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Histoire et Stratégies

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L’art opératif soviétique et ses enseignements dans les opérations contemporaines

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Par le Commandant Carlo CONTE (Italie), les Chefs de bataillon Baptiste THOMAS et Quentin WATRIN

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L’art opératif soviétique est un courant de pensée, développé dans les années 1930 en Union soviétique, et qui se définit comme une discipline de l’art de la guerre qui vise à inscrire les actions tactiques dans une finalité stratégique et leur donner du sens. Relativement méconnue, cette pensée sur l’art opératif a pourtant constitué un changement doctrinal significatif et a révélé son efficacité lors de la Seconde Guerre mondiale. Cet article présente les applications actuelles variées de l’art opératif et montre dans quelle mesure l’approche soviétique reste pertinente dans la conduite des opérations malgré l’évolution des cadres d’action.

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Le succès et la célébrité de l’opération Overlord contribuent encore aujourd’hui à éclipser l’opération Bagration, qui pourtant la dépasse dans ses proportions et ses résultats. Du 23 juin au 10 juillet 1944, tandis que les troupes alliées poursuivaient le débarquement en Normandie, l’Armée rouge anéantissait le groupe d’armées Centre de la Wehrmacht en Biélorussie, permettant ensuite le franchissement de la Vistule à Sandomir et finalement l’accès à Berlin. Vingt-huit des meilleures divisions allemandes détruites – cinq fois plus qu’au cours de la bataille de Normandie ! – six cent mille soldats tués ou prisonniers, une avancée du front de six cents kilomètres : Bagration est véritablement un chef d’œuvre opératif. Pourtant, ce succès militaire demeure assez largement méconnu, et met ainsi en évidence une tendance à négliger l’expérience soviétique. Dans le domaine de la doctrine également, il est particulièrement pertinent de tirer tous les enseignements de la pensée militaire russe, et plus particulièrement du concept d’art opératif dont Bagration est un exemple d’application.

L’art opératif a été théorisé dans les années 1930 en Union soviétique en s’appuyant sur les enseignements à la fois de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe. Il se définit comme une discipline de l’art de la guerre qui vise à traduire la stratégie en opérations, lesquelles se décomposent en actions tactiques. Cette réflexion doctrinale a permis efficacement aux Soviétiques de dépasser le blocage de la manœuvre tactique constaté lors de la Première Guerre mondiale. Désormais, et alors que les nations occidentales peinent à transformer leurs succès tactiques en victoires stratégiques, sa relecture ne resterait-t-elle pas vertueuse pour les opérations contemporaines?
Les Soviétiques ont développé avec l’art opératif une réflexion doctrinale pertinente et novatrice dont certains enseignements intemporels et pragmatiques peuvent utilement être appliqués ou adaptés aux opérations contemporaines.

Présenter dans quelle mesure l’art opératif reste pertinent impose de définir d’abord les notions clefs de cette doctrine soviétique, puis d’en montrer les applications contemporaines diverses, avant d’en appréhender les richesses et axes de développement.

Le cœur de l’art opératif

L’art opératif est le fruit d’un bouillonnement intellectuel au sein de l’Armée rouge de 1926 à 1936 autour de nombreux officiers, au premier rang desquels se trouvent Svietchine, Triandafilov, Isserson ou Toukhatchevski. Il se présente comme une nouvelle discipline guerrière dont les notions fondamentales sont la création d’un choc opératif, la nécessité de penser l’ennemi en tant que système et la conduite d’opérations séquentielles et dans la profondeur.

La recherche du choc opératif doit primer celle de la bataille décisive; cette idée est à la fois primordiale et novatrice dans l’art opératif. Espérer une victoire stratégique en une seule action tactique est devenue une erreur. En effet, la puissance du matériel rendue possible par la révolution industrielle, le volume des armées de conscription et l’immensité des fronts sur lesquels elles se déploient ne permettent plus l’enchaînement classique du tryptique percée, encerclement et destruction que prévoyait encore le plan Schlieffen de percée allemande en 1914. Or, à défaut d’une bataille unique d’anéantissement devenue irréalisable, la focalisation sur la destruction, souvent considérée à tort comme une finalité, conduit à des affrontements figés dont la décision – quand elle peut encore survenir – ne résulte que de l’attrition réciproque. Fustigeant cette primauté stérile de la destruction tactique, les Soviétiques insistent au contraire sur le besoin de viser la désorganisation de l’ennemi et sa complète désarticulation; c’est le sens de l’udar, ou choc opératif.

