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Tactique générale

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La contre-reconnaissance

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Par le Colonel Michel YAKOVLEFF

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Définitions: - contre-reconnaissance (mener une) Mission qui consiste à détruire ou au minimum à neutraliser les éléments de reconnaissance adverses infiltrés ou en cours d'infiltration dans une zone donnée. - Contre-renseignement Actions comprenant: 1- la neutralisation ou destruction des moyens de renseignement adverses; 2- les actions de déception dont : a- la simulation, procédé qui inclut l'emploi des leurres matériels et physiques ainsi que la déception électronique ; b- la dissimulation.

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a contre-reconnaissance entre progressivement en doctrine française. Il n’est que temps. Depuis très longtemps, elle fait l'objet d'une attention toute particulière de la part des Américains, qui l'intègrent dans le concept plus général de «operational security», en abrégé OPSEC, et que l'on pourrait rapprocher de notre «sauvegarde».

 

Pour récente qu’elle soit, sa définition en doctrine française est curieusement univoque, puisqu’elle n’envisage que la mission de destruction mais fait totalement abstraction de procédés qui dégradent le renseignement à défaut de détruire le capteur.


Une définition plus complète pourrait être: «contre-reconnaître: dans une zone donnée, prendre l'ensemble des mesures actives (recherche et destruction) et passives (redéploiements et mesures de sauvegarde) nécessaires pour, au mieux neutraliser la collecte et la transmission du renseignement par l'ennemi sur la zone, au minimum en dégrader l'efficacité».

En ce sens, la contre-reconnaissance est à la fois une mission – confiée à une unité autant que possible articulée à cet effet – et une attitude, que toutes les unités doivent adopter en permanence, attitude contribuant directement à leur sauvegarde.

 

 

 

C’est pourquoi le présent article traitera des deux cas:

-       la contre-reconnaissance en tant que mission (un développement de sa définition officielle);

-       la contre-reconnaissance en tant que composante de la sauvegarde – une attitude, que la définition officielle néglige entièrement.

 

La contre-reconnaissance en tant que mission

 

Les procédés de contre-reconnaissance active s'inspirent largement de ceux du contrôle de zone, mais en diffèrent fondamentalement par l'objectif: destruction de moyens ennemis spécifiques, et non préservation de sa propre liberté d'action dans la zone. C’est sans doute cette confusion entre le contrôle de zone et la contre-reconnaissance qui justifie le désintérêt durable de la doctrine française. Parce que les procédés étaient similaires, on a considéré que la mission était identique.

 

Principes

 

§  La contre-reconnaissance s'apparente au contrôle de zone dans l'articulation des forces.

En pratique, il s'agit de mettre sur pied un système de renseignement et un système d'intervention.

Le premier tend un réseau combinant dispositif fixe et patrouilles mobiles, effectuant des fouilles dans les zones les plus propices à l'infiltration, à l'observation (physique ou électronique), au repos ou à la remise en condition des unités adverses, ou à la retransmission du renseignement.

L'élément d'intervention, calibré en fonction de la menace escomptée, agissant sur renseignement, «accroche» et détruit les moyens repérés.

C’est la nature de la cible qui fait toute la différence entre le contrôle de zone et la contre-reconnaissance. Dans le premier cas, l’adversaire qui se dévoile est un intrus cherchant à opérer dans notre zone ou à en contester l’utilisation. Il relève, généralement, des forces de manœuvre adverses. En revanche, dans le deuxième cas, la cible est beaucoup plus diffuse, discrète, tenace et surtout, plus professionnelle: dans toutes les organisations militaires ou paramilitaires, le renseignement utilise une élite.

Le degré de vigilance d’une troupe engagée dans une mission de contrôle de zone est donc moins parlant que dans le cas d’une contre-reconnaissance, tout simplement parce que la menace n’agit pas sous le même impératif de discrétion et de fugacité. C’est la raison pour laquelle une même unité qui confondrait les deux missions jouerait pleinement le jeu de la reconnaissance adverse, puisqu’on ne voit que ce que l’on s’acharne à voir, dans ce cas précis.

