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Histoire et Stratégies

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Des zouaves pontificaux aux «volontaires de l’ouest», la mutation d’un corps hétéroclite et peu expérimenté en une troupe d’élite (1860-1871)

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Par Monsieur Laurent GRUAZ

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Laurent Gruaz nous conte ici une histoire méconnue, celle de ces volontaires franco-belges devenus zouaves pontificaux, ayant initialement servi sous la bannière du Pape, et qui se sont battus ensuite en 1870 pour les armes de la France sous la dénomination de «volontaires de l’ouest». Foi en un idéal, esprit de corps, pouvoir d’entraînement des chefs sont les mots-clefs de cette véritable et originale saga. La seconde partie de cette riche histoire sera publiée dans le numéro de juin des Cahiers.

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Réorganisation de l’armée pontificale et création du bataillon des tirailleurs franco-belges (1860-1861)

Au mois de mai 1860, la situation des États pontificaux est alarmante. Au sud, Garibaldi et son armée, forte de près d’un millier d’hommes, épaulée par des troupes régulières insurgées, ont entrepris la conquête de la Sicile. Au nord, les troupes piémontaises commencent à se masser aux frontières de la Toscane et de la Romagne. L’État pontifical, qui représente alors environ le tiers central de l’Italie, est pris en tenaille.
Quelques semaines plus tôt, Garibaldi avait déjà échoué à enlever seul la Romagne après avoir tenté, sans succès, une invasion des Marches et de l’Ombrie. Victor-Emmanuel II de Savoie, roi de Sardaigne, entend faire l’unité italienne et ne s’en cache pas. Ses intentions sont claires: il veut Rome pour capitale. Une fois la conquête de la Sicile réalisée, la mission de Garibaldi est, en effet, de conquérir Naples avant de marcher sur Rome. La guerre paraît inévitable.
Le Pape n’a guère le choix s’il veut essayer de sauver son territoire. Son armée, confinée à l’inaction depuis une trentaine d’années, n’a pas la capacité de se défendre, et faire appel aux puissances catholiques est exclu; le sort de l’État pontifical n’est pas une priorité du moment[i]. Il ne reste qu’une solution: réorganiser l’armée ou du moins ce qu’il en reste, et augmenter ses effectifs qui ne dépassent pas douze mille hommes répartis dans onze bataillons.
Mgr de Mérode, ministre des Armes du Saint-Siège, souffle alors à Pie IX le nom d’un homme qu’il connaît bien pour s’y employer: le Général de La Moricière[ii]. Il lui soumet aussi l’idée de mettre sur pied un nouveau corps composé de volontaires catholiques du monde entier. À partir de 1860 et pendant dix ans, près de 11.000 jeunes hommes de 35 nationalités vont ainsi venir grossir les rangs de ce nouveau bataillon, d’abord appelé des «tirailleurs franco-belges» en raison des deux nationalités prédominantes, qui deviendra régiment des zouaves pontificaux l’année suivante.

Une armée des plus rudimentaires

  • La tâche est ardue.
Jusque dans la première moitié du XIXème siècle, l’armée pontificale souffrait d’une réputation parmi les plus mauvaises en Europe. Et depuis l’épisode révolutionnaire de 1848-1849, elle avait disparu de façon si complète qu’elle n’avait plus, pourrait-on dire, d’armée que le nom. La surprise du Général de La Moricière est restée célèbre, lorsqu’un jour de 1860, il avait lu dans un ordre qu’un exercice de marche aurait lieu le lendemain «si le temps reste beau»[iii], tout comme la colère du Lieutenant-colonel de Becdelièvre, commandant des tirailleurs franco-belges, qui avait programmé un départ d’exercice de tir au petit matin et s’était vu refuser l’entrée du magasin d’artillerie pour recevoir les cartouches de ses hommes au prétexte que l’officier de permanence était chez lui et qu’il ne reviendrait que le lendemain[iv]!

  • L’équipement était des plus sommaires et les hommes mal vêtus et indisciplinés. Si un laisser-aller général s’était installé dans la troupe qui ne brillait pas par ses qualités militaires et où les désertions étaient fréquentes, les officiers ne valaient guère mieux que les soldats aux dires des observateurs étrangers:
«Les jeunes nobles des hautes familles catholiques qui, Don Quichotte du dix-neuvième siècle, accouraient auprès du Saint-Père ou étaient expédiés à Rome par leurs parents afin de mettre leurs revolvers – puisqu’il ne pouvait plus être question de bonnes lances – à la disposition du souverain pontife, ne lui apportaient pour la plupart ni expérience des choses de la guerre, ni intelligence, ni connaissances militaires, mais possédaient en revanche une dose d’autant plus forte de sot orgueil, de besoins et d’exigences; les autres officiers qui arrivaient avec quelque connaissance de leur métier se composaient en grande majorité d’éléments fort peu recommandables, dont on ne voulait plus entendre absolument parler dans d’autres armées»[v].

