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Sciences et technologies

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De la numérisation à l’infovalorisation : gagner la confiance des utilisateurs tactiques

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Par le CNE BEDEZ Cyril

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La réussite du passage de la numérisation à l’infovalorisation ne doit pas simplement être considérée comme un phénomène technique mais surtout comme un problème humain pour lequel une réflexion et une action qui s’apparenteraient à celles menées au sein de grandes structures institutionnelles du type « accompagnement du changement » est nécessaire et doit être menée sans tabous.

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La nurisation de l'espace de bataille (NEB) lancée dans les années 2000 dans l'are de Terre devait avoir atteint sa maturi dix ans plus tard, non seulement en équipant les forces mais aussi et surtout en s'assurant de l'adhésion des utilisateurs grâce aux gains tactiques obtenus.

 

En 2012, alors que la réflexion sur le passage à l'étape de l'infovalorisation se profile, le niveau de confiance des utilisateurs tactiques de la NEB est faible. Cette tendance est confirmée par les analyses d'exercice de niveau 2 à 5 inclus et par les difrents audits commandés sur les résultats de la nurisation.

 

Après dix ans d'investissements financiers, technologiques et humains le constat est amer et la tentation chez les utilisateurs tactiques de la NEB de la jeter aux orties et de considérer l'info-valorisation comme un ultime gadget technologique sans plus- value pour le groupement tactique interarmes (GTIA) ou le sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) est grande.

 

Même si la perception actuelle repose sur une ali crue et parfois difficile à accepter, il est cessaire à travers une analyse lucide des manquements actuels, de regagner la confiance des utilisateurs tactiques, de proposer les axes d'amélioration d'une capacité cruciale sur le plan tactique.

 

La  ussite  du  passage  de  la  numérisation  à  l'info-valorisation  ne  doit  pas simplement être consirée comme un pnomène technique mais surtout comme un problème humain pour lequel une réflexion et une action qui s'apparenteraient à celles   menées   au   sein   de   grandes   structures   institutionnelles   du   type

« accompagnement  du  changement »  est  cessaire  et  doit  être  menée  sans tabous.

 

Après être revenu sur le bilan contrasté de la NEB et le manque de confiance induit, l'auteur  propose  son  point  de  vue  sur  les  solutions  possibles  pour  tablir  la confiance et s'engager résolument vers un passage à l'info-valorisation.

 

1.  La numérisation de l'espace de bataille : du mon de l'inventivité à la

fragilité humaine.

 

Le constat actuel sur la nurisation dans l'armée de Terre ne peut être qu'amer au regard du niveau atteint et du niveau d'ambition affiché initialement. Cette situation tient à deux causes principales : la rive technologiste et les fragilités humaines. La conséquence est la perte de confiance des utilisateurs dans les outils mis à leur disposition.

 

La  situation  actuelle  de  la  nurisation  et  sa  complexité  d'utilisation  reposent d'abord sur le veloppement d'outils pondant plus à des soucis de mise en valeur de capacités technologiques et industrielles dé-corrées des besoins de l'armée de terre. La rive technologiste et le « démon de l‘inventivité » n'est jamais très loin lorsqu'on aborde le sujet de la nurisation. Ainsi, ce phénomène est parfaitement


crit par M. HENROTIN dans son ouvrage la technologie militaire en question. A partir de l'exemple américain, la question de la finali des technologies veloppées pour les armées est posée. veloppons-nous des outils pondant à des attentes et à des besoins tactiques ouveloppons-nous des produits qui ont pour vocation unique de servir de faire valoir et de vitrine technologique ?

La situation française est à ce titre assez illustrative. En effet, le manque de cohérence de l'architecture nurique de nos systèmes de commandement est un frein majeur à leur efficacité. Ainsi, si l'utilisation des outils nuriques donne satisfaction quant à la conception et à la conduite de la manœuvre au niveau de la division, les difficultés restent importantes aux niveaux subalternes et en particulier aux niveaux du GTIA et du SGTIA. Le niveau de cohérence et d'effort de notre système se situant autour du GTIA, cette situation ne peut rester sans conséquences lourdes sur notre efficacité.

