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Tactique générale

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La chute du fort d’Eben-Emael : une opération secrète dans une manoeuvre de déception.

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Par le Chef de bataillon Pascal MAC

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Le 10 mai 1940, à 04h35 du matin, sans ultimatum ni déclaration de guerre, les troupes du 3ème Reich commencent à envahir le royaume de Belgique, près du village d’Eben-Emael. L'évènement met fin à la « drôle de guerre » commencée le 3 septembre 1939, quand la France et l'Angleterre ont déclaré timidement la guerre à l’Allemagne, suite à l'invasion de la Pologne. A cet instant, une nouvelle «Bataille de France» débute !

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Si pour la population belge la surprise est totale (1), pour le général Maurice Gamelin, généralissime des Forces armées françaises, on assistait ici à la répétition du plan allemand de 1914, mais en plus étendu, puisqu'englobant les Pays-Bas. Exactement comme il l'avait envisagé. Seulement, en ce matin de mai 1940, ni les Alliés, ni le général Gamelin ne savent qu'ils sont victimes de la plus grande « manoeuvre de déception » de ce début de seconde guerre mondiale.
 
En fait, une manoeuvre de déception consiste à prendre des « mesures visant à induire l'ennemi en erreur, grâce à des truquages, des déformations de la réalité, ou des falsifications, en vue de l'inciter à réagir d'une manière préjudiciable à ses propres intérêts (2) ».

Remise en cause du plan initial Allemand pour la bataille de France : une opportunité à saisir !

Tout débute le 10 janvier 1940. Ce jour-là, l'atterrissage forcé d'un avion de la Luftwaffe à Mechelen sur Meuse en Belgique, permet aux autorités belges de saisir des documents secrets dont était porteur un officier allemand. Ces documents révélèrent alors aux Alliés, que le grand état-major de la Wehrmacht (OKW) envisageait une attaque du front Ouest en préconisant une stratégie d'enveloppement des armées Alliées par le nord, c'est-à-dire par la Belgique : en quelque sorte une reprise du plan Schlieffen (3) de 1914. Or, la doctrine militaire française était précisément que l'on allait assister à la répétition du plan allemand de 1914. Cette saisie de documents confirma donc le principal mode d'action allemand envisagé par le général Gamelin et son état-major. Aussi, ces derniers décidèrent-ils d'engager les meilleures et les plus mobiles des divisions franco-britanniques en Belgique.

Une question vient immédiatement à l'esprit : pourquoi les Allemands, qui ne pouvaient plus compter sur l'effet de surprise, ont-ils malgré tout attaqué la Belgique, qui plus est dans la région de « l'imprenable fort d'Eben-Emael », alors même qu'ils se savaient attendus ?

Pour les Alliés, la réponse semble alors évidente !
ses axes routiers donnent accès au plateau Hesbignon, qui lui-même conduit au coeur de la Belgique et à Paris. Dès la fin du 19ème siècle, les penseurs militaires décrivaient déjà le territoire de la Belgique comme étant le chemin le plus facile pour se rendre de Berlin à Paris ; ceci, en raison de caractéristiques géographiques du terrain, favorables à une progression militaire. Conscient de cette réalité le gouvernement belge décida de faire construire des ceintures de forts autour des villes stratégiques de Namur et de Liège. Cependant, le compartiment de terrain entre Visé et la frontière néerlandaise baptisé le « trou de Visé » n'était pas bien défendu par les forts liégeois. Cela apparut comme une grave erreur, car lors de l'attaque allemande d'août 1914, l'aile droite de l'armée allemande entra en Belgique justement par le « trou de Visé », près du village d'Eben-Emael... Aussi, lorsqu'en 1926 une commission militaire examina la nécessité de moderniser les forts liégeois, celle-ci décida de faire construire, entre autres : un fort à proximité d'Eben-Emael pour éliminer ce point faible apparu en 1914.

Pour le haut commandement Allemand, la réalité était toute autre ! Avec le recul, la perte des plans secrets offrait l'opportunité de construire une manoeuvre de déception de grande ampleur, destinée à masquer l'axe d'effort de leur nouveau plan d'opération : le plan Manstein, baptisé « Fall gelb » (plan jaune).