  • Les troupes pontificales souffraient d’un manque de crédit aux yeux de la population. De fait, le service militaire était peu recherché dans un pays où l’état ecclésiastique ouvrait seul la porte des honneurs ou de la considération[vi].

  • L’œuvre de La Moricière dans les États pontificaux, soutenue par Mgr de Mérode, s’inscrit dans un laps de temps très restreint de l’ordre de six mois. À eux deux, le prélat et le général vont tout changer: on ouvre des ateliers d’armes, des poudreries, on rénove ce qui peut l’être, on achète des fusils modernes en Belgique, on organise une artillerie et une cavalerie. Les hommes déguenillés reçoivent des uniformes neufs et de bons souliers, le pain de son additionné de craie disparaît de l’ordinaire, les soldes sont augmentées, des casernes sont établies, les forteresses sont rénovées. La place forte d’Ancône est remise en état, son effectif est renforcé. Des garnisons sont installées dans diverses villes comme Pérouse, Spolète ou Viterbe. Bref, l’occupation du territoire est restructurée et le général tient brillamment compte des réalités géographiques en laissant un minimum de troupes à l’ouest, et en faisant porter tout son effort à l’est.

  • La Moricière se heurte cependant à «une grave difficulté: celle de trouver des hommes intelligents, sincères, expérimentés, capables de l’éclairer dans une situation toute nouvelle pour lui»[vii]. Aussi, avec Mgr de Mérode, révoquent-ils les incompétents en place qu’ils remplacent par des hommes dynamiques et sérieux. Placé sous le commandement du ministre religieux, le général constitue son état-major à son idée et s’attache des valeurs sûres, des hommes d’expérience sur lesquels il peut compter comme le Général Auguste de Pimodan[viii], le Capitaine Arthur de Chevigné[ix], le Général Joseph de Courten[x] ou le Major Théodore de Quatrebarbes[xi]. Douze officiers rejoignent ainsi la direction de l’armée en 1860-1861, dont le plus ancien est né en 1803 et les deux suivants en 1809.

  • Les propositions pour servir dans les troupes pontificales ne manquent pas. Ainsi, dès le mois de mai, le prince de Ligne offre-t-il au Saint-Père son fils cadet en qualité de soldat de sa nouvelle armée[xii]. La duchesse de Parme recommande, pour sa part, quelques-uns des officiers parmesans pour qu’ils soient admis dans l’armée du Général de La Moricière[xiii]; quant au roi de Naples, à quelques jours de la bataille de Castelfidardo, il propose rien de moins que d’unir son armée à celle du Saint-Père sous la conduite de La Moricière «pour la défense légitime du Saint-Siège»[xiv].

  • Les troupes, elles, sont levées en Suisse, en Autriche, en Irlande, et ne nombreux jeunes Français, Belges ou Hollandais commencent à rejoindre l’unité de volontaires. La structure générale de la nouvelle armée du Pape est en train de prendre forme. Mais tout cela coûte cher, et trouver des fonds s’avère nécessaire. Les besoins sont urgents, aussi Pie IX décide-t-il de réactiver le denier de Saint-Pierre sous la forme d’une contribution volontaire des fidèles à la papauté[xv]. En France, la chose n’est pas aisée à mettre en place en raison du soutien de l’empereur au roi de Sardaigne, et nombreux sont les évêques, même partisans du pouvoir temporel du pape, qui hésitent à établir par un acte solennel l’œuvre du denier de Saint-Pierre. Le gouvernement impérial refuse à l’œuvre la faculté de se constituer en association légale, mais il n’interdit pas les quêtes dans les églises[xvi] et, à partir du mois de mai, les fidèles commencent à être sollicités. Sans rester confidentiel, cela s’effectue au niveau des diocèses dans une relative discrétion. Il est intéressant de constater que, suivant l’avis du ministère, les diocèses français acceptent de collecter des fonds pour aider les zouaves pontificaux, mais n’admettent guère de passer par des organismes partageant justement les raisons qui ont poussé ces jeunes gens à s’engager dans l’armée pontificale. Cela peut se comprendre dans la mesure où le fait de laisser partir des volontaires à Rome permet au gouvernement de ménager les milieux catholiques tout en évitant soigneusement que leurs idées ultramontaines et intransigeantes ne se répandent dans l’opinion.