Au final, l'utilisation au cours des phases d'entraînement et d'exercice est effective en raison du volontarisme du commandement mais ne convainc pas pour l'utilisation en opération en raison des problèmes d'interopérabilité avec nos alliés et de manque de flexibili par exemple pour la prise en compte logistique des unités nécessitant l'entrée manuelle des données quasi permanentes.

 

Ces contraintes techniques accentuent les fragilités humaines qui tiennent aux difficultés à former puis à entretenir le niveau de formation. Ces difficultés débouchent inévitablement sur une perte de confiance des utilisateurs alors que celle-ci devrait constituer le cœur de cible des systèmes de numérisation. Pour commencer, il ne faut pas perdre de vue que ces outils sont d'abord destis à être utilisés par de jeunes soldats qui constituent le premier chaînon nécessaire à l'alimentation de la chaine de commandement numérique. Et, contrairement à ce que laisse présupposer l'appartenance de nos jeunes militaires du rang, sous-officiers et officiers  à  la  fameuse  génération  Y,  ceux-ci  ne  sont  pas  nurico-compatible d'emblée avec les systèmes en dotation dans l'are de Terre. Loin de là, ils y sont même plutôt allergiques en raison de leur familiari avec des systèmes civils très ergonomiques de type application Androïd ou Appstore. Les applications du système d'information gimentaire (SIR) et du système d'information et de commandement des forces(SICF) étant, il faut bien le reconnaître, assez éloigs de ce monde, le sentiment de rejet et d'incomphension ne doit pas être sous-estimé.

A cette première fragilité quasi anthropologique, il faut ajouter l'instabilité liée à la formation et aux mutations. Ainsi dans nombre dtats-majors ou de giments la compétence numérique repose toujours sur un nombre limité de personnes. Les maîtres  de  NEB  restent  les  chevilles  ouvrières  de  la  numérisation  dans  les régiments, mettant ces formations à la merci d'un plan de mutation peu favorable. La réorganisation  territoriale  récente  nous  rappelle  cette  fragilité.  Ainsi,  des changements de localisations géographiques d'états-majors de brigade ou de régiments des forces ont pu provoquer un turn over allant jusqu 60% de leur effectif provoquant du coup une remise en cause de leurs aptitudes numériques pendant plus d'un an et cessitant un fort investissement de formation interne pendant des cycles de projection particulièrement denses (crise ivoirienne/ HARMATTAN/ Afghanistan).

 

La banalisation de la numérisation est donc encore bien fragile au regard de ses contraintes techniques perçues par les utilisateurs tactiques et par les fragilités humaines liées à la formation et à l'entretien des connaissances techniques


La nurisation ne constituant que la première étape menant à l'info-valorisation, il est donc cessaire de voir la véri en face mais surtout de prendre le problème sous le bon angle.

 

2.  Regagner la confiance des utilisateurs tactiques

 

L'auteur de ces lignes, au vu de sa modeste exrience en giment et en état-major de brigade, considère que l'aspect humain est primordial pour réussir le passage à l'info-valorisation. Bien entendu, les aliorations techniques sont indispensables mais le déficit de confiance, voire la défiance des utilisateurs tactiques, doit impérativement être surmontée par une prise en compte humaine du problème.

Ainsi,  de  nombreuses  études  menées  sur  la  mise  en  place  de  systèmes informatiques complexes concluent sur le fait que l'échec de la mise en place de ces systèmes repose au moins autant sur des facteurs techniques que sur des facteurs humains. Cette prise en compte du facteur humain pourrait se résumer à trois mots : simplification, concentration et communication

 

Tout d'abord, la simplification. Le soldat, tout comme son chef, est un utilisateur tactique pour qui la rapidité d'accès à une fonction et son utili est primordiale. Une amélioration dans ce domaine est la première façon de regagner sa confiance. L'automatisation des tâches chronophages et ne nécessitant pas l'appréciation d'un être humain doit être développée. C'est le cas avec le projet SCORPION1 qui ingre la vétronique2 s la conception des plateformes. Cette évolution majeure permettra ainsi de suivre la situation logistique partagée automatiquement avec les unités de soutien  dédiées.  L'intégration  initiale  des  capteurs  mécaniques  et  logistiques permettrait  donc  de  s'affranchir  de  la  fastidieuse  entrée  des  données  quasi permanentes  qui  affectent  grandement  l'utilisation  logistique  actuelle  de  notre numérisation et surtout la prive de activité lors d'un déploiement d'urgence de type GUEPARD.

