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Histoire et Stratégies

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La bataille de Chancellorsville - Guerre de Sécession (1861-1865) - 1er au 6 mai 1863

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Par DESTIA

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La bataille de Chancellorsville fut une des plus importantes batailles de la guerre de Sécession en 1863. Aussi surnommée « Lee's perfect battle » ("la bataille parfaite de Lee") à cause de sa tactique, risquée mais victorieuse, de diviser ses forces face à un ennemi largement supérieur en nombre. La bataille mettait aux prises l'armée du Potomac commandée par le major général Joseph Hooker et l'armée de Virginie du Nord, moitié plus petite, commandée par le général Robert E. Lee assisté de "Stonewall" Jackson. L'audace de Lee combinée à la pusillanimité de Hooker aboutit à une défaite très sérieuse de l'Union. La campagne débuta lorsque l'armée de l'union franchit la rivière Rappahannock, le matin du 27 avril 1863.

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Etat de Virginie, près de la rivière Rappahannock

Nordistes - Hooker : 130 000
Sudistes - Lee: 60000
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Déroulement de la bataille

1er mai : Le 1er mai, le major général Joseph Hooker avait environ 70 000 hommes et 108 canons concentrés autour de Chancellorsville, tandis que Lee essayait désespérément de regrouper ses forces. Il opposait 40 000 hommes, tandis que sur son aile droite, le major général Jubal Anderson Early occupait les solides positions de Marye's height à Fredericksburg avec 12 000 hommes, cherchant à empêcher le major général John Sedgwick d'attaquer l'arrière garde de Lee. Hooker laissait ainsi le choix à Lee d'attaquer une position difficile ou de faire retraite, poursuivi par une armée supérieure en nombre.

2 mai : Lee accepta le défi et planifia une attaque pour le 2 mai. La nuit précédent l'assaut, Lee et son second, le lieutenant-général Stonewall Jackson, mirent au point un plan extrêmement osé et risqué.
Ils diviseraient leurs 40 000 hommes en deux. Jackson prendrait 28 000 hommes pour attaquer le flanc droit de l'union. Pendant ce temps, Lee commanderait directement les 12 000 hommes restants et s'opposerait aux 70 000 hommes de Hooker à Chancellorsville.
Pour que ceci puisse marcher, trois conditions devaient être réunies. D'abord, Hooker devait rester sur la défensive, faute de quoi Lee ne pourrait le contenir. Ensuite, Early devait réussir à repousser une éventuelle attaque de Sedgwick à Fredericksburg. Enfin, Jackson et ses 28 000 hommes devaienteffectuer une marche de 18 kilomètres par des routes détournées pour contourner l'armée de l'union, sans être repérés, afin de prendre les troupes Nordistes complètement par surprise.
Étonnamment, toutes ces conditions furent réunies. Hooker, surévaluant les forces de son adversaire, resta sur ses positions sans envisager de déclencher une attaque massive et se contenta d'envoyer son 3e corps de 13 000 hommes commandé par le major-général Sickles. Celui-ci captura quelques miettes du 2e corps de Jackson puis s'arrêta. La principale raison de la réussite du plan de Lee fut l'incompétence du commandant du 11e Corps d'armée de l'union, le major général Oliver Otis Howard, qui se trouvait sur l'aile droite de l'armée du Potomac. En effet, il négligea de prendre des précautions défensives malgré les ordres de Hooker. L'aile droite n'était aucunement abritée et la seule précaution contre une attaque de flanc consistait en deux canons dirigés vers les fourrés. Pour aggraver les choses, le 11e Corps était une unité peu entraînée, composée presque entièrement d'immigrants allemands, dont certains ne parlaient pas anglais.

À 16h30, les 28 000 hommes de Jackson sortirent des fourrés et prirent les soldats de Howard totalement par surprise tandis que la plupart d'entre eux était occupée à cuisiner. Plus de 4 000 furent faits prisonniers avant d'avoir pu tirer un coup de feu et la plupart des autres partirent en déroute. Une seule des divisions du 11e Corps offrit une résistance temporaire.

À la tombée du jour, le 2e corps de Jackson avait progressé de plus de 3 km, jusqu'à se trouver en vue de Chancellorsville et n'était plus séparé de l'armée de Lee que par le corps d'armée de Sickles qui se trouvait toujours à l'endroit où s'était achevée son attaque du matin. Hooker lui même avait été légèrement blessé, au plus fort des combats, quand un boulet avait atteint le pilier contre lequel il s'appuyait à son QG. Bien que très handicapé, il refusa de transmettre le commandement à son second, le général Darius Nash Couch et ceci fut dommageable au commandement de l'armée de l'union les jours suivants, car sa blessure le rendit particulièrement nerveux et perturba son jugement.

