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Histoire et Stratégies

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La bataille de Craonne - 7 mars 1814 (1)

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Par DESTIA

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Napoléon tente de faire échec à la marche sur Paris de trois armées coalisées (Winzegrode, Schwartzenberg et Blücher). Son armée est trop peu nombreuse pour obtenir un succès décisif. Après une brillante campagne de février, Napoléon délaisse au Sud Schwartzenberg, pour marcher vers le Nord à la poursuite de Blücher. Le 2 mars, il franchit la Marne à la Ferté-sous-Jouarre.2 Après la capitulation de Soissons le 3 mars, les forces coalisées (Blücher au Sud et Winzegrode au Nord) peuvent opérer leur jonction. Ne pouvant plus emporter la décision sur Blücher au Sud de l’Aisne, Napoléon cherche donc l’affrontement au Nord de la rivière.

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Déroulement de la bataille :
Temps 0 :
Napoléon fait traverser ses unités par le pont de Berry-au-Bac, saisi de vive force le 5 mars par la cavalerie de NANTSOUNY. Les divisions d'infanterie s'établissent ensuite entre Berry-au-Bac et Corbeny. Constatant que les forces de Blücher venant de Soissons pouvaient menacer son flanc gauche, Napoléon choisit de les affronter sur le plateau de Craonne. De son côté, Blücher savait qu'il pouvait tirer parti de cette remarquable position dominante. Il y affecte 30 000 hommes, sous les ordres du général russe WORONZOFF qui doit interdire le passage de la route des Dames à hauteur de la ferme d'HURTEBISE. Dans le même temps, le général WINZEGRODE avec sa cavalerie est chargé d'effectuer un mouvement tournant sur la droite et les arrières de l'armée française.
Le 6 mars, la Garde Impériale s'empare du village de Craonne mais rencontre une vive résistance russe au sommet du plateau. Au NORD, Ney s'empare de l'abbaye de Vauclair et attaque la ferme d'HURTEBISE à trois reprises sans succès. En fin de journée, l'armée française est déployée en arc de cercle en contrebas du plateau de Craonne.
Le 6 mars soir, le plan de bataille prévoit de canonner les forces russes sur HURTEBISE tout en attaquant simultanément leurs deux flancs. Ney doit attaquer au NORD à partir du village d'Ailles, et NANTSOUNY doit attaquer par le vallon d'OULCHES.
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Temps 1 :

Le 7 mars matin, les Russes, établis en trois lignes de défense, à cheval sur la « route des Dames », se sont préparées à recevoir le choc. Des escadrons de cosaques flanc-gardent le corps principal là où le plateau s'élargit. La réserve (Prussiens du général SACKEN) est à CERNY. Il fait très froid, le vent soulève une neige poussiéreuse, le sol gelé fait trébucher les chevaux. Les fonds du plateau détrempés par la crue de l'Ailette interdisent cependant toute action hippomobile.
Peu avant 10 heures, l'artillerie française, peu expérimentée, ouvre le feu sans causer trop de dommages aux forces russes. Au son du canon, Ney fait avancer ses troupes jusqu'à Ailles et entame en avance l'escalade du plateau face à des troupes russes préservées par le bombardement. Les fantassins français sont fixés à mi-pente.

Temps 2

La situation étant bloquée, Napoléon fait intervenir en fin de matinée ses renforts qui arrivent progressivement de Berry-au-Bac. Sous le choc de la Jeune Garde, les Russes évacuent et incendient la ferme d'HURTEBISE. Malgré des lourdes pertes, les troupes françaises, composées de jeunes conscrits, restent soudées. En milieu de journée, un millier de cavaliers débouche sur le chemin des Dames. Au SUD, la cavalerie de NANTSOUNY débouche également au sommet du plateau et repousse les Russes à hauteur de PAISSY. Attaqué sur trois côtés, WORONZOFF réussit à conserver son centre intact en contre-attaquant la cavalerie française. Les gains français du matin et du milieu de journée sont perdus. La panique gagne les jeunes fantassins de la Garde et les Marie-Louise de Ney qui refluent. L'engagement des renforts français est toujours limité par le débit du pont de Berry-au-Bac. Des renforts de cavalerie et d'infanterie rééquilibrent le rapport de force en début d'après-midi. A l'OUEST, les troupes de Ney remontent alors les pentes du plateau. L'artillerie de la Garde et la réserve d'artillerie débouchent à leur tour sur le plateau et appuie la progression de l'infanterie. La concentration des efforts français est alors payante.
Temps 3 :
Dans le même temps, Blücher constate que sa manoeuvre d'enveloppement par la cavalerie est infaisable en raison du retard de ses troupes, de la météo et des dispositifs de sûreté des troupes françaises. Il ordonne à WORONZOFF de se replier vers Laon. A 14 heures, lorsque WORONZOFF reçoit cet ordre, il se trouve en difficulté sur les trois côtés de l'attaque française. La retraite est accompagnée par un harcèlement des troupes françaises sur les arrières et les flancs, notamment par la cavalerie. La réserve du général SACKEN (4000 cavaliers) est engagée pour couvrir le repli. En fin de journée, les troupes russes sont rejetées de la ligne de crête du chemin des Dames mais le repli de WORONZOFF s'est déroulé en bon ordre limitant ce combat à une victoire tactique sans conséquence décisive sur la suite des opérations.

BILAN :

Coalisés : 5000 morts et blessés dont 2 généraux tués et 2 généraux blessés soit 16 % des effectifs
Français : 5400 morts et blessés dont 8 maréchaux et généraux blessés et 1 tué soit 18 % des effectifs
La victoire appartient néanmoins aux Français.
 
Enseignements de la bataille :
Procédés tactiques :

Napoléon en position offensive fait face à un ennemi installé dans la profondeur sur une position dominante. Il compte sur l'effet de choc de l'infanterie et la cavalerie. L'appui feu de l'artillerie est décisif pour faire basculer le rapport de force local en faveur des Français.
Grâce à des contre-attaques, WORONZOFF conserve son espace de manoeuvre et instille le doute dans les rangs français. Sa manoeuvre rétrograde lui permet de conserver son potentiel de combat pour la suite de la campagne.

Ligne de communication :
La ligne de communication principale française passe par un goulot d'étranglement (Berry-au-Bac) qui retarde la bascule du rapport de force en faveur des Français.

Elément réservé :
Une fois la prise de contact effectuée, l'engagement successif des renforts français retarde la décision tactique. Du côté des Coalisés, l'engagement de la cavalerie de Sacken permet aux unités éprouvées de conserver leur cohésion et de rejoindre le corps principal.
 
1 Cette fiche s'inspire des travaux d'Eric LABAYLE disponible sur son blog www.histoire-empire.org
2 EMPIRE FRANCAIS - Napoléon 1er : 30 000 hommes au moins 72 canons
ALLIES - Blücher : 28000 fantassins, 2200 cavaliers, 96 canons.