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Engagement opérationnel

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L’APPUI GENERAL : entrée en premier !

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Par la DESTIA

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Dans un contexte de guerre de 4e génération, l’engagement de l’appui général a profondément évolué. Jadis, prévu d’être projeté dès la phase de stabilisation, pour atteindre son maximum d’efficacité et d’emploi en phase de normalisation, cet appui fait dorénavant partie de l’équation de départ.

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L’APPUI GENERAL : entrée en premier !
La mission SERVAL au MALI  a bouleversé  les codes établis de la doctrine inter armes. En effet, en écrasant les phases[i], cette mission a imposé un rythme  non compatible avec la chronologie acquise (coercition, stabilisation et normalisation[ii]) et les unités d’appui dites de deuxième échelon, se trouvent maintenant en première ligne agissant au côté des unités de combat[iii].

Le Génie militaire a donc pu jouer sa propre partition dès le début de l’intervention française sur le sol malien. L’imbrication des phases d’action, le besoin de se protéger, de se remettre en condition couplés à l’état de délabrement du pays ont imposé un dosage fin de l’effort Génie tout au long de la manœuvre, repoussant les limites et modifiant les périmètres de responsabilité de certaines armes.   
Plusieurs missions fondamentales ont en effet dû être remplies dès l’entrée sur le théâtre :

SE PROTEGER : La force ne pouvant pas s’appuyer sur des infrastructures existantes et le rythme de la manœuvre interdisant de se stationner durablement, les moyens du génie n’ont pu implanter des bases d’opérations avancées (FOB) que dans les régions jugées à forte valeur ajoutée (nœuds routiers, …). Néanmoins, l’implantation de postes de commandement régionaux, pour coordonner les différents acteurs s’est immédiatement imposée à la Force. Ainsi, un renfort très important de l’appui général (appui au déploiement lourd (ADL), génie de l’air, appui au déploiement opérationnel (ADO), eau, énergie et SID) s’est rapidement montré indispensable. Ainsi, 

Le Mali a à nouveau mis en avant la nécessité de disposer dès le départ d’importants moyens dans l’ensemble du spectre de l’appui général pour permettre un déploiement de troupes avec un degré de sécurité adapté (protection passive des emprises). Les forces projetées doivent pouvoir occuper le terrain et pour cela, s’établir dans des enceintes closes, protégées et robustes que seules les unités du Génie sont en mesure d’ériger.

L’APPUI LOGISTIQUE PAR LES AIRS : les plateformes aéroportuaires logiquement considérées comme points vitaux du terrain ont nécessité d’emblée, pour raccourcir les distances qu’imposent un pays étendu, sans voix de communications dignes de ce nom, des travaux de mise à la norme garantissant leur mise en service opérationnelle rapide. Ce travail spécialisé, pointu, se révèle indispensable pour permettre à la force d’occuper le terrain, d’assurer les flux logistiques vers l’avant et ainsi ne pas couper le rythme de la manœuvre telle qu’elle a pu être conçue par le chef. Ainsi, le 25e régiment du génie de l’air (25e RGA) - régiment possédant des matériels de travaux publics sans protection balistique- est intervenu dès la fin des premiers bombardements survenus le 13 janvier 2013 permettant au commandement de conserver sa liberté d’action, dans le domaine logistique en particulier. Ces unités, traditionnellement positionnées sur les plateformes aéroportuaires pour assurer la « réparation en urgence » des pistes, s’est révélée d’une redoutable efficacité et a contribué au succès global de la mission.
Ces moyens se sont montrés en particulier indispensables lorsqu’il a été décidé d’optimiser les moyens aériens et ainsi d’économiser le potentiel des aéronefs, en créant un plot chasse, d’un plot ATT et d’un plot C135 à Niamey. Cet ouvrage a été réalisé dans des délais record (quatre mois pour le plot « chasse ») avec un rapport coût/efficacité bien plus intéressant que celui d’une entreprise privée.