Porter un choc opératif à l’ennemi nécessite de le penser comme un système. Apport clef de l’art opératif, la notion de système décrit l’ensemble des éléments constitutifs de l’ennemi qui interagissent entre eux de façon complexe en vue d’atteindre un même but. Ces éléments ne sont pas dénombrables et sont extrêmement variés : les différentes unités de combat, les échelons de commandement, les capacités logistiques et industrielles, le pouvoir politique, l’aménagement du terrain, etc. Neutraliser les seules unités tactiques n’est pas pertinent car elles peuvent assez aisément être régénérées. Pour sidérer l’ennemi, le choc opératif doit au contraire entamer la cohérence même du système adverse et viser sa paralysie en dissociant et neutralisant ses différents éléments. Le système perd alors toute synergie et s’effondre. Pour cela, le tronçonnage du système ennemi doit se faire à la fois dans une dimension horizontale – séparer physiquement les unités les unes des autres – et verticale – détruire le lien entre l’avant du front et l’arrière.

Pour réussir ce choc opératif malgré, à la fois, la complexité des systèmes adverses et la profondeur du champ de bataille, préoccupation géographique naturelle pour les Soviétiques, des opérations séquentielles et dans la profondeur s’imposent. Varfolomeev décrit en 1936 avec une grande clarté le principe de séquence : «La victoire s’obtient par une série entière d’opérations chaînées entre elles, se développant consécutivement l’une après l’autre, logiquement liées entre elles, unies par un but final commun, chacun atteignant des buts limités, intermédiaires»[i]. La profondeur de chacune de ces opérations est nécessaire pour permettre à la séquence opérationnelle de percer dans un premier temps le dispositif ennemi, puis d’exploiter aussi loin que possible malgré l’immensité des théâtres d’affrontement.

Historiquement, l’art opératif diffère donc singulièrement de la recherche exclusive de la destruction – héritée en partie d’une incompréhension de la pensée clausewitzienne – et introduit la notion de choc sur le système adverse. Aujourd’hui, toutefois, l’art opératif fait l’objet d’interprétations ou d’applications variées dans la pensée occidentale qu’il importe de présenter.

Des transpositions occidentales difficiles

Les penseurs occidentaux n’ont pas délaissé l’étude de l’art opératif, même si cet engouement est finalement très récent. L’accès limité aux sources originelles soviétiques a longtemps biaisé l’appréhension des concepts opératifs russes. Par conséquent, leur transposition en Europe les a conséquemment vidés de leur essence. Elle en a fait soit un niveau de coopération interarmées, soit un domaine réservé du chef militaire politique, soit une discipline révolutionnaire à même de résoudre les difficultés stratégiques modernes. Ces trois approches sont au mieux réductrices, au moins trompeuses.

La première approche de l’art opératif consiste à ne le considérer que comme un mode de mise en œuvre des grandes unités interarmées[ii]. Cette approche entend retranscrire le modèle du front soviétique, historiquement constitué à partir de 1941. Ces fronts, dotés d’unités terrestres et d’aviation, conduisent des opérations combinées à l’échelle de leur théâtre d’opération en application des conceptions opératives russes de la Seconde Guerre mondiale. Par un amalgame réducteur entre l’idée et sa modalité d’application, les théoriciens militaires occidentaux ont fait de l’art opératif un simple concept de coopération interarmées. Cette conception oublie totalement la finalité de l’art opératif – le démantèlement du système ennemi – pour ne s’intéresser qu’à la réplication d’un moyen possible de sa mise en œuvre[iii]. Elle fige l’expression de l’art opératif en réservant cette expression à un seul échelon militaire : art opératif égale état-major interarmées. Pour autant, elle ne garantit nullement la production d’effets opératifs sur le système ennemi ; la coopération interarmées peut ne produire que des effets de destruction, donc des effets simplement tactiques, ce qui dénature l’outil opératif constitué. La seule identification de l’art opératif à un niveau de coordination interarmées échoue donc à transcrire l’effet de démantèlement que l’art opératif entend atteindre.

La seconde approche de l’art opératif, la plus couramment décrite en organisation, est celle d’un niveau de responsabilité indépendant des niveaux tactique – subordonné – et stratégique – supérieur. Ce pyramidage des responsabilités répond à une tendance naturelle des organisations. Elle sanctuarise l’art opératif en niveau d’exercice d’un prétendu «cœur de métier» militaire, dans lequel l’échelon politique n’est pas légitime pour interférer. Cette vision est une forme de réponse à la tendance à l’envahissement politique de la sphère des opérations. Elle porte cependant en soi une seconde dénaturation des principes de l’operatika[iv], celle de continuum des effets, de leur expression politique à leur déclinaison militaire. En tronçonnant l’art de la guerre en strates hiérarchisées (stratégiques, opératives, tactiques), le niveau opératif rompt artificiellement la logique de traduction continue des objectifs stratégiques en séquences d’opérations tactiques. Il se réduit in fine à un niveau de mise en œuvre géographique et interarmées des seules actions militaires et non au cadre d’exercice d’une discipline. Ce niveau opératif, s’il peut répondre à des besoins d’organisation militaire, ne transcrit donc pas les principes de l’art opératif russe, voire en constitue une antinomie.