Le « plan jaune » prenait le contre-pied de la théorie précédente. Il préconisait une attaque en force venue, non plus du nord, mais du centre. Il partait de l'hypothèse qu'il fallait surprendre les Alliés au point faible de leur dispositif. Dans ces conditions, le pivot de l'offensive ne pouvait se trouver qu'à travers le massif boisé des Ardennes, région défendue par des unités françaises de réservistes sous-équipés et lieu précis où l'on avait arrêté la construction de la ligne Maginot. Ainsi, dans le « plan jaune » le groupe d'armées B devait exécuter une « manoeuvre de déception » consistant à envahir la Belgique et les Pays-Bas, pour attirer les troupes alliées en Belgique. Tandis que le groupe d'armées A, constitué des blindés, devait percer sur la Meuse entre Sedan et Namur en franchissant les Ardennes, puis poursuivre sa marche vers la côte. Ce nouveau plan, par sa hardiesse même et sa logique tant tactique que stratégique, enthousiasma Hitler qui l'imposa à un OKW réticent.

Or, pour le groupe d'armées B la réussite de sa mission de déception passait par un succès à Eben-Emael ! En effet, une percée rapide en Belgique exigeait de neutraliser le fort d'Eben-Emael et de s'emparer des ponts du canal Albert, intacts. Toutefois, le dispositif défensif belge ne permettait pas d'atteindre ces objectifs par des méthodes orthodoxes. Aussi, les services de renseignements allemands cherchèrent-ils des failles dans les défenses d'Eben-Emael. Ils constatèrent que faute d'accord avec les Pays-Bas pour placer des observateurs belges à la frontière germano-néerlandaise, le couloir du Limbourg (4) constituait une sorte de rideau en avant du front belge. En d'autres termes, à Eben-Emael les troupes belges étaient aveugles, alors même que la destruction des ponts sur le canal Albert, par l'armée belge, dépendait de la connaissance que celle-ci aurait de la violation de la frontière néerlandaise par l'Allemagne. Mais c'est surtout la faiblesse antiaérienne du fort (5), observée par les services de renseignement allemands, qui allait être déterminante quant au choix de la tactique à adopter en vue de la neutralisation de l'ouvrage. En effet, l'une des faiblesses du fort était son toit, qui n'était pas assez défendue : « nulle mine, nul obstacle antiaérien, peu de barbelés, pas de protection directe des casemates contre des attaques d'infanterie. Cet espace servait de terrain de football aux soldats du fort, qui avaient même lancés une pétition pour empêcher qu'il soit miné. »

L'opération aéroportée : un plan secret au service de la manoeuvre de déception
(annexe 1).

Selon la propagande nazie, le plan d'attaque du Fort d'Eben-Emael par des commandos parachutistes, fut imaginé par Hitler lui-même.

Pour préparer cette opération aéroportée, les informations concernant le fort étaient principalement fournies par des photos aériennes et des cartes postales (6). De leur côté, les commandos parachutistes s'entraînèrent avec des planeurs et des explosifs contre des fortifications tchèques. Puis, ils s'entraînèrent sur une maquette du fort d'Eben-Emael et sur un terrain qui présentait des ressemblances avec celui du fort. Par ailleurs, l'instruction fut poussée : ces parachutistes devaient pouvoir manier toutes sortes d'armes étrangères, connaître les services publiques, pouvoir conduire un tram belge... Les pilotes des planeurs, dont plusieurs avaient remporté des championnats ou établi des records durant l'Entre-deux-guerres, durent également suivre une formation de pionnier. Pour conserver l'effet de surprise, il était primordial que le secret soit conservé. Aussi, ces soldats vécurent-ils pendant des mois comme des prisonniers : pas de courrier, pas de contact avec les autres unités, aucun insigne d'unité sur leur uniforme...Plus encore, le nom du fort resta secret pour les parachutistes eux-mêmes, jusqu'au moment de sa chute le 11 mai 1940.

