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Histoire et Stratégies

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La bataille de Dunkerque - 25 mai – 3 juin 1940

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Par DESTIA

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Après l'interminable "drôle de guerre" qui suit la déclaration de guerre faite par la Grande-Bretagne et la France à l'Allemagne provoquée par l'invasion de la Pologne, la situation évolue soudainement à l'Ouest lorsque l'Allemagne, le 10 mai 1940, déclenche une offensive sur la Hollande, la Belgique et le Luxembourg.

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Opération Dynamo - 2ème guerre mondiale
 
FRANCAIS : Amiral Abrial 
400 000 hommes

ALLEMAND : Généraux Von Kleist et Guderian
800 000 hommes
 
Contexte général :
Après l'interminable "drôle de guerre" qui suit la déclaration de guerre faite par la Grande-Bretagne et la France à l'Allemagne provoquée par l'invasion de la Pologne, la situation évolue soudainement à l'Ouest lorsque l'Allemagne, le 10 mai 1940, déclenche une offensive sur la Hollande, la Belgique et le Luxembourg.

En quelques jours, les troupes allemandes bousculent les forces alliées qui évacuent les Pays-Bas et se replient sur la rive française de la Meuse et dans le nord de la France. Après avoir percé le front français à Sedan, les panzers se précipitent vers les côtes de la Manche, qu'ils atteignent le 20 mai 1940, puis remontent en direction de Boulogne et de Calais. Boulogne tombe le 25, Calais le 26 tandis que les combats dans les faubourgs sud et ouest de Lille, qui tombe le 29, se poursuivent jusqu'au 31 mai.

En dépit de leur résistance acharnée, les Alliés risquent de se retrouver pris au piège. Ils ne peuvent, sur terre, briser l'encerclement et ce sont près de 400 000 hommes qui se trouvent isolés au nord de la ligne Sedan-Abbeville. Estimant que la bataille est perdue et voulant renforcer ses propres défenses, l'Angleterre décide d'évacuer ses troupes du théâtre d'opérations français. Abandonnant progressivement ses positions, le corps expéditionnaire britannique se replie sur Dunkerque afin d'être évacué par voie maritime.
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Déroulement de la bataille :
 
Temps 1 : l'arrêt de la Wehrmacht aux portes de Dunkerque
Le 20 mai, deux divisions de panzers commandées par Heinz Guderian atteignent Abbeville et la mer. La Wehrmacht parvient ainsi à couper les armées alliées en deux avec, entre les mâchoires de la tenaille, un million de soldats français, belges et britanniques pris au piège.

Les chars allemands poursuivent leur progression. Le 24 mai, les avant-gardes de Guderian établissent six têtes de pont sur l'Aa et atteignent Bourbourg; elles ont pratiquement le champ libre lorsqu'un ordre impératif du général von Rundstedt, confirmé par Hitler, les stoppera net jusqu'au matin du 27. Il existe deux théories défendues par les historiens pour expliquer cela : la première est qu'Hitler, obnubilé par la prise de Paris, ait voulu reposer ses troupes, la seconde se base sur le fait que l'état-major allemand ait voulu amadouer les Anglais en vue de leur coopération dans l'opération Barbarossa dirigée contre l'URSS.

Temps 2 : La noria des Little ships
Pour rassembler en peu de temps une petite armada, la Royal Navy détache immédiatement 39 destroyers, des dragueurs de mines et quelques autres bâtiments. Mais c'est insuffisant car la faible déclivité des plages oblige les navires de fort tonnage à mouiller au large. Il faut dès lors mobiliser des ferries, des chalutiers, des remorqueurs, des péniches, des yachts et d'autres embarcations encore plus modestes, les désormais célèbres "little ships". Il en vient 370 équipés tout au plus de deux mitrailleuses. Il faut ensuite organiser cette noria. Entre Dunkerque et Douvres, la route la plus directe est la route Z, longue de 60 km, mais elle est à portée des canons allemands à la hauteur de Calais. La route Y évite cet inconvénient à ceci près qu'elle met Dunkerque à 130 km de Douvres ; qui plus est, elle constitue un terrain de chasse pour les vedettes lance-torpilles de la Kriegsmarine. La voie la plus praticable est la route X, longue de 80 km ; elle ne sera toutefois déminée que le 29 mai.