 

Le deuxme axe d'effort àvelopper pour regagner la confiance des utilisateurs est la concentration des futurs outils numériques sur les trois seules fonctions essentielles que sont la cartographie, la géo localisation et le travail collaboratif pour les états-majors. La concentration sur ces fonctions principales a pour corollaire un besoin relativement modeste en terme de débit et donc le maintien d'une capacité de transmission en phonie en parallèle de la transmission de dones non prioritaires (le probme s'est posé en Afghanistan avec la projection de bataillons FELIN). Ce choix serait donc cohérent avec les supports physiques et les capacités de débit en notre possession et pourrait être une solution à l'écrasement des niveaux de commandement et à l'entrisme des niveaux opératifs vers les niveaux tactiques favorisés ivitablement par la transmission de données.

Ces fonctions répondent à la satisfaction du juste besoin et correspondent à des ambitions alistes au regard des contraintes budgétaires de plus en plus lourdes imposées au développement des nouveaux programmes militaires. La concentration

 

 

1 SCORPION: Synergie du Contact Renforcée par la Polyvalence et l'Info-valorisatiON

2Vétronique : « néologisme qui désigne l'architecture électronique des véhicules militaires modernes que ce soit pour les véhicules neufs ou les retrofits : inteface homme-machine multimédia, distribution de l'information, contrôleparti, architecture des fonctions mobiliet de communication, entraînement intégré... » TTU n°540 du 18 mai 2005


sur ces fonctions serait de nature à accroître la crédibili autant en interne qu'en

externe en replaçant nos ambitions dans un cadre réaliste.

 

Mais l'axe le plus important et surtout le plus efficace pour regagner la confiance des utilisateurs est la communication sans fard sur la perception elle de la numérisation et sur les choix effects pour l'avenir. En effet, la conduite du changement, puisque c'est bien à cela que correspond la nurisation de l'are de Terre, ne peut être effective sans ce volet communication. Celui-ci est d'autant plus important que le capital confiance est entamé.

Communiquer cela veut dire exposer clairement le choix qui a é fait de rompre avec la NEB du présent et du passé pour s'assurer une infovalorisation pour l'avenir. Une démarche dagogique et volontariste doit être mee vers les échelons subalternes afin de dire clairement que la NEB que nous avons connue était une première étape imparfaite et avec laquelle l'are de Terre a cidé de rompre.

Seule une clarification de cette nature permettra de tablir le lien de confiance avec les utilisateurs tactiques. Aujourd'hui, assez peu d'utilisateurs de cette nurisation imparfaite savent quels sont les grands choix de l'are de Terre dans le domaine de l'info-valorisation. Comment le sauraient-ils si une communication institutionnelle n'est pas développée ? La véri est quelque fois difficile à dire lorsque les résultats d'ambitions çues doivent être étalés au grand jour.

Cela reste néanmoins capital pour trouver une adsion déterminante dans un projet d'avenir conditionné par la ussite d'actions de formations lourdes et par la volonté des individus d'entretenir des savoirs faire au quotidien.

 

Pour conclure...

 

Comme le disait le ral POIRIER : « l'arme n'est qu'une prothèse de l'homme ». Ainsi la numérisation et encore moins l'infovalorisation ne se feront sans une adhésion des soldats. Les actions de formations et l'entretien de ces formations ne seront efficaces dans la durée qu la condition que les usagers y trouvent un intét. On peut le déplorer, cela reste un fait.

 

La situation imparfaite de la NEB du psent est connue et prise en compte sur le plan technique. C'est essentiel mais pas suffisant pour garantir l'avenir. La bataille de la confiance est le véritable enjeu de l'info-valorisation. Il serait illusoire de croire qu'une crise de confiance ne se résout qu'avec une amélioration de la situation matérielle ou technique.

 

Reste la question de savoir jusqu'où la numérisation est utilisable pour assurer une évolution efficiente de la tactique et si l'on oserait imaginer à l'avenir un nouveau système tactique reposant sur une architecture technique minimaliste dans un pays avec de grandes ambitions mais des moyens consentis par la nation de plus en plus modestes....

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