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Histoire et Stratégies

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Faut-il, aujourd’hui, relire l’œuvre du Général Jules Louis LEWAL ?

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Par le Général (2°s)ALLAIN BERNÈDE

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Cet auteur, pour une part oublié, peut-il revenir d'actualité ? Au lecteur d'en décider ! Après une dizaine d’années de mise en œuvre d’une refondation de l'armée de Terre, la troisième du genre[1] en trois siècles d’existence d’une armée française permanente, il n’est pas forcément superflu de jeter un regard critique sur le chemin parcouru comme le faisait dans les débuts de la IIIe République le fondateur de l’Enseignement militaire supérieur, le général Jules Louis Lewal, en publiant, entre autres, Lettres à l'Armée sur sa réorganisation[2]… 1872 et 1873, puis en 1897 La chimère du désarmement[3]. Vérifions donc s’il n’y a point là de « grain à moudre » quand ce ne serait que pour une simple méthode de réflexion. « L’erreur de tous ceux qui organisent des armées est de prendre l’instant momentané pour un état permanent. Ils oublient que pour rester vivante une armée doit se modeler sur la courbe des événements. » Général von Seeckt, (1866-1936).

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La carrière de l'officier
 
Né en 1823, Jules Louis Lewal a été admis à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion de la Nécessité[4], en avril 1841. Bien que sorti, deux ans plus tard, fort bien classé (2e sur 211) et malgré encore sa place de major de la promotion de l'École d'application d'État-major de 1846, le jeune officier va connaître un début de carrière des plus classiques dans des emplois subalternes d'abord à Marseille puis en Algérie où il est toutefois remarqué par le général Randon
 
[5]..
 
De retour d'Algérie, le chef d'escadron Lewal participe en 1859 à la campagne d'Italie comme aide de camp du maréchal Canrobert[6].
 
Observateur attentif, il a, dès lors, pris conscience de l'importance des dispositions qui précèdent le combat lui-même. Ainsi la véritable révélation de ses talents militaires s'effectue-t-elle lors de la campagne du Mexique (1862-1867). Promu lieutenant-colonel en 1863 et devenu chef d'état-major de la 1ère division du corps expéditionnaire, il a en charge des opérations importantes
 
[7]..
 
De retour en France, Lewal exerce les fonctions de chef d'état-major de la 4e division du camp de Chalons, puis, en 1867, de sous-chef d'état-major du corps expéditionnaire de Rome avant d'être appelé, en février 1868, par le maréchal Niel au ministère de la Guerre et placé à la tête du 2e bureau du Dépôt de la Guerre avec mission d'organiser « un service analogue à celui du grand état-major prussien ».
 
C'est là que, témoin des avatars du Ministre[8], naît sa volonté d'écrire et de publier. Promu colonel, en août 1868, affecté au Grand Quartier Général de l'armée du Rhin lors de la guerre franco-prussienne de 1870, il reste chef d'état-major de l'armée de Metz sous les ordres du maréchal Bazaine après la séparation de celle-ci en deux corps. C'est à ce titre qu'il a le triste privilège de rédiger la capitulation de Metz[9] avant d'être retenu prisonnier.
 
Revenu tardivement de captivité, il ne participe pas à la répression de la Commune de Paris[10].En 1873, son témoignage lors du procès Bazaine[11], sur « l'affaire de la dépêche du 23 août », entraîne la condamnation de son ancien chef !
 
Nommé cette année-là chef d'état-major du 15e Corps, Lewal se fait, cette fois, remarquer par la hardiesse de ses conceptions sur le terrain. Promu général de brigade en 1874, son incontestable valeur le fait désigner par le ministre de la Guerre, le général de Cissey, pour prendre la direction en 1877 des Cours militaires spéciaux[12] puis de l'École supérieure de Guerre.
 