Les premiers volontaires

  • Les premiers volontaires commencent à affluer dès le mois de mai 1860. Athanase de Charette de La Contrie est le premier à répondre à l’appel du pape. Ce jeune militaire issu de l’aristocratie bretonne a tout juste 27 ans. Il rejoint l’armée de Pie IX le 5, le même jour que deux autres compatriotes, Maurice du Bourg et Ferdinand Lapène, qui se voient respectivement attribuer les matricules 2 et 3[xvii]. Il est le petit-neveu de François-Athanase de Charette, le héros des guerres de Vendée[xviii], mais aussi, par sa mère, le neveu du comte de Chambord, le prétendant des légitimistes au trône de France. Arrivé de l’armée du duc de Modène où il était sous-lieutenant, Charette est nommé capitaine au bataillon franco-belge en création. Du Bourg et Lapène, eux, s’engagent comme simples volontaires. Le premier se voit gratifier des épaulettes de caporal le jour même, le second les étrenne quelques semaines plus tard. Contrairement à Charette, ces deux-là n’ont aucune expérience militaire. Deux des trois autres chefs de compagnie sont, quant à eux, directement issus d’un autre corps pontifical, le 1er régiment étranger en l’occurrence. Tous sont placés sous l’autorité de Louis de Becdelièvre[xix], commandant de ce nouveau corps où tout reste à faire.

  • Début septembre, l’effectif des Franco-Belges atteint près de quatre cents hommes. Déjà quatre compagnies ont vu le jour depuis le mois de juin, et une cinquième est en cours de formation. Alors en garnison au camp d’entraînement de Terni, Becdelièvre reçoit l’ordre de se porter vers Collescipoli, un petit bourg à quelques kilomètres au nord de Rome, après avoir appris la prise de Naples par Garibaldi. Les territoires situés au sud des États Pontificaux étant désormais sous le joug des Chemises rouges, une attaque au nord par les troupes sardes devenait imminente. Les Marches et l’Ombrie étaient directement menacées, soit rien de moins que les deux tiers du territoire pontifical.

  • De nombreuses troupes du roi de Sardaigne avaient en effet commencé à se masser à la frontière. Ainsi disposés, les Franco-Belges couvraient un axe Terni-Narni. Le Général de La Moricière avait établi son quartier général à Spolète, capitale de l’Ombrie, à une vingtaine de kilomètres plus en amont. Au matin du 10 septembre, le Capitaine Farini se présentait aux avant-postes de Spolète avec une lettre de sommation signée du Général Fanti, commandant en chef des forces royales, pour que l’armée pontificale évacue sans condition l’Ombrie et la Romagne. La Maison de Savoie espérait ainsi éviter un affrontement meurtrier qu’elle savait gagné d’avance[xx]. Mais, pour le Général de La Moricière, il n’était pas question de se rendre sans combattre. Ses motivations étaient claires et sans appel: «Ce serait pour nous la honte et le déshonneur»[xxi].

  • La Moricière et Becdelièvre s’opposaient sur la stratégie à suivre. Le premier espérait gagner Ancône au plus vite et y tenir le siège en pariant que les puissances européennes réagiraient et viendraient au secours de l’État pontifical. Le pari était risqué, mais la situation d’Ancône était idéale pour tenter de contrer les intrusions ennemies à la frontière nord, et l’ouverture sur la mer Adriatique à l’extrême est des Marches laissait toujours espérer la possibilité d’une intervention autrichienne. Le second, lui, avait proposé que l’armée restât cantonnée dans Rome, ce qui aurait eu pour effet de faire venir l’armée sarde jusqu’aux portes de la ville en pariant que cette dramatique situation ne pourrait qu’émouvoir la France qui lancerait alors ses troupes cantonnées à Rome pour rétablir l’ordre. La Moricière privilégia l’option d’Ancône, moins risquée pour l’assise terrestre des États pontificaux et sans doute aussi jugée plus offensive.

