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Tactique générale

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La bataille de Mohi, 10-11 avril 1241 - Les invasions mongoles

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Par DESTIA

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La bataille de Mohi (ou de la rivière Sajó) eut lieu le 11 avril 1241. Cette bataille est le principal affrontement entre les armées Mongoles, menées par Batû-Khan, petit-fils de Gengis Khan et les armées du Royaume de Hongrie pendant l’invasion Mongole de l’Europe. Cette bataille fut une grande défaite de la Hongrie qui fut, à la suite de ce désastre, complètement dévastée par les envahisseurs des Steppes.

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En 1227, meurt Gengis Khan, le grand chef Mongol qui a unifié toutes les tribus Mongoles et Tartars et d'autres peuples de la Steppe. Deux ans plus tard, un de ses quatre fils légitimes Ogedeï prend le pouvoir. Oegedeï, après avoir assuré son emprise sur le monde Chinois, lance à l'image de son père son armée vers l'ouest.
Ses deux neveux, Subotaï et Batû-Khan, petits-fils de Gengis Khan, conduisent une puissante armée de près de cent cinquante mille guerriers. Les premières victimes de cette migration sont les Bulgares-Kama qui, en 1233, sont soumis au joug Mongol. Quelques années plus tard, ce sont les principautés Russes qui sont également soumises. En 1240, Batu Khan détruit complètement la ville de Kiev, capitale de l'Ukraine. Les armées Mongoles continuent leur progression vers l'Occident, ravagent la petite Pologne et sa capitale Varsovie, puis remontent vers la Silésie où a lieu la bataille de Liegnitz (ou Legnica), le 9 Avril 1241. Les Polonais et les chevaliers Teutoniques sont défaits. A la suite de cet affrontement, les armées Mongoles arrêtent leur progression vers l'Europe Occidentale et se retournent vers le Royaume de Hongrie.
La rencontre entre les deux armées a lieu à Mohi, village situé sur la rivière Sajó, affluent de la Tisza. Subotaï doit battre le plus vite possible Bela IV, roi de Hongrie, avant qu'il n'apprenne son isolement total et se retire derrière le Danube vers les forteresses de la Hongrie occidentale. Si d'aventure cela se produisait, Sübotaï devrait les réduire une à une.
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Déroulement de la bataille :

Temps préliminaire :
Dans l'après-midi du 10 avril 1241, le général mongol Sübotaï arrive en vue du pont de pierreenjambant la rivière Sajó près de Mohi. Il prit la décision de maintenir le gros de son armée à environ 10 Km de là. Désirant provoquer un mouvement impétueux du roi de Hongrie Bela IV et espérant une traversée de la rivière par ce dernier, Sübotai laisse un détachement très faible pour surveiller le pont.

Bela IV atteint le fleuve plus tard, le même jour. Il met en place une tête de pont sur son flanc droit, fait protéger le pont par son flanc gauche puis établit son camp en occupant une forte position à une certaine distance à l'ouest du fleuve, sans le traverser. Sur cette position, il préfére attendre l'attaque des Mongols. Le plan de Sübotaï s'avére donc compromis. Bela IV occupe une position bien-protégée et ne semble guère enclin à se précipiter la tête la première dans un piège. Il a le fleuve entre lui et les Mongols, tient le pont et a placé des troupes de part et d'autre de celui-ci. Sübotaï n'a pas d'autre choix que d'attaquer mais dans des conditions très risquées.

Temps 1 :

À l'aube du 11 avril, les mongols lancent une attaque menée par un millier de cavaliers, appuyés par une importante artillerie poliorcétique (vraisemblablement des armes à poudre chinoises et des bombes incendiaires), sur le pont de pierre qui enjambe la Sajó. Il s'agit d'une diversion visant à fixer les Hongrois sur la défense du pont. Les commandants hongrois, peu habitués aux méthodes des mongols, parviennent, malgré tout, à tenir jusqu'à l'arrivée de renforts : le roi Bela IV doit sortir de son camp retranché pour renforcer le dispositif.

Temps 2 :

Ayant fait franchir l'essentiel de son armée suffisamment loin des combats, Subotaï peut surgir par surprise sur les flancs de l'armée Hongroise. Celle-ci, en déroute, se réfugie dans un premier temps dans son camp retranché qui est pris rapidement après un bombardement massif de naphte brûlant, de pierres et de flèches enflammées. Les soldats Hongrois qui ont cherché le salut dans la fuite vers l'ouest sont rapidement rattrapés par les cavaliers Mongols : la majorité des Hongrois est tuée.

BILAN :

En quelques heures, l'armée Hongroise a été exterminée, même si le roi Bela IV a réussi à s'échapper. Les Mongols le poursuivront en ravageant toute la Hongrie, laissant des régions entières complètement dévastées et dépeuplées.

Enseignements de la bataille :

La surprise comme multiplicateur de force :
Grâce à sa manoeuvre de diversion, Subotaï réussit à surgir où Bela IV ne l'attendait pas, réduisant l'avantage défensif de ce dernier.

Analyse du terrain :
Dans un camp retranché protégé par des coupures humides, les Hongrois étaient sur des positions favorables à la défensive. Seule une analyse terrain minutieuse a permis aux mongols de définir une zone de franchissement favorable à une attaque par surprise avec leur élément principal.

Liberté d'action :
Ayant jeté toutes leurs forces dans la défense du pont, les Hongrois se sont passés de leur liberté d'action. Fixés sur la rivière Sajó, ils ne pouvaient ni manoeuvrer, ni battre en retraite en bon ordre. N'ayant pas la mobilité de leur ennemi, leur retraite s'est transformée en déroute, leur déroute en massacre.

Economie des moyens :

Trois fois plus nombreux, plus mobiles et mieux équipés (poliorcétique à poudre noire), les Mongols auraient été logiquement victorieux de cet affrontement, quelle que soit sa forme. Toutefois, Subataï a voulu concevoir une manoeuvre de diversion efficace afin de pouvoir vaincre rapidement et économiser des forces nécessaires à l'exploitation ultérieure de la victoire (conquête de l'Europe Orientale).
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