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Histoire et Stratégies

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La bataille de Mazar e sharif (7 novembre 2001)

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Par la DESTIA

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En réponse aux attaques terroristes du 11 septembre 2001 sur le sol américain, les Etats-Unis déclarent la guerre au terrorisme international, et déclenchent dès le début du mois d’octobre, sur le territoire afghan, l’opération « Enduring Freedom » destinée à éliminer Al-Qaïda et à renverser puis chasser le régime Taliban.

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Afghanistan : Province de Balkh (Nord)
 
USA : 50 Forces spéciales + plusieurs dizaines de bombardiers.
ALLIANCE DU NORD : 12 000 combattants (cavaliers + fantassins).
TALIBAN : Mollah Sufi Mohammed 7 000 insurgés.
 
 
Contexte général :
 
Les premières semaines de l'intervention sont essentiellement marquées par une progression très rapide et agressive des Forces spéciales américaines et alliées sur l'ensemble du théâtre, concomitamment avec une campagne soutenue de bombardements sur des objectifs-clés. Début novembre 2001, quelques rares poches de résistance Taliban subsistent, parmi lesquelles la ville de Mazar-E-Sharif, carrefour stratégique au Nord du pays. Parallèlement, les forces américaines coordonnent leur progression dans le Nord du pays avec celle de l'Alliance du Nord, au sein de laquelle se regroupent plusieurs factions ethniques, dont les combattants afghans d'origine ouzbek, menés par le Général Rashid Dostum. La proximité de Mazar-E-Sharif avec l'Ouzbékistan permet à ce dernier et aux Forces spéciales US qui l'accompagnent de bénéficier d'une base arrière précieuse pour préparer leur offensive.
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Déroulement de la bataille :
 
 
Temps 1 : Préparation de l'attaque
 
Dès la fin du mois d'octobre, plusieurs équipes de « Green Berets » (US Special Forces Groups) planifient leur attaque de Mazar-E-Sharif depuis la base de Karshi-Khanabad en Ouzbékistan, en lien étroit avec les troupes de Dostum. Ils franchissent la frontière fin octobre, et se trouvent à 25 kilomètres de Mazar-E-Sharif 5 jours avant l'attaque, aux côtés de l'Alliance du Nord. Parallèlement, des opérations d'influence et d'actions psychologiques préparent les esprits de la population : propagandes sur les ondes radio, aéro-largage de tracts...
 
Le 4 novembre : Dostum s'empare de la ville de Keshendeh (aux abords S-O), au moyen de ses troupes à cheval.
 
Le 6 novembre : c'est au tour du Général Noor, à la tête de 2000 combattants tadjiks, de saisir la ville de Ag Kupruk (entrée Sud), épaulé d'une équipe de 6 FS américains, et de 7 autres infiltrés au-delà des lignes de défense Taliban, au Nord de Mazar-E-Sharif, pour guider les bombardements.
 
 
Temps 2 : Campagne aérienne
 
Les 7 et 8 novembre, alors que le commandement Taliban vient de décider l'envoi d'un renfort de 4000 combattants vers Mazar-E-Sharif, les B-52 de l'US Air Force bombardent massivement les principaux accès de la ville tenus par l'ennemi, afin de cloisonner ce dernier. Les Taliban réussiront néanmoins à accueillir 500 combattants en renforcement. Cette campagne de bombardements est à ce jour la plus intense du conflit afghan. Les moyens SA Taliban (à base de ZSU 23-2 principalement) sont inefficaces.
 
 
Temps 3 : l'assaut terrestre
 
Le 8 novembre au matin, l'attaque terrestre est lancée, depuis les hauteurs Sud de Mazar-E-Sharif, à 22 km du centre-ville. A 14h00, les troupes de l'Alliance du Nord ont saisi la principale base militaire de la ville ainsi que l'aéroport, après avoir conquis le pont de Pul-I-Imam Bukhri.
 
Entre 5000 et 12000 Taliban, fortement affaiblis par une campagne aérienne ayant efficacement détruit la majorité de leurs PC, et surpris par l'audace, la brutalité et l'agressivité de l'assaut conduit par les troupes de l'Alliance du Nord et leurs partenaires des Forces spéciales US, évacuent Mazar-E-Sharif dans la confusion. En fin de journée, ils se regroupent et trouvent refuge aux abords Nord et Est de la ville.
 
 
Temps 4 : la chute du dernier bastion et la libération de la ville
 
Profitant de la confusion du 8 et du 9 novembre, près de 1500 combattants djihadistes (dont 900 pakistanais) fraîchement arrivés en renfort pénètrent dans Mazar-E-Sharif, et prennent position dans l'école pour filles de Sultan Razia. Ce sera leur ultime bastion.
 
Les 9 et 10 novembre, les combats font rage à l'arme lourde entre Alliance du Nord et Taliban retranchés. Aucune des tentatives de négociation ni de proposition de reddition ne sera acceptée par les insurgés. Le 10 novembre, le commandement américain décide de déclencher une nouvelle phase de bombardements sur l'école. Plusieurs centaines de combattants Taliban évacuant leurs positions retranchées seront abattus par l'Alliance du Nord.
 
BILAN : Les estimations de pertes demeurent à ce jour encore très imprécises :

 

- Environ 50 combattants tués dans les rangs de l'Alliance du Nord.

- Plus de 500 dans ceux des Taliban, ainsi qu'environ 800 insurgés capturés.

Enseignements de la bataille :

La plus récente charge de cavalerie des forces armées américaines

Les Forces Spéciales US ont démontré des qualités d'adaptation et d'originalité qui ont garanti leur succès. Pleinement intégrés dans les structures de combat de l'Alliance du Nord, ils en ont appliqué les préceptes tactiques, à l'image des charges à cheval auxquels les combattants tadjiks et ouzbeks se sont livré avec succès, garantissant surprise et rapidité, dans la foulée des bombardements menés sur les positions Taliban.

Le « Military assistance » ou « mentoring » comme concept essentiel

 Pour les Forces spéciales US, il convenait de se restreindre à la fourniture de conseils et d'appuis à l'Alliance du Nord, pour bien leur souligner qu'il s'agissait de « leur guerre » contre les Taliban. Les appuis déterminants fournis par les « Green Berets » furent les suivants :

- Appui renseignement (équipes de recherche insérées sur les hauteurs de la ville, voire au-delà des lignes ennemies, au Nord de Mazar-E-Sharif) ;

- Appui feux par guidage laser lors des phases de bombardements ;

- Actions indirectes par opérations psychologiques et de propagandes auprès de la population ;

- Conseils tactiques pour la conduite de la manoeuvre ;

- Appui à la négociation avec les Taliban retranchés en centre-ville.