Temps 3 : L'évacuation du corps expéditionnaires britannique et des troupes françaises

Le 29 mai 1940, le général Henri Vernillat se voit confier par l'amiral Abrial, la responsabilité du regroupement des grandes unités dans une zone boisée située à l'est de Bray-Dunes et au sud-ouest de la Panne. Le vice-amiral Bertram Ramsay, chef de l'opération, installe son quartier général dans une cave du château de Douvres. Le général Bertrand Fagalde est chargé de la défense de la tête de pont de Dunkerque. En réalité, il s'agira de couvrir l'embarquement des Anglais qui ne participeront pas à la défense rapprochée de la tête de pont. Les allemands bombardent la ville et la défense française et anglaise se fait d'heure en heure plus sporadique. L'embarquement des troupes sur les navires se fait dans le plus grand désordre, dans la panique, les scènes les plus regrettables et les actes de bravoure se côtoient, mais le nombre de morts augmente autant par noyade que sous le feu de l'ennemi. Le dernier navire s'éloigne laissant 40 000 hommes qui vont encore combattre âprement ; le 4 juin 1940, Dunkerque capitule, les Allemands pénètrent dans une ville en ruine où ils sont reçus par le sous-préfet Le Gentil. Le général Falgade, pour son action durant les combats depuis Anvers jusqu'à Dunkerque, est promu Grand officier de la Légion d'honneur le 4 juin 1940.
 
BILAN :
En neuf jours, 338 226 combattants (dont 123 095 Français) ont pu être évacués sur une mer d'huile ; la Wehrmacht capture quelques 35 000 soldats, Français pour la quasi-totalité d'entre eux, dont la plupart avait participé aux combats d'arrière-garde.

L'évacuation de Dunkerque, considérée par les britanniques comme une grande victoire, suscite néanmoins une certaine aigreur chez les responsables français. Weygand et d'autres feront notamment grief aux Britanniques d'avoir fait échouer la contre-attaque sur Arras. Les relations entre les Alliés, souvent assez confuses, avec des difficultés de communication perceptibles à bien des échelons, seront désormais placées sous le signe de la méfiance.

Les Français évacués en Angleterre sont en grande partie rapatriés sur Brest et Cherbourg dans les jours, voire les heures, qui suivent pour reprendre le combat.

Enseignements de la bataille :

Une erreur de l'armée Allemande qui ne saisit pas l'initiative : En ne saisissant pas l'initiative offerte par la progression éclaire de Guderian, Hitler, obnubilé par Paris, permet aux alliés d'évacuer leurs troupes, sauvant ainsi probablement l'Angleterre.
 
La défense de Lille : dans Lille encerclée, la défense acharnée des bribes de la 1ere Armée Française empêche les allemends d'envoyer des renforts vers Dunkerque. Churchill qui prévoyait initialement d'évacuer tout au plus 40 000 soldats environ, attribue ainsi une grande part de la victoire de Dunkerque à la défense de Lille.
 
La concentration des efforts consentie par les britanniques : en quelques jours, les marines alliés ont été capables de rassembler plusieurs centaines d'embarcations hétéroclites pour évacuer le corps expéditionnaire britannique, sauvant ainsi le Royaume-Uni d'une invasion allemande possible, face à laquelle il aurait facilement résisté.

La plus grande manoeuvre amphibie de l'armée française : cette opération de rembarquement sous la pression de l'ennemi, commandée par un amiral, est un exemple de manoeuvre rétrograde amphibie interalliée. Outre la concentration des efforts consentis, la réussite de la mission incombe aussi au général Fagalde qui défend la tête de pont : appuyée par la Royale Air Force, les 68ème et 12ème division d'infanterie et les éléments du secteur fortifié des Flandres sont chargés de freiner la progression allemande et permettent ainsi l'évacuation de 320 000 soldats.