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Histoire et Stratégies

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La bataille de Villers-Bretonneux / 24-26 avril 1918

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Par DESTIA

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Contexte général : Le 21 mars 1918 débute la plus grande offensive de la 1ère guerre mondiale. Sur un front de plus de 80kms, du sud d'Arras à Fère en Tardenois, ce ne sont pas moins de 63 divisions allemandes qui attaquent 26 divisions britanniques, avec pour objectif l'encerclement et l'anéantissement du Corps Expéditionnaire dans sa totalité. L'assaut allemand s'essouffle début avril devant Amiens, dans le village de Villers-Bretonneux. En deux semaines de combat, l'armée du Kaiser a cependant réussi à effectuer l'une des plus grandes avancées de la guerre. Villers-Bretonneux, observatoire qui marque le point culminant du plateau descendant entre Somme et Avre en pente douce vers Amiens va donc naturellement devenir le point de fixation de la nouvelle ligne de front et l’enjeu de violents combats.

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France
1ère guerre mondiale / 2ème bataille de la Somme

ALLIES : 20000 fantassins et une dizaine de chars.
EMPIRE ALLEMAND : 24000 fantassins et une quinzaine de chars.
 
 
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Déroulement de la bataille :

Temps 1 :
 
L'attaque allemande : nuit du 23 et journée du 24 avril.

Le 24 avril, à 3h45, des tirs d'artillerie très denses s'abattirent sur une zone de front alliée tenue par la 62ème et la 8ème Division d'infanterie (DI) anglaises et allant du bois de Hangard au nord de Villers-Bretonneux (VB), en limite de fuseau entre le corps expéditionnaire britannique et les armées françaises. A 6h00, les tirs cessèrent et quatre DI allemandes précédées par 13 chars donnèrent l'assaut. A 10h00, VB était tombée. Les attaquants commençaient à s'infiltrer dans le bois d'Aquenne au nord et se préparait à donner l'assaut à la 2ème ligne devant Cachy. C'est alors que les chars lourds anglais sortis du bois d'Aquenne se heurtèrent aux chars allemands. Ces premiers combats « char contre char » retardèrent l'assaut allemand et à partir de ce moment l'avance ennemie ne fut significative que dans le Bois d'Aquenne où elle atteignit la route Cachy-Fouilloy.

A la tombée du jour la résistance alliée s'était durcie, mais la nouvelle ligne de front témoignait de la supériorité allemande en cette journée du 24 avril.
Temps 2 :
 
Contre attaque alliée : nuit du 24 et journée du 25 avril.

Cependant le général Foch, commandant les troupes alliées, a renforcé cette partie du front et donné l'ordre de reprendre VB. Le plan prévoyait de surprendre l'ennemi lors d'une attaque nocturne, sans tirs d'artillerie préalables, en encerclant la ville avec deux brigades australiennes et d'attaquer simultanément la cité avec 3 bataillons anglais. Au sud de VB, depuis le bois du Monument jusqu'au Bois de Hangard, trois autres bataillons de la 54ème brigade d'infanterie anglaise devaient avancer vers l'est et protéger le flanc droit australien.

Au sud de Villers-Bretonneux :
La 13ème brigade australienne du général Glasgow démarra son action à 22h00. Elle avança au sud du Bois d'Aquenne et au sud de VB, dans des conditions très difficiles, face à des Allemands très pugnaces. A 2h00, après une avance substantielle, elle consolida ses positions sur la route VB/ Hangard (HD). La voie ferrée en déblai, utilisée par les Allemands pour refluer vers l'est, est atteinte vers 12h00 après une attaque à partir du sud d'un bataillon anglais. La jonction entre les deux brigades australiennes consacrant la fin de la présence allemande dans Villers-Bretonneux sera effective dans la soirée et 600 prisonniers seront faits.

Au nord de Villers-Bretonneux :
La 15ème brigade australienne du général Elliott démarra son avance à 23h00 au nord de Villers-Bretonneux. Un bataillon australien et deux bataillons anglais arrivent difficilement à la grand-route d'Amiens à 9h00. Après des combats furieux les Allemands furent repoussés au sud de la route Villers-Bretonneux / Warfusée mais s'accrochent dans les rues de Villers-Bretonneux. La gare ne sera reprise qu'en fin d'après midi.

Au centre, l'assaut sur la ville ne donna aucun résultat entrainant des problèmes pour établir la jonction entre les deux attaques.

Temps 3 :
 
l'attaque française et la stabilisation du front : nuit du 25 et journée du 26 avril

La nuit du 24 au 25 avril a laissé une ligne de front décousue tenue entre le Bois du Monument et le Bois de Hangard par une 54ème brigade anglaise épuisée. La Division Marocaine, une des meilleure division de l'armée française, doit relever les Anglais dans la soirée du 25 avril et attaquer vers l'est, à l'aube du 26, pour dégager le sud de Villers-Bretonneux. Les délais sont trop courts, l'opération est préparée sous le sceau de l'improvisation, les Anglais et les Français ont beaucoup de peine à coopérer. L'assaut des 4 régiments français débute comme prévu le 26 avril à 6h00 sur la route Domart-Villers-Bretonneux et d'emblée c'est le drame. Le barrage d'artillerie fonctionne mal, les hommes sont cloués au sol par des feux croisés ennemis. La progression est dérisoire malgré des sacrifices énormes : 3000 blessés et tués sur les 10 000 engagés.

BILAN :

A l'issue des trois jours la ligne de front retrouve approximativement les positions du début de l'attaque. Les moyens ennemis n'étaient pas suffisants pour provoquer une percée plus importante. Villers-Bretonneux ne fut pas une grande bataille de la guerre, mais fut une bataille décisive en avril 1918. En effet, cette mêlée farouche qui dura trois jours mit un point final aux espoirs allemands de séparer les armées anglaise et française en prenant Amiens. Les pertes furent cependant lourdes : environ 10.600 Allemands et 12.000 Alliés.

Enseignements de la bataille :

Facteur moral et progrès technologique:
 
les Anglais sont pris de panique lorsque les chars allemands donnent l'assaut. Ce matériel encore peu répandu en 1918 facilite ainsi l'avancée de l'infanterie en désorganisant les lignes de défense qui ont peu de moyens pour s'y opposer.

Coordination interarmées et interarmes:
 
la relève du 25 avril soir entre la division française et les troupes britanniques échoue car la coopération / coordination n'a pas permis au commandement d'obtenir tous les renseignements sur l'ennemi et le terrain lors d'une relève trop rapide. De plus la préparation précipitée de l'attaque du 26 ne permet pas à l'artillerie d'appuyer la progression de l'infanterie.

Surprise :
 
l'attaque des 2 brigades australiennes est prévue de nuit et sans tir d'artillerie préalable afin de ne pas alerter l'ennemi et de bénéficier du plein effet de la surprise.

Attaque :
 
le plan du 25 avril prévoit 2 attaques principales en décalé par rapport à la ligne de défense allemande et seule une action de diversion va être menée frontalement afin de fixer le gros des troupes allemandes. Cet enveloppement va permettre d'isoler le village tandis que des combats de rue s'y déroulent toujours, de couper les lignes de communication et d'approvisionnement des Allemands permettant d'obtenir une victoire plus rapide.