3 mai :
Le général Jackson fut blessé sérieusement au retour d'une reconnaissance nocturne et fut remplacé par le général Stuart, cavalier intrépide, qui se montra aussi un bon chef d'infanterie. Il décida de lancer un assaut massif sur l'ensemble du front. Il plaça son artillerie sur Hazel Grove ce qui lui permit bombarder celle de l'union. Des combats féroces s'engagèrent en soirée quand Stuart lança ses troupes à l'assaut des lignes Nordistes qui perdaient doucement pied sous la pression et à cause d'un manque d'approvisionnement et de renforts. Le soir même, les confédérés avaient capturé Chancellorsville et Hooker dut regrouper ses troupes épuisées sur des positions défensives autour de leur seule voie de retraite possible. Les combats du 3 mai furent parmi les plus engagés de la guerre et auraient pu à eux seuls être considérés dans la liste des batailles les plus sanglantes. Environ 18 000 hommes, également répartis dans les deux camps, furent tués ou blessés ce jour-là.

Du 4 au 6 mai :
Toute la nuit du 3 et toute la journée du 4, Hooker resta retranché sur ses positions, tandis que Lee et Early attaquaient Sedgwick. Ce dernier, après avoir pris les défenses de Early, négligea de sécuriser Fredericksburg. Le général confédéré et son détachement, revenant sur leurs pas, réoccupèrent les hauteurs à l'ouest de la ville et divisèrent les forces de Sedgwick. Pendant ce temps, Lee ramena la division du major général Richard Heron Anderson depuis le front de Chancellorsville et put renforcer McLaws avant que les nordistes ne réalisent qu'ils étaient très supérieurs en nombre.

Sedgwick se montra aussi obstiné en défense qu'il avait été hésitant à attaquer et il résista ce jour-là avant de se replier au nord de la Rappahannock river, à l'aube du 5 mai, en passant par Banks' Ford. Il s'agissait en réalité d'une nouvelle erreur de communication entre les deux généraux nordistes. Hooker voulait que Sedgwick tienne Banks' Ford pour pouvoir se retirer de Chancellorsville et retraverser la rivière à cet endroit pour contre-attaquer. Quand il apprit que Sedgwick avait quitté la rive sud, Hooker pensa qu'il n'avait plus aucune possibilité de gagner la bataille et, dans la nuit du 5 au 6, il fit à son tour retraite au nord de la rivière.

BILAN :
 
Lee, bien que combattant à 2 contre 5, remporta sa plus grande victoire de la guerre mais celle-ci eut un prix très élevé. Plus de 13 000 soldats confédérés sur 52 000 furent mis hors de combat, soit 25% des troupes engagées. Lee perdit également plusieurs de ses meilleurs généraux, au premier rang desquels Thomas "Stonewall" Jackson, son général le plus offensif, dont la perte allait se faire sentir quelques semaines plus tard lors de la bataille de Gettysburg.

Sur les 90 000 soldats de l'union qui engagèrent les hostilités, seuls 17 000 (en prenant en compte les 4 000 hommes du 11e Corps qui se rendirent sans combattre dans la panique initiale du 2 mai) furent mis hors de combat dans la bataille, soit un taux de perte bien inférieur à celui des confédérés.

Enseignements tactiques et doctrinaux :

Hooker, qui débuta la campagne en disant qu'il avait « 80 chances sur 100 d'être vainqueur », perdit la bataille à cause de problèmes de communication, de l'incompétence de ses généraux (en particulier Howard, Stoneman et Sedgwick). Hooker fit également plusieurs erreurs, telles que l'abandon de son offensive du 1er mai et l'ordre donné à Sickles de laisser Hazel Grove et de se replier le 2 mai. Il négligea aussi le placement de ses troupes : environ 40 000 de ses hommes ne tirèrent pas un coup de feu pendant la bataille.

La force morale :

Lee a su exploiter les failles de son adversaire. Il savait l'esprit timoré de Hooker de même qu'il mesurait parfaitement l'enthousiasme de Jackson et surtout son esprit d'initiative. Il a donc su libérer les énérgies de son camp tout en amenuisant celle de son adversaire.

La diversion :

L'articulation proposée par Lee donna à l'armée confédérée une réelle souplesse et mystifia les Unionistes. Cette manoeuvre de diversion créa la surprise et annula le rapport de force initialement défavorable.