  • L’affrontement eut lieu au matin du 18 septembre. Pour ce premier assaut, le demi-bataillon des tirailleurs franco-belges était encore moins bien loti que les autres corps pontificaux: sur les quelque trois cents hommes présents, les plus anciens comptaient à peine trois mois de service. Quant aux nouveaux, leurs engagements avaient été contractés parfois jusqu’au 1er septembre 1860, soit deux semaines avant de livrer leur première bataille. Seuls quatre-vingt-seize hommes, officiers compris, possédaient une formation militaire préalable. Le fait qu’un tiers seulement ait eu une première expérience militaire a cependant permis aux Franco-Belges de bénéficier d’un encadrement de fait non négligeable pendant la bataille grâce à d’anciens officiers français ou belges servant ici comme simples tirailleurs, ou encore à des soldats compétents qui avaient la capacité de s’improviser chef de section ou d’escouade au milieu de la cohue des combats, et dont certains ont pu ainsi démontrer leurs qualités au feu, propres à un futur avancement[xxii]. Cela représentait environ soixante-dix hommes, soit l’équivalent d’une compagnie habilement répartie entre les quatre existantes.

  • Au vu de cette impréparation manifeste et de ce manque d’hommes et de moyens, il semble légitime de se demander pourquoi, dans ces conditions, les Franco-Belges s’en vont à la rencontre d’une mort certaine sans même pouvoir espérer inverser le cours des événements? Parce qu’à l’évidence la dimension de ce premier combat est ailleurs. Elle est religieuse avant tout et peu importe le rapport des forces en présence. C’est cette dimension qu’ils lui confèrent, c’est comme cela qu’ils le vivent à proximité de la «sainte maison de Lorette» lorsqu’ils gravissent les pentes de Castel-fidardo, le château de la foi, et c’est comme cela qu’ils l’ont espéré en s’engageant, dans le but de s’offrir pour sauver les États pontificaux, tant physiquement que spirituellement et, ainsi, racheter, selon eux, les péchés de la France qui, elle, n’entendait pas prêter main forte au pape contre le roi de Sardaigne.

  • Au soir du 18 septembre, l’armée pontificale est vaincue. Mais cette «glorieuse défaite» va toucher profondément le monde catholique et entraîner un afflux massif de volontaires désirant imiter leurs aînés. Au 31 décembre de l’année 1860, le demi-bataillon des Franco-Belges est licencié. Le lendemain naît le bataillon des zouaves pontificaux, qui va rapidement devenir le corps le plus prestigieux de l’armée du pape, et au sein duquel de très nombreux Français, notamment, vont s’engager pour six mois ou pour dix ans.





Monsieur Laurent GRUAZ est l’attaché parlementaire du député de Savoie Dominique Dord. Titulaire d’un doctorat en histoire, ainsi que de la qualification de maître de conférences, il est également chercheur associé au laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA). Sur le plan militaire, il a occupé le poste d’officier communication à l’École des pupilles de l’Air dans la réserve opérationnelle avant de rejoindre la réserve citoyenne au 13ème bataillon de chasseurs alpins.