L'opération aéroportée était planifiée de la façon suivante : aux 3 ponts du Canal Albert et sur le fort d'Eben-Emael, les commandos aéroportés seraient engagés à bord de planeurs. En effets, les ingénieurs allemands avaient transformé des planeurs destinés à l'observation météorologique en une version de transport lourd, le DFS 230. Ce dernier pouvait transporter une charge de 1150 Kg correspondant à 8 ou 9 parachutistes, armement et équipement compris. Une attaque par planeur offrait l'avantage de se dérouler par surprise (pas de bruits de moteurs d'avions de transport nécessaires à une attaque par des parachutistes, qui auraient déclenché l'alerte chez les défenseurs du fort avant le largage). En outre, les commandos parachutistes resteraient groupés grâce aux planeurs de telle manière que leur attaque pourrait immédiatement débuter. Les planeurs pouvaient également emporter groupé un matériel plus lourd (armement, explosifs, vivres....). Sous la direction du capitaine Walter Koch, 4 sections de planeurs furent ainsi constitués au sein du Sturmabteilung Koch : une section pour chacun des 3 ponts du Canal Albert et une section spécifique pour le fort d'Eben-Emael (annexe 2) : section Granit (le fort d'Eben-Emael) avec 11 planeurs et 86 pionniers parachutistes ; section Eisen (le pont de Kanne) avec 10 planeurs ; section Beton (le pont de Vroenhoven) avec 11planeurs ; section Stahl (le pont de Veldwezelt) avec 10 planeurs.

L'équipement des parachutistes allemands comprenait des mitrailleuses, des pistolets, des carabines, des pistolets-mitrailleurs, des lance-flammes, des grenades, des échelles pliantes, des fusées éclairantes, des drapeaux à croix gammée, une radio et surtout de nombreuses charges creuses, ces nouveaux types d'explosif dont les plus lourdes pesaient 50 kg. Pour maintenir la surprise, l'atterrissage des planeurs devait avoir lieu sans déclaration de guerre (à la Belgique et aux Pays-Bas neutres) et à l'aube avant le franchissement de la frontière Germano-néerlandaise par les troupes terrestres. Celui-ci avait été fixé au vendredi 10 mai 1940 à 4h30, heure belge (soit 5h30 à l'heure allemande). Le décollage des planeurs tirés par des avions de transport se ferait à partir de 2 champs d'aviation proches de Cologne : Ostheim et Bützweilerhof. Des projecteurs baliseraient de nuit la route aérienne entre Cologne à Aix-la-Chapelle. Sur ce trajet de +/- 72 km, les planeurs devaient être remorqués à une vitesse de 140 Km/H jusqu'à une altitude de 2 500 m en 32 minutes. A proximité d'Aix-la-Chapelle et de la frontière néerlandaise, les planeurs seraient détachés de leur avion tracteur, des « Junkers 52 » et devraient descendre dans le silence absolu pour se poser sur leur objectif. La distance restante entre Aix-la-Chapelle et les objectifs était de 30 Km environ et devait être parcourue en 12 à 15 minutes à une vitesse moyenne de 124 Km/h.

Les enseignements de « la manoeuvre de déception ».
Le 11 mai 1940, la Belgique stupéfaite apprend la terrible nouvelle : les Allemands consolident leurs têtes de pont sur le canal Albert, après avoir réduit au silence les canons de l'« inexpugnable » fort d'Eben-Emael. En tombant aux mains du groupe d'armées B, les ponts qui enjambent le canal Albert ont ouvert les portes de la Belgique à la Wehrmacht. Surtout, la « manoeuvre de déception » se trouvait bien engagée, et comme convenue fixait toute l'attention des Alliés.

A partir du 12 mai 1940, le général Gamelin et son état-major prennent conscience que l'attaque principale est dirigée sur Sedan, et qu'ils sont victimes d'une manoeuvre de déception en Belgique. Pour autant, le généralissime ne fait pas immédiatement réviser le plan de manoeuvre Alliés (7). A cet instant le général Gamelin « semble encore persuadé » (en s'appuyant sur les critères des règles d'engagement de la première guerre mondiale) qu'il faudra plusieurs jours au groupe d'armées A allemands, pour concentrer les moyens indispensables afin de déboucher de la troué de la Meuse. Ce dernier point met en lumière un paramètre indispensable à la réussite d'une manoeuvre de déception. Le paramètre psychologique ! Celle de l'adversaire, qui doit être bien connue afin d'anticiper et d'utiliser ses réactions. Or en ce mois de mai 1940, l'OKW est convaincu que le général Gamelin restera suffisamment longtemps indécis et accroché à la manoeuvre qu'il avait mis au point, pour que le « plan jaune » réussisse. Sans doute l'OKW était-il informé que le personnel de l'état-major français avait attribué au généralissime un surnom qui caractérisait bien son caractère : « celui de Baudelaire (8) ». Se référant ainsi au vers du poète : « Je hais le mouvement qui déplace les lignes (9) ».