Officier général dont les idées font référence, il est placé en 1883, à la tête du 17e Corps et se distingue aux manœuvres de 1884. Membre du Conseil supérieur de la Guerre (1884-1888), ministre de la Guerre quelques mois en 1885,[13] il commande le 10e C.A. en 1886, puis le 2e C.A. en 1887-1888 avant d'être placé en position de retraite le 1er février 1889[14].
L'officier, homme d'écriture
 
Dans le sillage de l'onde de choc provoqué par le séisme stratégique de l'échec de la redoutée armée autrichienne devant la petite armée prussienne à Sadowa le 3 juillet 1866, quelques personnalités, peu nombreuses[15], réclament une profonde réforme de l'armée ! D'autres, comme le procureur général de Nancy, affirment que « Le pays est affamé de paix »[16].
 
Ainsi, quand Napoléon III[17] se met à l'œuvre, la critique est-elle acerbe. La commission parlementaire chargée du dossier va même jusqu'à déposer un contre-projet ! Quant à la contribution à la réflexion tactique, elle demeure fort modeste[18]. Le général Trochu a publié L'armée française en 1867, le colonel Ardant du Picq a donné la première partie de ses études sur le combat et entrepris une enquête sur le combat futur[19]tandis que le colonel Lewal rédige ses premières études révélant « un esprit d'analyse très développé et un extrême souci du concret »
 
Dès 1868, il s'est affirmé comme un officier aux conceptions d'avant-garde en étudiant de façon remarquable la concentration des forces par voies ferrées ainsi que la conduite des opérations.
 
En 1869, il a commis plusieurs articles dans le Moniteur de l'Armée et, en 1870, il a obtenu un net succès avec une conférence sur la Marche rationnelle d'un corps d'armée
 
[20]..
 
Dès son retour de captivité en 1871 le colonel Lewal prend position sur le devenir de l'armée et publie plusieurs ouvrages sur ce thème. Selon Raoul Girardet, il estime que « les causes de la défaite sont essentiellement d'ordre intellectuel-[21]. »
 
Dès 1871, il publie La réforme de l'Armée[22] et il poursuit en 1872 et 1873 avec Lettres à l'Armée sur sa réorganisation... sous la forme provocatrice du pseudonyme de Studens, mais point anonyme, puisqu'il fait référence à ses publications antérieures[23]. Fustigeant déjà les esprits chagrins exclusivement tournés vers le passé, il écrit : « l'idée, se heurte d'abord à la routine décorée du non-respect de la tradition »[24].
 
S'adressant aux officiers, et au-delà au pays, Lewal propose, non une ixième réflexion sur le paradoxe du revers de 1870 et du succès sur la Commune de Paris quelques mois plus tard, mais une véritable adhésion raisonnée à un système militaire destiné à assurer la défense du pays face à « cette autre grande nation européenne[25] »
 
Le procédé, évidemment en dehors de toute hiérarchie, a incontestablement un caractère provocateur en cette fin du XIXe siècle, mais force est de constater qu'il s'agit là d'un moyen pour dire quelques vérités que peu de Français étaient disposés à entendre ! « Nous sommes à une époque de crise et de ruines. Jamais moment ne fut plus favorable pour réédifier. Faut-il réparer le riche édifice écroulé ou en reconstruire un nouveau ? », écrit-il dans sa troisième lettre intitulée « routine et tradition ». Se plaçant résolument dans la perspective historique, il argumente : « En 1788 nous voyons la réorganisation dont l'auteur fut Guibert. Au début de la Restauration, nous trouvons celle de Gouvion Saint-Cyr. Après 1830 se place celle du maréchal Soult. Aujourd'hui, la situation est analogue et nécessite, par conséquent, une réorganisation nouvelle... Napoléon 1er l'avait indiqué lui-même. « Une nation ... qui veut maintenir sa prééminence militaire doit modifier ses institutions militaires tous les dix ans. »
 
[26]
 
Les choses sont donc clairement dites !
 
En 1873, il commet le premier volume d'un ouvrage considérable intitulé Etudes de guerre[27], qui eurent, avec juste titre, un grand retentissement et qui placèrent leur auteur au premier rang des écrivains militaires modernes.
 
Commandant de l'École supérieure de guerre, cherchant à briser rapidement l'ennemi, il se fait l'adepte, quelle que soit la nature du terrain, -d'une concentration des forces puis d'une marche directe sur l'aile de l'armée ennemie- La question du feu demeure alors ouverte car, selon Ardant du Picq, -la nature de la guerre moderne oblige à revoir la manière de combattre et de privilégier la défensive-
Une pensée positiviste
[28]
 
La Chimère du désarmement[29], un ouvrage de circonstance dont la portée dépasse le cadre du moment. Par sa réflexion, Lewal entrevoit l'échec des théories « des prôneurs de paix
 
[30] ».
 