[i] Jean Guénel, «La dernière guerre du pape. Les Zouaves pontificaux au secours du Saint-Siège 1860-1870», Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1998, p. 22. Les deux puissances catholiques les plus aptes en théorie à porter secours au territoire pontifical auraient pu être l’Autriche et la France, mais la première ne disposait plus d’un nombre d’hommes en état de combattre suffisant après ses cuisantes défaites à Magenta et Solferino en 1859. Quant à la France, elle adopte une position ambiguë, jouant tantôt le jeu des États pontificaux en laissant à Rome une garnison censée la défendre, tantôt celui du royaume de Sardaigne en fermant les yeux sur les tentatives d’intrusion des troupes garibaldiennes soutenues par le roi.
[ii] Xavier de Mérode, né en 1820 à Bruxelles. Il entre à dix-neuf ans, à l'École militaire de Bruxelles d’où il sort sous-lieutenant en 1841. La vie de garnison lui pesant, il obtient du roi Léopold Ier l’autorisation de perfectionner ses connaissances militaires en servant dans l’armée française en Algérie. C’est là qu’il fait la connaissance du Général de La Moricière. Il se distingue dans une charge d’infanterie contre les Kabyles le 17 octobre 1844. Le 27 novembre, le roi Louis-Philippe lui décerne la croix de la Légion d’honneur. Il entrera par la suite dans la vie religieuse.
[iii] Louis Defives de Saint-Martin, Pro Petri Sede. Nos zouaves belges à Rome, 3 vol., Averbode, 1899, p. 134.
[iv] Louis-Alphonse de Becdelièvre (lieutenant-colonel), «Souvenirs de l’armée pontificale», Paris, Lecoffre fils, 1867, p. 21-22.
[v] Wilhelm Rüstow, «La guerre italienne en 1860. Campagne de Garibaldi dans les Deux-Siciles et autres événements militaires jusqu’à la capitulation de Gaëte en mars 1861», Genève-Paris, 1862, p. 14.
[vi] Paul Frayssinaud, «Le général de La Moricière et l’armée pontificale», Paris, 1863, p. 16.
[vii] Frank Russel-Killough, «Dix années au service pontifical. Récits et souvenirs», Paris, 1873, p. 90-91.
[viii] Georges Auguste de Rarécourt de La Vallée, marquis de Pimodan (1822-1860). Il a 38 ans lorsqu’il entre au service du Saint-Siège le 11 avril 1860 avec le grade de colonel et les fonctions de chef de l’état-major général. Militaire de profession (reçu à l’École militaire de Saint-Cyr et démissionnaire en 1840), il a mis son épée au service de nombreuses puissances. Il meurt lors de la bataille de Castelfidardo le 18 septembre 1860 des suites de ses blessures.
[ix] Arthur de Chevigné. Né le 1er décembre 1833. Reçu à Saint-Cyr. Démissionnaire. Entré à l’École militaire de Modène, il rejoint l’armée pontificale le 17 avril 1860 comme capitaine d’état-major.
[x] Joseph, comte de Courten. Né à Sierre (Suisse) le 2 janvier 1809. Sous-lieutenant dans le contingent valaisan de l’armée fédérale en 1829, il démissionne en 1832 avant d’entrer dans l’armée pontificale avec le grade de lieutenant. Au mois d’août 1860, dans le cadre de la réorganisation de l’armée, il est nommé général de brigade sous les ordres de La Moricière.
[xi] Théodore de Quatrebarbes, né à Angers (Maine-et-Loire) en 1803. Ancien officier de l’armée française, entré au service du Saint-Siège comme capitaine d’état-major le 16 août 1860.
[xii] Archivio Segreto Vaticano, Archivio particolare di Pio IX, «Sovrani et particolari», Indice 1131, folio 147, 8 mai 1860.
[xiii] Ibid., folio 861, 10 juillet 1860.
[xiv] Ibid., folio 752, 11 septembre 1860.
[xv] Le denier de Saint-Pierre (denarius Sancti Petri) était à l’origine un tribut annuel versé par l'Angleterre au Saint-Siège, du VIIIème siècle à 1534, date à laquelle Henry VIII l’abolit.
[xvi] Fernand Mourret, «L’Église contemporaine», tome VIII, Paris, 1919, p. 466.
[xvii] «Matricule du bataillon des tirailleurs franco-belges», Lille, Morel, 1910, p.13.
[xviii] François-Athanase de Charette de La Contrie (né le 21 avril 1763 à Couffé, fusillé le 29 mars 1796 à Nantes). Il fut l'un des grands chefs du mouvement insurrectionnel appelé la «Vendée militaire» (1793-1800) durant la Révolution française.
[xix] Né au Puy (Haute-Loire) le 14 février 1826, Louis de Becdelièvre est entré à l’École militaire de Saint-Cyr en 1848. D’abord affecté à l’armée française d’occupation à Rome, de 1850 à 1852, il rejoint le 32ème de ligne stationné en Italie, puis le 4ème bataillon de chasseurs à pied avec le grade de lieutenant. En 1856, à la fin de la guerre de Crimée[xix], il est nommé capitaine et reste dans l’armée française jusqu’à sa démission consécutive à son mariage en 1858.
[xx] Face aux sept à huit mille soldats pontificaux basés dans le secteur de Castelfidardo et de Lorette, se dressaient plus de vingt-cinq mille Piémontais, et autant se trouvaient en renfort à l’arrière. L’armée piémontaise disposait là de dix-huit bataillons d’infanterie ou de bersaglieri, dix escadrons et vingt-deux pièces d’artillerie. Sur le côté droit de ce front sud, quatre bataillons et quatre pièces tenaient leurs positions. Et, dans le secteur d’Ancône, stationnaient treize bataillons, deux escadrons et seize pièces d’artillerie.
[xxi] «Rapport du général de La Moricière à Mgr de Mérode», Paris, Ch. Douniol, 1860, p. 10.
[xxii] C’est le cas, notamment, du sergent Auguste Lemonnier, qui avait servi, en France, dans l’Infanterie de Marine en tant que sous-officier et qui a été nommé officier moins de deux semaines après Castelfidardo où ses qualités d’entraîneur d’hommes ont été remarquées. 
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