Au-delà du rappel historique, la manoeuvre de déception du « plan jaune » peut-elle être une source d'enseignements pour une manoeuvre de déception contemporaine ? En 1940 le contexte convenait à ce type de manoeuvres : théâtre européen, connaissances doctrinales mutuelles entre protagonistes, capacité de se dissimuler aux vues adverses et à préserver le secret, effectifs et matériels disponibles en grand nombre. Aujourd'hui, une manoeuvre de déception ne pourrait sans doute pas avoir la même ampleur tactique que celle du « plan jaune ». Sa finalité pourrait se limiter à accompagner l'action des forces armées d'interposition ou d'intervention, autrement de faciliter un désengagement des troupes. Par ailleurs, elle se déroulerait dans le cadre distinctif des opérations extérieures : éloignement du territoire national, découverte d'autres cultures, précarité de l'information, multiplicité des vecteurs de communication, effectifs et matériels contraints. C'est sans doute en raison de cette difficulté de mise en oeuvre que les armées contemporaines lui préfèrent les « Opérations Militaires d'Influences », qui « regroupent l'ensemble des activités dont l'objet est d'obtenir un effet sur les comportements d'individus, de groupes ou d'organisations afin de contribuer à l'atteinte d'objectifs politiques et militaires (10) », et qui peuvent être mises en oeuvre à plus petite échelle. Pourtant, la conception et la mise en oeuvre de manoeuvres de déception nécessitent des compétences et savoir-faire qu'il serait utile d'entretenir au sein des armées. En effet, les conflits à venir pourraient à nouveau nécessiter le recours à la déception.
 
1 Son gouvernement négociait encore de la neutralité du royaume, à l'heure même de l'attaque allemande.
2 Définition OTAN.
3  http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Schlieffen/143530
4 Profond de 7 à 30 Km.
5 La neutralité de la Belgique imposait que le territoire allemand ne soit pas à portée de canons.
6 Voir annexe 3.
7 La manoeuvre du généralissime consistait à avancer en Belgique jusqu'à la « ligne Dyle Breda » pour à la fois raccourcir la ligne de front et rallier les troupes belges et hollandaises.
8 « Visas pour la vie » d'Éric le BRETON au éditions le cherche midi.
9 « La beauté / les fleurs du mal » de Charles BAUDELAIRE.
10 Centre Interarmées de Concepts, de Doctrines et d'Expérimentations, DIA 3-10-1, « Les opérations militaires d'influences », 2008.
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ANNEXE 1

Front d’Eben-Emael, au matin du 10 mai 1940

Dispositif défensif belge :
En 1939, le plan de défense belge est de détruire les ponts du canal Albert et de tenir 3 à 4 jours (délais théoriquement possible, si les Allemands sont freinés dans leur progression en territoire hollandais par la destruction des ponts de la Meuse et du canal Juliana), jusqu'à l'arrivée des garants britanniques et français. Cette intervention extérieure ne serait demandée qu'après avoir constaté l'agression allemande. Cependant, en cas de débordement de ses défenses l'armée belge se replierait, sur une ligne entre Anvers et Louvain.
Défense du canal Albert : La défense du canal Albert à hauteur d'Eben-Emael est confiée à la 7ème division d'infanterie de première réserve, commandée par le général E. Van Trooyen. Forte de 16.600 hommes, elle se déploie sur un front de 19km comme suit : au Nord, le 2ème Carabiniers (ponts de Veldwezelt, Briegden et Gellik) ; au centre, le 18ème de Ligne (pont de Vroenhoven); au Sud, le 2ème Grenadiers (Kanne, Ternaaien et Klein-Ternaaien) et le fort d'Eben-Emael. Malgré la protection de la Meuse et du canal Albert, ce front reste trois fois supérieur à la ligne de front que pourrait normalement tenir une telle division (norme d'engagement de la fin des années 1930) !