Alors que l'Affaire Dreyfus[31] a éclaté depuis trois ans, que Maurice Barrès[32] se fait l'apôtre du « racinement », le mot est de lui, en poussant à l'extrême ses théories sur la fidélité au sol national ; le général Lewal publie au lendemain de la mort de Jules Simon
 
[33] cet ouvrage dans lequel il pourfend les idées, certes généreuses mais utopiques, du philosophe et de l'homme d'État.
 
Lewal n'a pas oublié que lors du débat sur la loi Niel, votée le 4 février 1868, ce chef du parti républicain a réclamé à la tribune du Corps législatif : « une armée de citoyens qui soit invincible chez elle et hors d'état de porter la guerre au-dehors... »[34] et que dans un article publié le 1er mai 1894, il a encore proposé de retourner le vieil adage « Si vis pacem, para bellum » en « Si vis pacem, para pacem »
 
[35].
 
Lewal, un positiviste, qui croit donc au progrès[36], effectue, au moment où l'alliance franco-russe est en cours de renforcement[37]et les tensions coloniales avec l'Angleterre sont de plus en plus vives[38] : une mise en perspective historique de la récente catastrophe militaire de la guerre de 1870-1871.
 
C'est en cela qu'il est toujours d'actualité.
 
Pour Lewal, ce sont des discours d'un pacifisme, comme situé hors du temps, qui en sont la cause. Á cette époque Garnier-Pagès[39] n'affirmait-il pas : « Donnons l'exemple du désarmement, toutes les nations nous imiteront. Le sentiment général est de soulager la population du fardeau qui pèse sur elle. Ce sentiment on l'éprouve en Allemagne, en France dans toute l'Europe... » tandis que Jules Favre[40] ajoutait : « Je suis convaincu que la nation la plus puissante est celle qui serait la plus près du désarmement. »[41].
 
Pour Lewal, le constat est simple : « Ces désastreux enseignements n'ont pas ouvert leurs yeux. Ils reparaissent semblables à eux-mêmes et reproduisent les doctrines passées, dont l'issue a été si funeste. On les voit peu à peu développer les idées anciennes contre la guerre et solliciter la répression... Les philosophes, idéologues, les rêveurs de toutes classes, abstracteurs de toutes classes et chevaucheurs de chimères, restent, comme par le passé dans le monde de l'imagination. Ils parlent du monde comme ils le souhaiteraient, comme ils le voient peut-être, mais non assurément comme il est »[42].
 
Ces personnages existent évidemment toujours !
 
« La paix armée est coûteuse, ce n'est pas douteux. Les nations peu fortunées finiront par succomber dans ce combat. C'est un autre moyen de faire la guerre »[43].
Éléments de conclusion
 
Pour Lewal, contrairement à ce qu'affirment les pacifistes, l'armée n'est pas une cause de guerre et dénonce toutes les attaques menées par divers idéologues contre cette institution.
 
« En célébrant l'internationalisme, on sape le patriotisme comme un dogme vieilli. Plus de frontières, plus de patrie.... »
 
[44]
 
Selon Lewal, avant de parler désarmement, « il faudrait commencer par travailler au désarmement moral ; supprimer les causes de conflit, éteindre les souffrances, les servitudes, les réclamations, les revendications légitimes... Le calme ne pouvant survenir qu'en rétablissant les choses dans l'ordre régulier, troublé par la violence»[45].
 
Relire Lewal, avec un œil neuf, en se souvenant de cette remarque sibylline : « On constate des faits, on les enfile comme les grains d'un chapelet, et on conclut que telle chose a réussi dans 19 cas, donc elle est bonne, sans se demander souvent si l'on ne trouverait pas 20 cas où elle a échoué[46] ». Sans doute y a-t-il là, à la fois, une leçon de méthode et de grande modestie...
 