Ces deux approches, qui ont abouti à la formalisation otanienne du niveau opératif, sont souvent retenues aujourd’hui comme signe d’une incompréhension de l’operatika. Cette vision irrigue la pensée de plusieurs auteurs, nourris par l’abondance de documents issus des archives militaires soviétiques, qui voient dans la juste mise en œuvre de l’art opératif la clé unique des victoires et de la supériorité de l’Armée rouge à compter de 1943[v]. La tentation est donc grande d’ériger l’art opératif en panacée permettant de remporter une victoire stratégique que les forces occidentales semblent incapables d’obtenir en dépit de la supériorité tactique écrasante dont elles disposent. Il convient de se garder de toute élaboration d’une «pensée magique» doctrinaire et de lire les succès du passé comme procédant du seul art opératif. L’art opératif, s’il peut être conçu comme une discipline de même pied que la tactique et la stratégie, ne saurait agir sans l’une ou l’autre, ni exister comme une discipline indépendante transcendant les contraintes militaires modernes. De fait, elle ne peut se déployer que dans le cadre d’une stratégie clairement définie, réaliste et réalisable. Cette capacité à générer ce cadre stratégique demeure une faiblesse des nations occidentales. La Russie, a contrario, a conservé une vraie constance dans ses ambitions stratégiques et une cohérence dans leur atteinte, comme le démontre son engagement en Syrie. La primauté accordée aux échéances de politique intérieure, l’omniprésence et la fugacité de l’information relatée dans les médias tendent à conduire à des engagements militaires décidés selon des logiques émotives, court-termistes et versatiles, non sous-tendus par des enjeux stratégiques assumés et durables. Faute de corriger ce travers, la portée de l’art opératif restera limitée.

Se cantonner à la seule définition d’un niveau organisationnel interarmées pour transcrire les apports de l’art opératif russe ou en attendre une nouvelle révolution militaire constitue donc des dénaturations des fins poursuivies par les théoriciens russes. Il faut, à leur exemple, réfléchir à la déclinaison des principes opératifs dans le contexte stratégique moderne pour redonner à l’art opératif son plein intérêt.

Le besoin de repenser l’apport de l’art opératif pour les opérations modernes

En effet, les principes de choc opératif, d’analyse systémique de l’ennemi et d’opérations en séquences, qui fondent tout un pan de l’art opératif russe, restent utiles pour penser les affrontements modernes, sous réserve de dépasser les blocages actuels. Les concepts induits d’opérations dans la profondeur ont en effet été développés jusqu’à atteindre leur obsolescence, et les opérations basées sur les effets n’ont pas permis de dépasser les blocages constatés. Il faut donc désormais repenser les principes opératifs pour les opérations modernes.

La pensée militaire occidentale s’est jusqu’à présent presque entièrement concentrée sur le développement des opérations dans la profondeur lors d’un conflit industriel interétatique. Elle s’est appliquée à mettre la haute technologie au service de l’identification, de la compréhension et de la frappe dans la profondeur du système de défense ennemi. Ceci a abouti, via la théorie des cercles de Warden, à la doctrine de l’Airlandbattle. L'armée américaine intègre alors pour la première fois l'art opératif dans sa doctrine[vi]: remplaçant le concept d’active defense, qui pensait détruire les forces soviétiques en une seule bataille décisive en Europe centrale, le concept prévoit la combinaison d’actions terrestres défensives et de frappes dans la profondeur du champ de bataille préalables à la conduite d’une série d’offensives coordonnées[vii]. On retrouve ainsi les principes de séquences d’opérations et de frappes dans la profondeur visant à détruire la cohérence du système d’organisation ennemi. Si cette doctrine paraît une traduction séduisante et pertinente des principes opératifs, sa mise en application atteint son apogée et son point de déclin lors de l’opération Desert Storm. Elle s’est trouvée dépassée dès les opérations dans les Balkans et dans les opérations plus récentes, car confrontée à deux écueils : la disparition du cadre étatique des conflits, perturbant l’identification du système organisationnel ennemi, et le primat de la destruction[viii] choisi par les forces américaines dans leur approche par les effets. La séquence d’opérations dans la profondeur devient donc une somme de destructions où le volume prime sur l’efficacité, et qui peine à identifier les cibles clés du système ennemi et à les neutraliser.