BOIRE ET SE RACCORDER AU RESEAU : même si l’esprit de la mission exclut de s’installer sur le long terme et que, comme au moment du déclenchement de l’opération Serval, la France affiche sa volonté d’intervenir, de rétablir la situation et de partir, l’appui général de la force nécessite des moyens significatifs pour assurer l’appui minimal indispensable aux  hommes et  pour leur permettre de durer en préservant leur aptitude opérationnelle.  Les nouveaux matériels armant les PC, le besoin de se remettre en condition pour durer, les conditions de vie précaires liées à l’abrasivité de l’environnement et à la friction due au milieu imposent une action des unités d’appui général du Génie, dès les premières troupes de mêlée mises au sol.
Le lancement de l’opération SERVAL a rapidement mis les organismes et les matériels à rude épreuve, rendant la rusticité indispensable. Il est donc apparu urgent de mettre en place le minimum vital en termes d’équipements :
  • Une manœuvre de l’eau délicate : cette ressource, par définition rare dans un pays au deux tiers désertique, a constitué immédiatement un véritable enjeu, déterminant pour le bon déroulement de la suite de la mission. La projection et la mise en œuvre des moyens de production d’eau sanitaire et potable a été décidée d’emblée ;
  • Un besoin immédiat en énergie : dès l’entrée sur le théâtre, la capacité à fournir de l’électricité a été considérée comme vitale.  Elle a nécessité un effort important et l’arrivée rapide de renforts. En effet, dès le début du mandat, la force a frôlé la rupture capacitaire. Les moyens mis en place désormais lors des opérations (ordinateurs, climatisations, transmissions…) nécessitent une quantité d’énergie impressionnante qui doit être impérativement prise en compte dès la génération de forces et gérée.

UN SEUL CHEF POUR COORDONNER. Le Joint Force Engineer (JFE)   : une telle organisation et une telle gestion de l’effort Génie n’a été possible que parce que tous les moyens étaient sous la responsabilité d’un seul et même chef, seul garant du bon emploi des moyens, au bon moment. En effet, les unités spécialisées du Génie (NRJ, EAU, ADL) aussi réduites soient elles, donnent une réelle valeur ajoutée au travail réalisé sur le théâtre. Elles simplifient la vie quotidienne et l’organisation du travail de la force.
Prendre sa place : cette structure, nouvelle, souffre de sa jeunesse et donc, de sa méconnaissance. L’art du JFE est bien d’agir au profit de la force, en réponse à une demande d’effet à obtenir (pas de dispersion des moyens et donc de dilution de l’effort). Cette jeunesse occasionne également la perte de prérogatives que d’autres domaines ont pu reconnaître comme faisant partie de leur champ d’action. En effet, la manœuvre de l’eau en est un très bon exemple. La production d’eau est une action Génie. Son transport, la manœuvre, revient à J4. Où s’arrête la responsabilité de chacun ? Force est de constater que les lignes continuent à bouger et qu’il faudra encore d’autres opérations conjointes pour que les périmètres de responsabilité de chacun se fixent.
Optimiser :  le Génie n’ayant qu’une seule voix, celle de son JFE, les échanges d’information, en particulier dans le domaine des engins explosifs improvisés (EEI) ont permis de garantir l’économie des moyens de la force, en réactualisant la menace à l’incident et donc les procédures d’intervention au contact. Cette organisation, d’une grande souplesse, permet de ne pas transformer la voix du sapeur en bruit de fond mais assure au chef inter armes d’avoir un excellent retour d’informations milieu du niveau opératif.
Pérenniser : cette structure, est maintenant la norme dans les engagements actuels et donc à venir[iv] . Cette organisation a d’ailleurs été figée dans le supplément français à l’AJP 3.12-(B)[v] depuis l’été 2014. Cette notion est de plus sanctuarisée par l’importance croissante que prend le JFE dès l’entrée de théâtre, seul garant du bon emploi du génie, dont l’efficacité et la forte valeur ajoutée sur le terrain doit encore plus maintenant constituer un postulat.
L’appui génie a ainsi été modelé par les caractéristiques physiques du Mali, le contexte sécuritaire et les modalités de conduite des opérations.
C’est pourquoi il faut maintenant capitaliser sur ce retour d’expérience en opéra          tions et donner à nouveau au génie la possibilité de façonner le terrain au gré des besoins, mais toujours en appui de la force.


[i] Un conflit est décomposé en trois phases définissant le continuum des opérations : la phase d’intervention, la phase de stabilisation et la phase de normalisation. «écraser les phases » signifie ici que les combats ne suivent plus cette même logique, les trois phases se superposent.
[ii] Référence FT02.
[iii] Bien que les unités du Génie appartiennent toutes au génie combat, les unités d’appui général avaient coutume d’intervenir dans la troisième phase du conflit, la normalisation, au sens de la FT02.
[iv] En particulier dans les guerres dites de 4e génération qui, par nature, bousculent les codes connus de par leur asymétricité.
[v] Allied doctrine for military engineer support to joint operations 3.12 (B)
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