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Histoire et Stratégies

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La bataille de Malplaquet - 11 septembre 1709

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La situation désespérée de la France sur le plan militaire et économique après les défaites et sept années de guerre est accentuée par un déclin économique et un hiver rigoureux où plusieurs milliers de Français périssent. Le peuple désire la paix et une partie de la Cour soutient ce parti.

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Guerre de Succession d’Espagne
Nord Pas-de-Calais - commune de Taisnières-sur-Hon

France – Villars et Boufflers – 75.000 hommes et 80 canons.
Autriche et Hollande essentiellement – Marlborough et le Prince Eugène – 120.000 hommes et 100 canons.

Situation générale[i] :

La situation désespérée de la France sur le plan militaire et économique après les défaites et sept années de guerre est accentuée par un déclin économique et un hiver rigoureux où plusieurs milliers de Français périssent. Le peuple désire la paix et une partie de la Cour soutient ce parti. Les termes préliminaires ont néanmoins été repoussés par Louis XIV en raison des conditions inacceptables posées par les coalisés. Au mois de juin, le roi adresse un appel à son peuple, pour l’exhorter à un dernier effort dans le but d'obtenir une paix honorable. Le peuple se joint à son monarque et se scandalise des termes proposés par les Alliés. Abattue après les défaites de Ramilies et d’Audenarde, l’armée des Flandres retrouve l’espoir et le moral grâce à son énergique commandant, le maréchal de Villars. Arrivé à la mi-mars, Villars s’attelle à réconforter ses hommes, à améliorer le ravitaillement et à construire une série de lignes défensives et de camps retranchés entre Douai et Saint-Venant. La bataille qui va se dérouler à Malplaquet est décisive : Villars sait qu’il est l’homme qui peut perdre la guerre en un après-midi.

Déroulement de la bataille :
       
Les forces des coalisés, 86.000 hommes et 100 canons surtout formés d'éléments autrichiens et néerlandais commandés conjointement par le duc de Marlborough et le prince Eugène, s'opposent à l'armée franco-bavaroise des maréchaux Villars et Boufflers, forte de 75.000 hommes, parmi lesquels un assez grand nombre de soldats des milices, et de 80 canons[ii]. Les troupes françaises sont en infériorité numérique, mais Villars a tiré la leçon des précédentes défaites face à Marlborough : il sait que celui-ci attaque d’abord les flancs pour dégarnir le centre ennemi avant de l’enfoncer. Il décide donc d’attendre l’arrivée des coalisés sur un terrain favorable, la trouée de Malplaquet, où il fait creuser des lignes de défense et des fortifications. Il déploie sa cavalerie en arrière, sur le plateau de Malplaquet et place le reste de son infanterie dans les bois qui bordent la trouée, à gauche dans le bois de Sars, à droite dans le bois des Lanières. Le terrain découvert au centre peut être balayé par trois feux défensifs: si Marlborough utilise sa tactique préférée, le prix à payer sera lourd. Boufflers commande l'aile droite, Villars l'aile gauche.
Après des canonnades réciproques qui ne donnent que peu de résultats, les coalisés décident d’attaquer : Eugène de Savoie amorce une offensive sur l’aile gauche française vers 8 ou 9h du matin. Il y a massé 83 bataillons et n’en laisse que 30 face à l’aile droite française qui, elle, en compte 70. Le combat y est très confus.
Sur l'aile droite, les cuirassiers du prince d’Orange chargent environ une heure plus tard. Les combats y sont très intenses et les morts s’accumulent, surtout du côté des coalisés : 5.000 Hollandais perdent la vie dans l’assaut face à 20 pièces d’artillerie française. Le prince d’Orange se retire.
Vers 10h, la droite alliée relance l’assaut sur la gauche française de Villars ; ce dernier, préoccupé, décide de retirer 12 bataillons de son centre pour renforcer la gauche. Voyant cela, Marlborough se prépare à lancer la cavalerie dans une charge décisive contre le centre français. Vers 13h, Villars décide de mener une contre-attaque pour déloger les Alliés du bois de Sars. Il mène l’assaut en tête, mais un coup de mousquet le blesse au genou. Il doit être évacué et confie l'intégralité du commandement à Boufflers. La contre-attaque française s’enlise.
Le moment décisif arrive à 13h30, lorsque l'infanterie britannique passe à l'attaque sur le centre ennemi affaibli, conformément à la tactique favorite de Marlborough. Boufflers prévient cette attaque en conduisant personnellement une charge contre les cavaliers ennemis. Il parvient à repousser six assauts ennemis depuis les retranchements, sans toutefois parvenir à les reprendre à cause des tirs de couverture des fusiliers britanniques.
La droite française est à nouveau attaquée, mais cette fois une partie des fantassins français cèdent et fuient. D’autre part, l’artillerie française manque de munitions. Vers 15h, Boufflers réalise qu'il ne peut plus l'emporter qu'au prix d'un bain de sang et préfère ordonner le repli. Les Français se retirent en très bon ordre au son du tambour avec leurs drapeaux, emportant 65 pièces d’artillerie. Les coalisés ont essuyé de telles pertes au cours de leurs assauts successifs qu'ils renoncent à poursuivre les Français.

Enseignements de la bataille

Préparation :
Le maréchal de Villars avait conscience de son infériorité numérique. Les coalisés bénéficiaient également d’une supériorité psychologique en ayant remporté les batailles précédentes. Villars a donc préparé cette bataille attentivement, choisissant le terrain sur lequel il allait se battre, le valorisant à son avantage de façon à utiliser au mieux ses moyens, notamment son artillerie. Il a également pris le soin de galvaniser ses troupes avant la bataille, aussi bien par le discours que par des mesures concrètes, notamment en termes de ravitaillement, ce qui a donné aux troupes françaises un moral solide.

Utilisation des réserves :
Ayant bien étudié les batailles précédemment menées, Villars n’a pas été surpris par la tactique utilisée par Marlborough, qui a cherché à déstabiliser le centre français par des attaques de flanc de façon à porter ensuite son effort principal au centre. Villars a ainsi engagé sa réserve au bon moment au centre, contenant l’assaut coalisé et lui permettant de se replier en bon ordre, sans pertes supplémentaires. Un engagement judicieux de la réserve, en particulier en cas d’infériorité numérique, permet de disposer d’un rapport de force favorable au moment décisif.

Notion de victoire :
Au cours de cette bataille, la plus meurtrière de toutes les guerres de Louis XIV, les coalisés ont perdu 20.000 à 25.000 hommes, soit environ un quart de leurs forces. Les Français n'ont en revanche perdu que 6 à 11.000 hommes et se replient en bon ordre sur Bavay et Valenciennes. Si la bataille prend la forme d’une défaite tactique pour les Français dans la mesure où ce sont eux qui ont dû abandonner le champ de bataille, il s’agit en réalité d’une victoire stratégique : l’armée des coalisés a été saignée et la route de Paris est barrée. La France peut continuer à se défendre jusqu'à la victoire de Denain, négocier le traité d'Utrecht et terminer la guerre dans une position avantageuse. L’objectif pour les Français était finalement davantage de causer le maximum de pertes aux coalisés tout en en subissant le moins possible, plutôt que de gagner la bataille. Un chef militaire est toujours tenté de remporter la victoire à chaque bataille. Un bon chef doit néanmoins savoir mener la bataille tout en préparant l’avenir.




[ii] 120.000 contre 90.000 selon d’autres sources. En tous les cas, les Français sont en infériorité numérique.

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