 

En revanche, les unités de reconnaissance ont une faiblesse intrinsèque: leur isolement. Presque par définition, elles agissent seules et ne se prêtent pas main-forte. Dans la mesure où la fuite est la seule défense de l’unité de reconnaissance, la mobilité est la première des qualités nécessaires au chasseur. Il n’est donc pas besoin de sur-calibrer l’unité dédiée à leur destruction.


§  La contre-reconnaissance est une mission spécifique.

Rappelons d’emblée qu’une unité ne peut exécuter simultanément une mission de contre-reconnaissance et une autre mission, y compris de remise en condition. La contre-reconnaissance consomme des moyens, les disperse, les maintient en alerte.

 

Au même titre que toute autre mission, elle suppose une préparation et une remise en condition. Il n'est pas exclu, surtout pour les actions de longue durée, de devoir «faire tourner» l'unité dédiée à la contre-reconnaissance.

 


Définition de l'unité adaptée à la contre-reconnaissance


 


·         Niveau de l'unité

L’unité idoine est un sous-groupement tactique par groupement (escadron au sein d'un régiment). Par exemple, le GTIA à base de chars étant engagé en reconnaissance offensive, peut attribuer un escadron de 2° échelon à la mission de contre-reconnaissance, dans le sillage du 1° échelon qui reconnaît au sens propre du terme. En défensive ou en stationnement, un escadron placé sur les arrières effectue la contre-reconnaissance au profit de l'ensemble.

 


·         Moyens de surveillance et d'investigation

Le sous-groupement tactique en question doit disposer impérativement de moyens d'investigation, à pied et sur véhicules. Cette mission nécessite l’équivalent d’un peloton d’éclairage ou d’investigation (PEI) assorti d’une section d’infanterie motorisée, capable de mener des fouilles détaillées.

 

L'apport de radars (type RASIT ou RATAC), dans la mesure où le régime d'emploi des moyens rayonnants l'autorise, peut être décisif. Il limite la facture en patrouilles et permet une détection discrète, favorisant la capture.

La guerre électronique (détection-localisation) agissant au sein de notre propre dispositif peut contribuer à la découverte des moyens de reconnaissance ennemis, dès lors qu'ils émettent. Il pourrait même être envisagé de brouiller les transmissions suspectes (avec les réserves qui s’imposent concernant le régime d'emploi: cette action n’a rien d’anodin).

Pour accélérer les éventuelles interventions, il paraît utile de placer ces moyens techniques en «boucle courte» avec le poste de commandement (PC TAC ou directement sous-groupement), c'est-à-dire, de les rattacher directement à l'unité intervenante, en raison de la fugacité de la majorité de leurs objectifs.

 

Pour limiter la liberté d'action de la reconnaissance adverse, il peut être utile de miner ou dégrader les accès (angles morts) ou les sites privilégiés, à l’aide de pièges pyrotechniques éclairants (ils restent autorisés par la Convention d’Ottawa). Bientôt nos unités disposeront de capteurs abandonnés, qui rendront le renseignement plus précis, sans risque, et qui agiront sans être décelés, ce qui n’est pas le moindre de leurs avantages. Ceci aura l'avantage de préserver nos moyens, mais aussi, en limitant éventuellement le nombre de patrouilles, de rendre plus difficile l'analyse de notre dispositif par l’adversaire.

 

Les moyens lourds (chars) sont plus utilement réservés à la surveillance statique, celle essentiellement destinée à interdire à l'ennemi les axes d'approche les plus simples et évidents. Pour l'ennemi, la simple contrainte d'une manœuvre fine d'infiltration dégrade sensiblement sa capacité de collecte. A noter qu'à cet égard, les moyens d'observation de nuit et les optroniques thermiques devraient s'avérer redoutablement efficaces, le char posté depuis longtemps (donc, froid) étant largement à son avantage face à des véhicules ou du personnel en infiltration. De plus, l'imagerie thermique favorise la discrimination.