Poursuite de cette logique de disruption du système adverse, l’approche par les effets, ou EBO[ix], a été élaborée afin de paralyser les forces ennemies à tous les niveaux du conflit par la mise en œuvre synergique des moyens disponibles. L’EBO se concentre sur la production d’effets concourants à l’atteinte de l’effet final recherché défini au niveau stratégique, en utilisant la force minimale nécessaire et en tirant parti des progrès technologiques, notamment dans le domaine des armes de précision[x] et des moyens de communication. L’approche par les effets exige de penser en termes «systémiques» afin de pouvoir relier les effets d'un niveau donné à la réalisation des objectifs de niveau supérieur. En dépit de fondements conceptuels intéressants, sa mise en application n’a pas rétabli l’efficacité des forces occidentales, ni accru leur aptitude à vaincre stratégiquement. L’importance croissante prise par le ciblage et la frappe d’objectifs dans l’approche par les effets tend à réduire la portée du concept à une simple «extension du domaine de la destruction» qui réduit sa portée opérative à une simple «grande tactique», inapte à atteindre les objectifs politiques définis par le niveau stratégique : ce fait, comme l’échec du concept des opérations dans la profondeur, consacrent ainsi une faillite de l’art opératif tel qu’actuellement conçu.

Renouveler l’art opératif passe par une nouvelle déclinaison des principes originels à l’aune du contexte stratégique actuel : la lutte contre un ennemi asymétrique dilué dans la profondeur des zones d’opérations et sur des durées longues. Il importe alors de repenser le choc opératif : à l’inverse du début du XXème siècle, la problématique moderne n’est plus de percer un dispositif adverse consistant et continu, mais de créer le choc opératif face au vide, sur un ennemi fuyant et dilué dans le milieu. Il ne s’agit plus de percer, mais de forcer la concentration adverse en un point sur lequel recréer le choc opératif. Dans ce cadre, la déception[xi] ne vise plus à générer une faiblesse à exploiter, mais à générer chez l’ennemi l’illusion de la force pour l’engager à rassembler et concentrer ses moyens à portée de nos forces.
Il faut ensuite repenser l’approche de la profondeur : la profondeur géographique, d’un atout dans un cadre symétrique, devient une contrainte. L’immensité des zones d’action[xii], associée aux faibles effectifs engageables par les nations européennes, ne joue plus qu’en faveur de l’adversaire. L’application du concept de fulgurance étant impropre à pallier les effets de cette contrainte, il peut être utile de réfléchir à la recréation de la profondeur à travers la dimension temporelle. En occupant durablement ses points de passage obligés, ses zones de stationnement, on crée des potentialités permettant le tronçonnage et la déstructuration du système ennemi.
Il faut enfin repenser l’action sur le système ennemi : alors que l’ennemi irrégulier s’affranchit toujours plus des barrières entre structures militaires, politiques et civiles, associant étroitement les activités économiques, militaires et sociales au sein des structures d’un proto-État, la construction d’une séquence continue d’opérations cohérentes visant à déstructurer et tronçonner son système se heurte à une approche en tuyau d’orgue séparant rigoureusement responsabilités civiles et militaires. Le retour à une unicité du commandement civilo-militaire à l’échelle du théâtre d’opération, confié à une forme de «résident général»[xiii], permettrait la recréation d’un continuum cohérent et global des opérations.

En conclusion, la diversité de la pensée sur l’art opératif et son évolution, depuis ses penseurs originels jusqu’à ses applications ou critiques actuelles, est significative. Elle est d’ailleurs naturelle dans la mesure où l’art opératif n’est pas l’œuvre d’une seule personne, mais un courant de pensée étalé dans le temps.

Au-delà de cette diversité, découvrir ou relire l’art opératif soviétique reste finalement incontestablement enrichissant. Non seulement certains éléments de la pensée russe gardent toute leur pertinence face aux défis stratégiques contemporains, mais la réflexion, dans son ensemble – même les idées les plus datées –, nourrit aussi la réflexion opérationnelle et contribue indirectement à l’efficacité de nos armes.

L’exhortation à la réflexion libre et originale est d’ailleurs finalement l’héritage principal à conserver de ce courant d’officiers soviétiques : confronter la doctrine à sa propre expérience, favoriser le débat argumenté (et il a été vif en Union soviétique !) pour critiquer et enrichir cette doctrine, voilà une impérieuse nécessité pour celui qui souhaite assumer des responsabilités dans la conduite des opérations.