Défense des ponts : La 7ème D.I. n'est pas responsable de la destruction des ponts. Des unités spéciales en sont chargées depuis 1934. Elles sont sous la responsabilité du major Jottrand, commandant du fort d'Eben-Emael, et du commandant Giddelo des Cyclistes- Frontière ; l'ordre de destruction pouvant être donné à différents niveaux. Les ponts, minés en permanence, sont munis de systèmes pyrotechniques parfois doublés par des circuits électriques de déclenchement. Chacun est gardé par un bunker avec une arme antichar, deux mitrailleuses et un projecteur, gardé par un sergent, deux caporaux et neuf soldats. Ces bunkers sont au nombre de 22.

A la veille de l'attaque, les terres longeant le canal Albert sont couvertes de céréales qui gênent la visibilité. Le camouflage est imparfait et certains ouvrages sont inachevés ou en ruines. Les lignes téléphoniques, non enterrées, sont dans un état lamentable. La préparation au combat de la 7ème D.I. n'est pas idéale non plus : après une longue mobilisation, le moral est bas et l'indiscipline courante. Environ 80% des cadres sont constitués de réservistes insuffisamment instruits. Beaucoup sont francophones, alors que la troupe, recrutée dans le Brabant, est en majorité d'expression flamande. Par souci d'économie nationale (coût de la longue mobilisation et besoins de main d'oeuvre, entre autres raisons), l'effectif a été réduit de 16%.

Déclenchement de l'alerte : Le 9 mai 1940, vers 19h00 l'attaché militaire belge à Berlin, est averti que la Wehrmacht doit déclencher son offensive à l'Ouest le lendemain. Un contre-ordre pourrait toutefois être donné, mais au plus tard à 21h00. A 22h30, il envoie un message à Bruxelles : « aucun contrordre n'a été lancé ». A 23h30 le général Michiels, chef d'état-major général de l'Armée belge, déclenche l'alerte générale.

A Eben-Emael, ou l'ordre d'alerte est reçu à 00h30, le personnel de la coupole de 75 Nord, qui est d'astreinte, signale à 0h55 : « coupole prête pour le tir d'alerte ». Réponse du PC : « attendre ». Pourquoi ??? C'est finalement la coupole de 75 Sud qui tirera la salve d'alerte à partir de 03h25, soit avec près de 3 heures de retard. C'est alors seulement que les soldats, encore au lit dans les villages environnants, seront avertis par l'alerte de rejoindre leurs postes de combats.
Mentionnons un fait qui aurait pu coûter cher aux Allemands : à 00h15, le lieutenant général Duvivier, propose au général Michiels de faire patrouiller les avions de chasse belges au-dessus du canal Albert à partir de l'aube11. Celui-ci refuse... les planeurs allemands l'on peut-être échappé belle.

11 Mi-mai le soleil se lève à 06h15.

ANNEXE 2

Répartition des missions entre les groupes de commandos parachutistes allemands.

Les ponts de Veldwezelt et de Vroenhoven furent pris intacts respectivement par les parachutistes des groupes Stahl et Beton. Quant au pont de Kanne, ce dernier a sauté à temps sur ordre du Commandant du fort d'Eben-Emael. Là, les parachutistes du groupe Eisen ont échoué et subi de lourdes pertes contre les Grenadiers belges qui y avaient installé leurs positions et leurs tranchées.
 
Des 11 planeurs destinés à l'attaque du fort, seulement 9 y sont initialement arrivés. Le planeur du chef du groupe « Granit » a dû atterrir juste après Cologne à la suite d'une rupture du câble de remorquage lors d'une violente manoeuvre effectuée pour éviter une collision en vol. Malgré cela, le lieutenant Witzig a pu obtenir un nouveau Junker 52 et un train de roues pour son planeur qui a pu décoller à nouveau et atterrir vers 6h30 sur le fort d'Eben-Emael.

ANNEXE 3

Notes sur la fortification d’Eben-Emael (source allemande OKH 1940)

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