Pour Lewal il s'agit de savoir comment engager l'action quand « l'idée se heurte d'abord à la routine décorée du non-respect de la tradition[47] » et que « seule et mal comprise, (l'Histoire) conduit à la sclérose sous le nom de tradition[48].»
 
Lewal, en véritable positiviste, à la fois un homme de méthode, de science et d'enseignement, est à l'origine de la méthode dite du cas concret historique. C'est lui qui a imposé que l'enseignement de la tactique soit situé au centre de toutes les préoccupations de la formation de l'officier.
 
Il s'agit de « ramener les idées vers les procédés exacts de la science des armes, d'impulsionner (sic) les hautes études dans un sens très positif et d'abandonner la plus faible part possible à l'imagination, à la fantaisie[49] ».
 
 
 
Á l'heure où, sous la contrainte des événements de l'après-guerre froide, toutes les stratégies sont en cours de révision, les pensées militaires, et donc quelque part avec elles l'Histoire militaire, ne sauraient faire l'économie d'une participation à ces grands travaux. La mise en perspective historique concourt réellement au renouvellement des idées car cette méthode permet, par le jeu des comparaisons et en établissant des liens de cause à effet, d'éliminer un certain nombre de notions devenues obsolètes ou trop idéalisées du futur. C'est dire l'aspect fondamental d'une telle entreprise car, selon Liddell Hart (1895-1970), -la chose la plus difficile au monde n'est pas de faire entrer une idée nouvelle dans une armée, mais d'en chasser une ancienne-
 
 
 
 
 
[1] La première armée française véritablement permanente a été mise en place par le ministre de Louis XIV dans le dernier tiers du XVIIe siècle, Les trois refondations intervenues sont: 1) après la liquidation de la Grande Armée par la Restauration (la Charte octroyée le 4 juin 1814 ayant aboli la conscription la nouvelle armée définie par la loi du 10 mars 1818, dite Gouvion-Saint-Cyr ;2) lors du vote de la loi du 27 juillet 1872 qui pose le principe du service militaire universel ; 3)à partir de 1997 avec la mise en œuvre avec la suspension de la conscription .
 
 
 
[2] Lettres à l'armée sur sa réorganisation, publiées sous le pseudonyme de U. Studens, tome I, 1872, tome II, 1873. Ed. Dumaine 181 et 256 pages. Réédition commentée et annotée par le colonel A. Bernède. Giovanangeli éditeur, 1998, 204 pages.
 
 
 
[3] La Chimère du désarmement, Paris, Baudoin, 1897, 135 pages.
 
[4] Alors que l'Empire ottoman, l'homme malade de l'Europe, est déstabilisé par les coups que lui porte le vice-roi d'Égypte, Méhémet Ali, appuyé par la France ; la Quadruple-Alliance (Angleterre, Autriche, Prusse et Russie) venant à son secours somme l'Égypte (Accords de Londres du 15 juillet 1840) d'arrêter son entreprise. La crise est importante ! La France, qui augmente ses effectifs militaires de 80 000 hommes, a besoin d'officiers pour les encadrer. Ainsi les élèves-officiers sont-ils incorporés en avril 1841 au lieu d'octobre.
 
[5] Courant
 
1853, profitant du départ de troupes françaises participant à la campagne de Crimée (1853-1856), une certaine agitation se manifeste en Kabylie. Á la mi-1854, le général Randon, gouverneur général de l'Algérie depuis 1852, met sur pied une expédition destinée à rétablir l'autorité française. Les opérations, particulièrement sévères, dureront pratiquement jusqu'en 1857.
 
 
 
[6] Promu maréchal de France en 1856, Canrobert se distinguera à la bataille de Magenta le 4 juin 1859 et contribuera largement à la victoire de Solferino le 24 juin 1859.
 
 
 
[7] Les expéditions de Monterey à la frontière du Texas, du désert de Salado, la marche sur Durango par le désert de Mapini, ainsi que l'expédition de Guaymas de Soñora réalisée par voie maritime dans le golfe de Californie en mars 1865...
 
 
 
[8] Ayant succédé au maréchal Randon le 20 janvier 1867, Niel a tenté, une énergique politique de réformes. Toutefois, le Ministre s'est heurté à l'aveuglement du Corps législatif et la loi du 4 février 1868 qui porte son nom n'est qu'une loi avortée ! Épuisé, il quitte le ministère le 21 août 1869 et meurt dix jours plus tard.
 