Diplômé du 180ème cours de l’Académie militaire de Modène, le Commandant CONTE est officier supérieur de l’armée de terre italienne. Il effectue sa première partie de carrière au régiment de guerre électronique comme chef de section, commandant d’unité et chef du bureau logistique. Après le cours d’état-major, il sert à l’académie militaire comme chef de compagnie d’élèves officiers. Actuellement affecté à l’état-major de la défense à Rome, il est, depuis le 7 mars 2016, stagiaire au CSIA. Il a participé à cinq opérations à l’étranger, en Irak, en Bosnie, en Afghanistan, au Liban et au Sahara occidental.
Saint-cyrien de la promotion «Général de Galbert», le Chef de bataillon WATRIN a effectué sa première partie de carrière au 1er régiment de tirailleurs comme chef de section, officier adjoint puis commandant d’unité, au cours de laquelle il est projeté à quatre reprises. Affecté à la SIMMT de 2013 à 2015, il sert en qualité d’officier traitant PEGP. Il est, depuis le 1er septembre 2015, stagiaire au CSIA.
Saint-cyrien de la promotion «Général Béthouart», le Chef de bataillon THOMAS a effectué sa première partie de carrière au 2ème régiment étranger de parachutistes. Après une période de commandant d’unité à Saint-Cyr, il a servi comme officier traitant à l’état-major du commandement des opérations spéciales. Il est stagiaire au cours supérieur interarmes depuis l’été 2015.




Sources bibliographiques :

  • In Pursuit of military excellence, Shimon Naveh, p.190
  • Air Land Battle (FM100-5), ed. 1986
  • Transformation in Russian and military History, Col. Carl W. Reddel, 1986
  • Soviet Deep Operations in the Great Patriotic War 1941-1945”,Daniel Hayward, 1988, p. 38-42
  • Will there be a significant shift in the focus of Soviet Operational Art?, Lt. Col. Joseph H. Purvis, Jr., 1989
  • Mass, Mobility, and the Red Army’s Road To Operational Art, 1918-1936”, Dr. Jacob W. Kipp, 1989
  • Soviet Military Operational Art, David M. Glantz, 1991
  • «La ruse de guerre», V.N. Lobov, 1992
  • Four distinctive aspects of Soviet and Russian Military, Melberg, Hans O., 1993
  • The Russian Way of War, Operational Art, 1904-1940, Richard W. Harrison, 2001, p. 157
  • «La technologie militaire en question, le cas américain», Joseph Henrotin, Économica, 2008
  • Le Général Sviétchine et l’évolution de l’art militaire”, Général d’armée V.N. Lobov (http://www.stratisc.org/strat_cadre.htm).



[i] Cité par Richard W. Harrison, dans “The Russian Way of War, Operational Art, 1904 – 1940, University Press of Kansas, 2001, p 157
[ii] Dans séminaire «Art opératif», EMIA-FE, Paris, 2013.
[iii] Pour donner un exemple trivial, c’est confondre la voiture avec l’idée de déplacement.
[iv] Art opératif.
[v] On pense notamment à l’étude des opérations géantes de l’Armée rouge: Uranus, Mars, Jupiter, Bagration, ou encore Kovel-Lublin.
[vi] L'édition 1986 du manuel FM100-5 définit ainsi l'art opérationnel: «Utilisation de forces militaires pour atteindre des objectifs stratégiques dans un ou des théâtres d'opérations, par le biais de la conception, l'organisation et la conduite de campagnes et de grandes opérations».
[vii] Ce sont ces principes qui ont sous-tendu les principes de conception de l’opération Desert Storm.
[viii] Voir à ce propos Joseph Henrotin, «La technologie militaire en question, le cas américain», Paris, Économica 2008.
[ix] Effect based opérations, opérations basées sur les effets.
[x] Au cours de la campagne aérienne de l'opération Desert Storm, l’effort de l’attaque sur les défenses anti-aériennes a porté non sur les batteries de défense, mais sur les PC de commandement afin de désorganiser et paralyser le système de défense adverse.
[xi] L’école de pensée soviétique accorde une grande importance à la maskirovska, qu’elle érige au rang de principe de la guerre comme Foch pouvait le faire avec la surprise. La maskirovska associe à la fois des diversions, des opérations de déception et de l’intoxication des capteurs adverses, et s’emploie à tous les niveaux des opérations. Cf V.N. Lobov, «La ruse de guerre», 1992.
[xii] Barkhane se déploie sur un espace vaste comme l’Europe de l’ouest.
[xiii] À l’image des Généraux Lyautey ou Pennequin, commandant sur un théâtre des actions civiles et militaires.
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