 

L’emploi d’hélicoptères est presque toujours inadapté à la contre-reconnaissance, essentiellement parce que l’appareil est repéré (au bruit) de bien plus loin qu’il ne peut lui-même déceler un objectif aussi fugace qu’une équipe à pied ou un véhicule isolé. L’immobilité reste une parade extrêmement efficace à l’observation aérienne. En revanche l’hélicoptère peut intervenir sur une cible déjà localisée et identifiée, par exemple en contribuant à une réduction de résistance isolée (appui feu, bouclage, hélitransport d’une unité de combat).

 

·         Moyens d'intervention

En mouvement, le combat type sera le combat de rencontre, opposant nos moyens à des unités légères, faiblement armées. Le canon, quelle que soit sa plate-forme, reste l'arme idéale. Le futur canon de 45mm à tir rapide du remplaçant de l’AMX10RC devrait être l’outil le mieux conçu pour une rencontre aussi fugace. Il présentera de surcroît l’avantage de limiter les effets collatéraux, ce qui en facilitera l’emploi – le déclenchement immédiat du feu étant moins contraint.

 

Il y aura aussi le cas de la fouille, qui, en termes de mode d’action, s’apparente tactiquement à la réduction de résistance isolée.

 


Un mode d'intervention immédiat, répondant à une alerte électronique par exemple, est le tir indirect, par l’artillerie (canons ou mortiers lourds). Pratiquées au sein ou au voisinage immédiat du dispositif ami, ces interventions posent un problème majeur qui est le tir fratricide. Cependant leur apport peut être déterminant, essentiellement pour des raisons de délais d'interventions: une émission suspecte, «traitée» séance tenante, peut donner le temps à un élément d'intervention de se rendre sur place (et incidemment, peut contribuer à la réduction de cet ennemi). Ne pas oublier à cet égard l'apport des tirs éclairants.

 


·         Organisation du sous-groupement de contre-reconnaissance

Aujourd’hui, l'unité élémentaire organiquement la mieux adaptée à la contre-reconnaissance est l'escadron AMX 10 RC, qui dispose en propre de moyens d'investigation, et dont la fluidité est comparable à celle des éléments qu'il cherche à intercepter. Cependant, la contre-reconnaissance est une nécessité pour toute unité susceptible de se trouver dans le réseau de renseignement adverse: ce n'est donc pas parce que le régiment de chars n'est pas à cet égard «l'outil idéal» qu'il peut se dispenser de cette action.

 

Compte tenu des renforts décrits ci-dessus, l'organisation proposée pour la contre-reconnaissance est la suivante:

- un PC TAC régimentaire, prenant en compte la mission, sur une zone clairement délimitée, et responsable de tous mouvements et activités (logistiques en particulier) dans cette zone[1];

- un sous-groupement (niveau unité élémentaire), doté à la fois de moyens fixes (pelotons blindés dans le cas qui nous concerne) et mobiles [peloton(s) d'investigation et porté(s)], responsable de la surveillance de la zone et des fouilles;

- des moyens de tir indirect, soit par liaison (DL artillerie), soit par affectation (section d’artillerie rattachée);

- idéalement, des moyens de détection électroniques: radar pour les mouvements, radiogoniométrie pour les émissions, rattachés directement au sous-groupement ou, au minimum, en liaison directe avec lui (soit en veillant le même réseau, soit par un détachement de liaison).

 

Si un sous-groupement peut en soi gérer seul cette mission, il reste qu'une intervention, notamment avec emploi de feux indirects, avec cette contrainte particulière de s'effectuer en zone amie, est plus sûrement commandée par un PC TAC.

 

La contre-reconnaissance en tant que composante de la sauvegarde

 

Comme il a été dit plus haut, la contre-reconnaissance ne peut s’envisager sans une attitude adoptée par toutes les unités, quelle que soit leur mission du moment, attitude dont l’objet est de compliquer la tâche de l’adversaire. Nous allons donc évoquer la palette des actes que peut pratiquer une unité, soit pour accroître les risques pesant sur la reconnaissance adverse, soit pour rendre caduc le renseignement obtenu à grande peine.