 
 
[9] Encerclé dans Metz avec 173 000 soldats depuis le 20 août, Bazaine capitule le 27 octobre 1870.
 
 
 
[10] La Commune de Paris commence le 26 mars et s'achève lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.
 
 
 
[11] Procès tenu à Versailles (Trianon) sous la présidence du Duc d'Aumale du 6 octobre au 10 décembre 1873.
 
 
 
[12] Les « cours militaires spéciaux » créés par décret le 18 février 1876 ont pris, par décret du 15 juin 1878, la dénomination d'« l'École militaire supérieure ». La loi du 20 mars 1880 relative au service d'état-major transforme cette nouvelle institution en « École supérieure de Guerre ».
 
 
 
[13] Lewal est ministre de la Guerre du 3 janvier 1885 au 30 mars 1885. (Le cabinet de Jules Ferry est renversé sur l'affaire du Tonkin.)
 
 
 
[14] Le général Lewal est décédé à Senlis le 22 janvier 1908.
 
 
 
[15] Dont les généraux Trochu (1815-1896) et Ducrot (1817-1882).
 
 
 
[16] Rapport d'octobre 1866, cité par le général J. Delmas, Histoire militaire de la France, tome II, p. 420.
 
 
 
[17] Napoléon III entreprend cette réforme avec d'autant plus de célérité qu'il sait bien les difficultés qui ont été les siennes pour battre l'Autriche à Magenta et Solferino les 4 et 24 juin 1859.
 
 
 
[18] Les premières conférences de garnison ont été lancées à Paris et la lecture de Jomini revient au goût du jour.
 
 
 
[19] Ardant du Picq va mourir de ses blessures à Metz le 18 août 1870. Les résultats de ses travaux seront publiés après sa mort. Selon lui, la part du principe psychologique doit être fondamentale dans toute la doctrine de guerre moderne.
 
 
 
[20] Conférence publiée cette même année chez Dumaine, les principes qui y sont énoncés deviendront réglementaires neuf ans plus tard.
 
 
 
[21] Raoul Girardet, La société militaire de 1815 à nos jours, Plon, 1953.
 
 
 
[22] La réforme de l'armée, Paris, Dumaine, 606 pages, 1871.
 
 
 
[23] Par exemple lettre IX, il évoque une étude sur l'endivisionnement de l'armée française de 1788 publiée dans le Moniteur de l'armée au printemps de 1870.
 
 
 
[24] Lettre III : Routine et tradition, p. 41, op. cit.
 
 
 
[25] La Prusse est ainsi désignée lors du débat parlementaire sur la loi de recrutement militaire de 1872.
 
 
 
[26]Sous l'Ancien Régime : Guibert a publié en 1772 l'Essai général de Tactique suivi en 1779 de la Défense du système de guerre moderne. En 1788, il est secrétaire du Conseil de la Guerre et à ce titre fait la synthèse des expériences et des idées du moment dans le règlement de 1788. Exploitant l'idée d'offensive du chevalier Folard et celle du « fractionnement » du maréchal de Broglie, il en vient à préconiser le « principe divisionnaire » avec des unités opérant les unes avec les autres dans le cadre d'une « grande tactique » c'est à dire d'une stratégie dans le vocabulaire actuel. Selon J.P. Charnay il a exercé une réelle influence sur les jeunes officiers « intellectuels » de la Révolution tel Bonaparte.
 
 
 
Sous la Restauration : en application de la Charte octroyée le 4 juin 1814, la conscription a été abolie. La loi du 10 mars 1818, dite Gouvion-Saint-Cyr, stipule, article 1er: « L'armée se recrute par des engagements volontaires, et, en cas d'insuffisance, par des appels. »
 
 
 
Cette loi n'ayant pas donné les résultats escomptés, la loi Suchet de juin 1824 a dû relever le contingent annuel des -appels- tandis que la loi Soult du 21 mars 1832 consacre dans son article 1er : « L'armée se recrute par des appels et des engagements volontaires... », à savoir l'inverse de la loi Soult !
 
