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Tactique générale

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Guerre de Corée La bataille de la côte 1037 - 3 au 5 mars 1951

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Par DESTIA

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Contexte général : Lors de la guerre de Corée, un bataillon français constitué de volontaires, sous les ordres du général de corps d’armée MONCLAR (« dégradé » lieutenant-colonel pour l’occasion), est rattaché au 23rd Infantry Regiment de la Second (Indianhead) Infantry Division de l’armée américaine le 29 novembre 1950.

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Corée du Sud
Sud du 38e parallèle
 Bataillon Français de l'ONU (BF/ONU): 1000 hommes
Chine - Corée du Nord : 2000 hommes (dont 500 élèves-gradés)    
 
Dès son arrivée en Corée, ce bataillon participe activement à la reconquête du pays en direction du Nord et du 38ème parallèle notamment au cours de combats héroïques à Twin Tunnels et ChipYong Ni. Au début du mois de mars 1951, le bataillon reçoit pour mission de s'emparer de la côte 1037 afin d'ouvrir à la 2ème DI la route d'Honchon et de Chuchon en direction du 38ème parallèle.  
 
Déroulement de la bataille :

Temps 0 :
Le 3 mars, le bataillon quitte son campement de Chechon et rejoint les abords de l'objectif en escaladant des pitons aux pentes abruptes et glacées. La nuit du 3 au 4 mars, la température descend sous les -30°C : les hommes du BF/ONU dorment sans toile de tente et ont interdiction de faire du feu pour ne pas être repérés. La journée du 4 mars est consacrée aux reconnaissances de l'objectif, la nuit du 4 au 5 mars à l'acheminement et à la distribution des munitions. Au matin du 5 mars, les hommes du BF/ONU, bien que gelés et exténués, se tiennent prêts à donner l'assaut sur l'objectif.

Temps 1 :
Appuyées par les canons de 75mm sans recul et les mitrailleuses de 12,7mm de la compagnie d'appui, les compagnies de combat se lancent à  l'assaut frontal de l'objectif par la face Sud, la plus accessible du mouvement de terrain. L'ennemi est solidement installé au sommet et dans la contre-pente dans de petits blockhaus et profitent de sa position dominante pour délivrer des feux et faire rouler des quantités énormes de grenades sur les troupes françaises en contrebas. Chaque position est conquise au  prix de combats acharnés, finissant souvent au corps à corps, baïonnette au canon. Les français, bien que repoussant les contre-attaques ennemies sans grande difficulté ne parviennent pas à progresser suffisamment vite.

Temps 2 :
Le caporal-chef JONNIER de la 2e compagnie propose à son lieutenant de contourner l'ennemi en escaladant un à-pic dominé par un surplomb luisant de glace, itinéraire d'approche écarté a priori car extrêmement difficile. Cette initiative très risquée de la section du lieutenant BOUTTIN va permettre de prendre les défenses ennemies à revers en surplombant ses positions. La conquête des blockhaus s'accélèrent alors, les chinois préférant quitter le point pour se rétablir sur le mouvement de terrain voisin. A 16h00, la côte 1037 est conquise par le BF/ONU.
 
Temps 3 :  
Les chinois se rétablissent au Nord et se réorganisent pour reconquérir la côte 1037. En fin d'après-midi, ils se lancent à l'assaut de la position. Le BF/ONU qui n'a eu que peu de temps pour organiser son dispositif défensif a les pires difficultés pour repousser la contre-attaque ennemie. Alors que les lignes françaises sont sur le point de rompre, l'intervention de l'aviation américaine (bombes au napalm et canons de 20mm) brise l'assaut chinois et permet de conserver la position.

BILAN :
Relevés sur site par un bataillon sud-coréen, les hommes du BF/ONU commencent alors une nouvelle épreuve : l'évacuation des blessés vers l'arrière. La descente de nuit dans un froid glacial le long de pentes abruptes et glacées est un vrai cauchemar (« L'attaque avait certes été terrible, mais la descente des blessés et des morts fut peut-être le pire cauchemar vécu par le bataillon de toute la campagne »1).
Le 6 mars, la côte 1037 est conquise. Cette bataille fera 33 morts et 115 blessés au sein du BF/ONU.   

Enseignements de la bataille :

Initialement, les français ne parviennent pas à conquérir le point car ils privilégient une approche directe, avec un RAPFOR défavorable et une absence quasi-totale d'appui d'artillerie, face à un ennemi qui bénéficie de positions défensives aménagées et dominantes.  

La manœuvre de contournement, initiée par un petit gradé, bien que risquée permet de saisir l'initiative et de surprendre un ennemi qui avait délaissé ce flanc de son dispositif qu'il pensait inexpugnable. L'approche indirecte et l'effet de surprise permettent ainsi de prendre l'ascendant.

La combinaison des actions terrestres et aériennes a joué également un rôle capital dans la conservation de la position.
Enfin, cette victoire n'aurait pu être acquise dans ces conditions extrêmes si les français n'avaient pas été des soldats parfaitement aguerris et solidaires. 

1 Histoire du Bataillon Français de l'ONU, d'après une étude de Gérard Journet, 1997
 
 
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