 

Compliquer la collecte du renseignement

 


·         Camoufler le véhicule: casser l’image

Il est généralement présomptueux de croire qu’une unité un tant soit peu conséquente pourra «disparaître de l’écran radar» rien qu’en accumulant les branchages sur la plage avant des chars. Néanmoins, les mesures de camouflage les plus basiques compliquent sérieusement la tâche d’unités légères, en mouvement, qui peuvent rarement s’offrir le luxe d’un examen prolongé à partir d’observatoires idéaux (justement rendus infréquentables par une contre-reconnaissance active).

Le seul fait de garer un véhicule contre un mur neutralise 180° du panorama – c’est-à-dire, statistiquement, la moitié des observatoires théoriquement disponibles. Casser la forme du côté visible rend le véhicule méconnaissable à la plupart des observateurs, et en toute hypothèse, exclut le cas d’une identification fugitive, «en passant». En ville, le simple fait de poser un panneau publicitaire ou un vieux réfrigérateur contre le flanc exposé d’un véhicule réduit de façon significative sa reconnaissance fortuite.

Il en est de même pour l’observation aérienne: un engin de combat dispose d’assez de surfaces supérieures et de points d’accrochage pour le rendre méconnaissable en employant judicieusement les nombreux débris ménagers présents dans une zone de combat urbain.

 


·         Camoufler l’unité: dissocier l’information

Pour camoufler une unité en stationnement, outre le camouflage de ses engins, il faut penser à ses traces et à ses activités (mouvements logistiques notamment).

A cet égard, pour éviter toute pénétration accidentelle, on peut organiser l’accès à la zone de stationnement en caponnière, qui contraint à faire une manœuvre pour rentrer dans le dispositif. Cela donne du temps au dispositif de garde pour intercepter l’intrus, sans forcément dévoiler sa vraie nature. Par exemple, une simple chicane de contrôle est armée par du personnel n’appartenant pas à l’unité dont on veut masquer la présence.

A titre d’illustration: comment utiliser un rond-point dans une zone industrielle où stationnent plusieurs unités. Une unité, toujours la même, assure le filtrage pour tout le rond-point. L’unité qu’on veut dissimuler en priorité n’est accessible qu’à travers une autre, et sa bretelle de sortie du rond-point est la moins susceptible d’être prise «par erreur».

 

Néanmoins, la mesure la plus efficace joue d’une forme de cassure du renseignement: qu’une observation donnée ne livre pas toute l’information désirée. Ainsi, un stationnement d’unité peut dissocier les deux accès (entrée et sortie) en les plaçant dans deux compartiments de terrain différents. Le cas idéal, en ville, est le stationnement d’une unité dans un garage en sous-sol, utilisant l’entrée à partir d’une rue et la sortie dans une autre, de l’autre côté du pâté de maison par exemple. L’observation de l’entrée seule livre peu d’indications sur ce qui se passe à l’intérieur.

Ce cas de figure est d’autant plus utile quand notre unité est en interposition entre deux factions. Il est à prévoir que chacune fait le ménage chez elle (une forme de contre-reconnaissance à notre profit) et surveille notre unité. On peut donc présumer qu’aucune faction ne dispose de la totalité du renseignement sur nous: une a les entrées, l’autre a les sorties. La durée de séjour d’un camion-citerne, par exemple, leur échappe, de même que le différentiel de chargement pour un bac souple, rempli d’eau, porté sur un plateau.

Si l’on veut doubler la distribution de carburant (en soi un renseignement significatif), le deuxième camion devrait rentrer par «l’autre porte». Ainsi, pour le camp A, il y a une livraison routinière. Pour l’autre (B), il y a une livraison exceptionnelle. A ne saura donc pas que l’unité observée a doublé son approvisionnement du jour. Il n’est pas exclu non plus que B n’émettra aucune hypothèse sur la signification réelle d’une livraison exceptionnelle. En l’occurrence, le renseignement à dénier à l’observateur n’est pas la livraison de carburant, en soi, mais le fait que, ce jour-là, elle est doublée.


 



[1] En particulier la discrimination AMI-ENI impose de connaître tous les mouvements, sans quoi des interventions inutiles seraient déclenchées.

