur de l’École supérieure de guerre (ESG), qui seul donne, implicitement, le droit d’écrire mais avec une prédilection pour les sujets «nobles» et non les questions terre-à-terre techniques ou tactiques.

Ce système extrêmement rigide en apparence comporte toutefois des éléments plus ou moins cachés qui autorisent la souplesse. Il y a d’abord les solidarités horizontales, les promotions d’écoles en particulier, qui permettent de franchir les barrières des «fiefs». D’un autre côté, le sens du devoir qui anime les hommes stimule l’initiative et la faiblesse du contrôle procure une liberté d’action pour les expérimentations, les bricolages ou les arrangements, mais à condition de respecter les formes. Il y a ainsi dans les corps de multiples innovations mais qui restent cachées car contraires aux idées officielles ou parce que l’énergie nécessaire pour les imposer à l’ensemble du système serait trop importante.

Au niveau de la réflexion doctrinale, au lieu d’avoir un organisme centralisé qui s’inspirerait des réflexions de multiples compétences, l’armée française d’avant 1914 dispose de multiples chapelles rivales (État-major de l’armée, ÉSG, Conseil supérieur de la guerre, directions d’armes du ministère) mais toutes peuplées d’officiers brevetés issus du même moule. Jusqu’au début du XXème siècle au moins, il est encore possible d’y associer la tradition de la prouesse héroïque, issue de la cavalerie féodale et qui imprègne les armes de mêlée avec l’autre tradition, celle du feu et de la méthode des armes savantes (l’armée du Roi), portée par les Polytechniciens. Mais à partir du ministère André, ces derniers renoncent massivement à la carrière militaire. À la veille d’une guerre où l’élément technique sera essentiel, une seule tradition domine alors, portée à son paroxysme par le renouveau spiritualiste de l’époque, pour donner l’«offensive à outrance»[4]. Mais il est vrai aussi que le cloisonnement français présente l’avantage de tempérer les théories les plus extrémistes. Beaucoup de généraux de haut rang refusent ces idées et beaucoup de commandants de compagnie, qui restent en moyenne dix ans à leur poste, n’écoutent pas ce qui vient de Paris. L’hétérogénéité se poursuit donc aussi dans le domaine des idées.
Le principe de «la patrie en danger»

Ce système qui peine incontestablement à évoluer dans le temps de paix s’avère en revanche étonnamment efficace en temps de crise car lorsque la «Patrie est en danger», certaines attitudes changent d’un seul coup. Résister à l’arbitraire du chef devient ainsi contraire à l’honneur car il peut remettre en cause l’existence de l’unité, de l’armée, voire de la nation tout entière. De 1911 à 1914, Joffre éprouve les plus grandes difficultés pour changer un corps des généraux qu’il estime sclérosé[5]. Pourtant, dans les cinq premiers mois de guerre, il peut sans grande contestation «limoger» 162 généraux, soit 40 % du total, dont trois commandants d’armée et les trois-quarts des généraux de corps d’armée. Cette politique, parfois injuste, permet de faire monter des officiers compétents comme Pétain ou Fayolle.

Ensuite et surtout, lorsque les barrières s’abaissent alors d’un seul coup et que la coopération devient la règle, toutes les expérimentations cachées apparaissent au grand jour, fournissant la grande majorité des innovations décrites plus haut. Les règlements inadéquats sont très vite dépassés. Le 14 août au matin, la 13ème DI connaît son baptême du feu face au village lorrain de Plaine tenu par les Allemands. Pendant quatre heures, les charges frontales à la baïonnette se succèdent et échouent face aux mitrailleuses et aux obusiers postés dans le village ou sur les hauteurs du Donon, puis le commandant de la division ordonne à deux groupes de 75 de préparer méthodiquement une nouvelle attaque, qui a lieu de flanc. Les Allemands sont battus.

L’information monte jusqu’au sommet par les biais de multiples comptes-rendus et des officiers de liaison du Grand Quartier Général (GQG). Elle permet à ce dernier de publier, dès le milieu du mois d’août 1914, des notes particulièrement lucides sur les déficiences constatées et les moyens d’y faire face. L’information circule aussi horizontalement entre unités. En montant vers la Belgique, le 10ème corps reçoit ainsi directement une note de «retour d’expérience» du 1er corps, qui vient de se battre quatre jours plus tôt à Dinant. Mais surtout la coopération s’effectue en interne, à l’intérieur même des divisions avec des gens qui désormais vivent ensemble. Les traditions héroïques et techniques s’associent à nouveau et la coopération entre l’artillerie et l’infanterie, voire l’aviation, si déficiente avant-guerre, devient d’un seul coup la clef du succès.
Les trois phases de l’évolution de l’armée française pendant la guerre

Le processus qui conduit à la victoire de la Marne est remarquable mais ce n’est qu’un mécanisme de correction des défauts les plus évidents[6]. Il n’est pas alors question de modifier la conduite des opérations. Mais comme les unités au front sont soumises à une pression permanente, ce processus d’adaptation est continu. Les demandes et les propositions montent la hiérarchie et finissent par former un corpus d’idées nouvelles qui conteste le paradigme en vigueur hérité de l’avant-guerre. L’année 1915 est une année de tension entre le GQG, gardien de la doctrine, et les hommes du front jusqu’à ce que l’échec de l’offensive de Champagne en octobre 1915 consacre la victoire de ces derniers.

À partir de ce moment-là, on comprend que ce sont les unités de combat qui ont les informations pertinentes pour faire évoluer les choses et non plus comme avant 1914, ceux qui avaient accès aux faits d’expérience des guerres étrangères, passées ou simulées[7]. Au début de 1916, un nouveau paradigme apparaît, celui de la «conduite scientifique de la bataille», revanche des «méthodiques» sur les «héroïques». Cette doctrine échoue sur la Somme provoquant son remplacement par un autre modèle, l’«École de Verdun», et par des hommes nouveaux comme Nivelle. Le désastre de mai 1917 provoque une troisième phase dans le processus d’évolution.

Avec l’arrivée de Pétain, on abandonne l’idée d’une «formule» qui va permettre de gagner la bataille décisive. C’est la naissance de l’art opératif et le changement est alors conçu comme un phénomène normal et permanent de la guerre. L’armée française s’organise donc en conséquence et passe ainsi sans crise interne grave, sinon sans tensions, des batailles méthodiques du deuxième semestre 1917 aux batailles mobiles défensives puis offensives de 1918 jusqu’à la victoire finale[8].

[1] 300.000 morts et disparus français en 1914.

[2] L’attaque en ligne avec intervalle à un pas ne sera supprimée officiellement qu’en 1916.

[3] Avec l’arrivée de nombreux cavaliers dans l’aviation, la chasse y devient le cœur du métier au détriment de l’observation.

[4] En 1939, c’est plutôt la tradition méthodique et scientifique qui prédomine, avec les résultats que l’on sait.

[5] Pour obtenir la signature du ministre nécessaire à une mise à la retraite anticipée, il est même obligé de placer les «cibles» à la tête des troupes de grande manœuvre pour prouver leur inaptitude.

[6] On note le même phénomène en juin 1940, lorsque les Français se battent bien mieux sur la Somme que quelques semaines plus tôt, mais cette fois les pertes initiales sont telles qu’il ne peut y avoir de «miracle».

[7] Jeux de guerre, grandes manœuvres, voyages d’étude.

[8] On notera la ressemblance de ces évolutions avec celles de la philosophie des sciences passant du positivisme (la théorie est éternelle), aux idées de Popper (une théorie chasse l’autre) puis à celle de Kuhn et Lakatos (une théorie dépasse et englobe la précédente).


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