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Tactique générale

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La 3e bataille de Kharkov(1)- 19 février 1943 / 18 mars 1943

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Par DESTIA

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Front de l’Est, début 1943 : les forces de l’Axe viennent d’essuyer le désastre de Stalingrad. Les Soviétiques attaquent dans 2 directions : - nov 1942 – jan 1943 : encerclement et réduction de la VIe Armée - 13 déc 1942 : Offensive blindée de grande portée contre le flanc sud de l’Axe (sans attendre la fermeture de la poche de Stalingrad). Cette seconde contre- offensive d’hiver s’est étirée notablement de ses bases de ravitaillement à travers une zone dévastée (250 km en un mois). En face, le front sud de l’Axe (mer d’Azov – Kharkov) se trouve dans un rapport de forces très défavorable (globalement 1 contre 7, 495 chars contre 5000). L’issue des combats de l’hiver 1942-1943 s’annonçait décisive : si l’Axe était fixé et réduit sur le front Sud, il deviendrait impossible de reprendre l’initiative sur le théâtre.

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Déroulement de la bataille :
Temps 0 : manoeuvres préliminaires (13/12/1942 - 18/02/1943) : Off. soviétique et repli opératif de l'axe
La contre-offensive soviétique vers l'ouest est menée par deux fronts (groupes d'armées). Du nord au sud :
- le front de Voronezh (Gal Golikov), à partir de la ville du même nom sur le Don, lance son offensive le 15/01/1943 et détruit la 2e Armée hongroise. Au bout de 250 km, les AVG sont à vue du PC du Groupe d'Armées Sud (Manstein) sur le Dniepr de Zaporojie le 21/02/1943 ;
- le front sud-ouest (Gal Vatoutine), au sein duquel le Groupe Mobile Opératif (GMO) Popov, équivalent à une armée blindée, effectue une percée comparable.
Une brèche est ouverte dans le dispositif allemand du groupe d'armées sud, menaçant de couper l'armée Kempf au nord du restant du groupe d'armées au sud. Face à cela, Manstein reconstitue une réserve (4e Armée - HOTH, SS PanzerCorps HAUSSER, 48e PanzerCorps), et l'armée KEMPF s'établit sur la rivière Mius, au nord du dispositif. Manstein laisse les Soviétiques s'enfoncer dans son dispositif, jusqu'à la rivière Samara située à l'ouest de Kharkov qui a donc été abandonnée le 15/02 : ce repli tactique aura nécessité une autorisation inhabituelle d'Hitler.
Temps 1 : contre attaque contre les armées soviétiques en offensive (19/02/1943 - 24/02/1943)
Après un crochet vers l'est pour retraverser la Samara en contournant Poltava, Manstein lance son groupe d'armées en contre- attaque sud - nord. Ainsi, il cisaille les 1re armée blindée de la Garde et la 69e armée, dont il réduit les arrières pour le 23/02, et encercle et réduit le GMO Popov.
Le 24/02, il attaque le flanc de la 40e armée. Les Soviétiques ne peuvent empêcher la destruction de la 1re armée de la Garde et du GMO, immobilisés à cause de difficultés logistiques majeures.
Temps 2 : relance et abordage de la ville (01/03/1943 - 11/03/1943)
Relançant l'attaque le 01/03, Manstein aborde Kharkov le 05/03 après une course de 80 km. La 3e Armée blindée soviétique contre- attaque (6 brigades), mais le SS PzKorps l'arrête et la détruit. Une tête de pont est conquise à 15 km au sud-ouest de Kharkov le 06/03.
Von Manstein relance l'attaque le 07/03 à la faveur du regel, et aborde la ville par le nord-ouest après un large débordement qui a permis d'écarter 2 armées soviétiques, tandis que la 3e Armée a été repoussée dans la ville. Le PzKorps Hausser pénètre en force en 6 colonnes et atteint difficilement la gare le 11/03, en raison du système défensif et des contre-attaques. Un coup de main a finalement rétabli la situation en faveur des Allemands.
Temps 3 : réduction de résistances et exploitation (11/03/1943 - 18/03/1943)
La réduction des résistances en zone urbaine nécessite des combats très durs, jusqu'au 16/03.
Le 18/03, le SS PzKorps Hausser attaque en direction de Belgorod (au nord de Kharkov, à mi-chemin de Koursk). La 69e Armée est vaincue et la ville est prise en 4 heures. Cela a achevé de disloquer le front de Voronezh, qui se replie ensuite l'est du Donetz.
BILAN :
Victoire des Allemands. En 80 km de progression, ils ont stoppé 2 groupes d'armées soviétiques (qui ne peuvent plus réagir offensivement) et rétabli leur dispositif défensif. La reprise de Kharkov (5e ville d'URSS) aux Soviétiques, peu après la leur avoir laissé, aura causé un fort effet psychologique, qui aura fini de briser le grand mouvement offensif qui avait débuté 280 km plus à l'est, dans la région de Stalingrad. Peu de prisonniers ont été capturés (9000), mais un matériel conséquent a été détruit ou saisi.
Epilogue : La reconstitution du front de Voronezh transformera l'été suivant l'avancée allemande de Belgorod en saillant de Koursk (d'autant que les Allemands avaient cédé du terrain au nord)... avec la revanche soviétique de grande ampleur que l'on connaît.
Enseignements de la bataille :
La liberté d'action inhabituelle laissé par Hitler à Von Manstein a permis de combiner défensive et offensive avec un rendement élevé, étant donné le rapport de force qui leur était a priori défavorable.
La prise de risque initiale était élevée : laisser les Soviétiques s'avancer de 100 km, reprendre Kharkov, menacer le PC du groupe d'armées sud.
La manoeuvre a été utilisée par Manstein pour viser à chaque fois les points faibles de son ennemi :
o Intervalle entre deux fronts (groupes d'armées)
o Intervalle entre les échelons
o Débordement puis attaque de Kharkov par une direction moins fortement défendue.
Le combat urbain face à des défenseurs échelonnés en profondeur et déterminés a montré la pertinence des unités interarmes : Kampfgruppen (infanterie, blindés, génie, artillerie) appuyés par les Stukas.
La prise en compte de la météo était un facteur important : le gel était favorable à l'offensive blindée, et Von Manstein a relancé l'action tant que cette situation perdurait. Le dégel et la boue clouaient sur place toute action dynamique en véhicules.
 
1 Sources : Vignettes du GAL YAKOVLEFF - Articles et forums internet
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