[27] Études de guerre... Paris, J. Dumaine, 1873-1879, (tome I, Partie organique ; tome II, Tactique de mobilisation ; tome III, Tactique de combat ; suivies de Tactique des renseignements, 2 vol. Paris, L. Baudoin, 1881-1883 et encore chez le même éditeur, Tactique des ravitaillements, 2 vol. 1889-1890.
 
[28] Dès la fin du
 
XVIIIe siècle on parle de sciences positives et Saint-Simon emploie le terme de positivisme. Auguste Comte (1798-1857) l'a répandu en philosophie. Selon ce courant de pensée la connaissance doit reposer sur l'observation des choses et des faits et non sur des connaissances a priori. Ainsi le positivisme constitue-t-il une sorte de confiance absolue dans une science mécaniste.
 
 
 
[29] La Chimère du désarmement, Paris, Baudoin, 1897, 135 pages.
 
 
 
[30] La Chimère... op. cit., p. 79.
 
 
 
[31] La première condamnation d'Alfred Dreyfus a été prononcée le 22 décembre 1894.
 
 
 
[32] Maurice Barrès, écrivain et homme politique né à Charmes-sur-Moselle en 1862.
 
[33] Homme politique et philosophe, Jules Simon (1814-1896), est avec, Jules Favre et Antoine-Louis Garnier-Pagès, parmi les principaux opposants au régime du second empire. Républicain modéré des débuts de la IIIe République, ministre de l'Instruction publique du gouvernement formé par Adolphe Thiers au lendemain du 4 septembre 1870, il affirmait : « Il n'y a pas d'école neutre parce qu'il n'y a pas d'instituteur qui n'ait une opinion religieuse ou philosophique ».
 
 
 
[34] Cité par Raoul Girardet op. cit. p. 37.
 
 
 
[35] Raoul Girardet, op. cit. p. 82.
 
 
 
[36] Á cette date le physicien Henri Becquerel a découvert le phénomène de la radioactivité, Georges Méliès réalise ses premiers films et les frères Lumière ont organisé le 28 décembre 1896 la première séance de cinématographe.
 
 
 
[37] Félix Faure (1841-1899), élu Président de la République en 1895, qui a accueilli à Paris le tsar Nicolas II l'année précédente, se rend à Kronstadt en 1897.
 
 
 
[38] L'affaire de Fachoda interviendra en 1898. Cette année là, Théophile Delcassé succèdera au ministère des Affaires étrangères à Gabriel Hanotaux, jugé trop conciliant avec les Allemands. Devant l'ultimatum de Londres exigeant que la colonne Marchand se retire du Haut Nil, l'opinion publique française surexcitée, aurait été prête à en découdre avec la perfide Albion. Toutefois, Delcassé, ministre des Affaires étrangères de 1898 à 1905, réussira à compléter l'alliance franco-russe par une Entente cordiale avec l'Angleterre en 1904.
 
 
 
[39] Louis-Antoine Garnier-Pagès, homme politique s'étant opposé à l'Empire et à la guerre de 1870.
 
 
 
[40] Jules Favre, après s'être prononcé contre la guerre de 1870, est devenu ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de la Défense nationale et a vainement tenté d'intéresser les neutres à la cause de la France. Après avoir refusé de céder aux exigences de Bismarck lors de l'entrevue de Ferrières (19-20 septembre 1870), il a néanmoins été contraint d'accepter, à la suite des défaites françaises, la capitulation de Paris et l'armistice en janvier 1871.
 
 
 
[41] La chimère du désarmement, Ed. L. Baudouin, 1897, p. 8.
 
 
 
[42] La chimère... op. cit. p. 10.
 
[43] La chimère... op. cit. p. 120.
 
 
 
[44] La chimère... op. cit. p. 123.
 
[45] La chimère... op. cit. p. 125.
 
 
 
[46] Lettres à... op. cit., Lettre IV. Le progrès.
 
[47]Lettres à... op. cit., Lettre III, Routine et Tradition.
 
 
 
[48] Lewal, Introduction à la partie positive de la stratégie, Paris, Librairie militaire de L. Baudin, 1892.
 
[49] Lewal, Introduction à la partie..., op. cit. 1892, p. 2.
 
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