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Un élément de reconnaissance profonde agit en véhicule, souvent de la gamme civile, et est donc difficile à discriminer. Une unité qui veut s'assurer de n'être pas suivie pratique donc l'embuscade d'arrière-garde. Celle-ci est montée rapidement par un élément en tête de la colonne, qui fait demi-tour avant un point de différentiation et jette un dispositif de filtrage. Le reste de l'unité passe au travers. Le dispositif d'arrêt intercepte les suiveurs.

Le contexte général peut donner des formes très différenciées à cet arrêt. Le cas le plus «classique» est le combat, tout simplement (un coup d'arrêt). Néanmoins, ce procédé reste exploitable dans des conditions de «non-guerre», où l'option du feu est interdite. A défaut d'un obstacle de destruction, on monte un retardateur, à l'aide d'un obstacle «ouvert» (blocage apparent) ou fictif (fausse panne...). Ayant gagné une demi-heure au profit de l'unité à masquer, l'arrière-garde repart. Elle peut même compliquer la reprise de contact en prenant un autre itinéraire que celui emprunté par le gros, emmenant à sa suite le poursuivant éventuel.

Pour revenir sur le «bon» itinéraire, alors qu'elle s'en est écartée au départ, elle devra marquer un nouveau changement de direction. Une nouvelle embuscade peut accrocher le poursuivant, rendu suspect par sa précipitation et son changement de cap trop visiblement calqué sur l'arrière-garde.

·         Repérer les mobiles: l'arrêt soudain

 

Prenons une unité qui vient de se poser. Ses suiveurs éventuels sont encore en mouvement et chercheront à prendre un dispositif de surveillance calqué sur leur objectif. La manière dont l'unité s'arrête peut contribuer à dévoiler les intrus.

Dans le dernier bond, chaque sous-unité tend une embuscade d'arrière-garde. Surtout, à une heure fixée, avant même que les derniers mouvements soient achevés, toute l'unité s'arrête et coupe les moteurs. Dans l'arrêt de tous les mobiles et le silence soudain, un bruit de moteur ou un mouvement repéré par radar sera a priori suspect. Ce procédé nécessite une discipline parfaite, mais peut s'avérer efficace aux petits échelons (peloton ou escadron).

·         Repérer les mobiles: le procédé de la chèvre

Autre procédé pour repérer les intrus: utiliser les opérations de logistique, les mouvements d'autorités ou les déplacements de sous-unités comme chèvres. Il suffit que les mobiles transitent à travers des embuscades montées par les éléments sédentaires pour favoriser le contact avec les suiveurs indésirables.

 

·         Rendre caduc le renseignement: le changement de dispositif

Une unité en stationnement prolongé doit varianter son dispositif, par exemple en détachant des sous-unités qui prennent des positions temporaires, permettant de surveiller l'extérieur du périmètre. Ces sorties génèrent souvent de l'inquiétude chez l'observateur adverse, qui n'en comprend pas aisément la logique. De surcroît, s'il prépare une attaque, il doit adapter son plan en conséquence. Le nouveau dispositif peut faire peser une menace directe sur l'approche envisagée, ou priver l'assaillant d'une partie de son objectif. En tout état de cause, le renseignement d'objectif - celui nécessaire à l'attaque - est caduc ou sérieusement dégradé.

Ces mouvements ne mèneront pas forcément à la capture des intrus, mais ils induiront un doute permanent sur le degré de validité du renseignement transmis à un moment donné. On peut dire que ces actions ont pour objet de «faisander le renseignement».

 

D'une façon générale, tous ces procédés de sauvegarde dégradent fortement le renseignement, même sans mener à des interceptions avérées. Un observateur averti, conscient de la vigilance de sa cible, sera beaucoup plus circonspect, et donc, moins efficace. Son rendement sera altéré. Reporté au niveau de son supérieur, c'est toute la manœuvre qui sera plus prudente, à cause de la crédibilité plus diffuse de l'information glanée. L'adversaire soumis à l'observation, s'il masque des éléments critiques, s'il modifie son image de façon aléatoire, s'il rend plus dangereuse chaque action d'observation, induira le doute dans l'esprit de l'adversaire.

 

La meilleure contre-reconnaissance, c'est le doute plutôt que l'absence de renseignement.

 

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