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Engagement opérationnel

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La logistique en zone urbaine : pour un retour des flux poussés

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Par le CDT SOULAT

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L’armée française a su prendre conscience de l’importance des combats en zone urbaine (ZURB) et a ainsi établi une doctrine d’emploi tirant les enseignements des troupes russes et américaines à Grozny ou à Falloujah. Cependant, la logistique ne semble pas avoir pris toute la mesure de ce nouvel environnement, en particulier pour la gestion des flux. En effet, les différents documents doctrinaux admettent la vulnérabilité de la logistique mais ne remettent pas en cause le principe de flux tirés largement admis et adopté. Or la phase d’intervention en ZURB nécessite un retour indispensable à une gestion en flux poussés afin d’anticiper des consommations hors normes.

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Certes une rationalisation était nécessaire. La gestion en flux poussés (l'échelon surieur approvisionne ses subordons a priori sans attendre leurs commandes) pouvait aboutir à une constitution de stocks surdimensions et couteux. Lors de la professionnalisation des Armées, le soutien de l'homme, toujours en flux poussés, avait constitué des stocks importants de treillis qui se sont avérés inutiles. Notre armée, dans un souci d'optimisation, a su s'adapter à une logique économique. La logistique militaire s'est donc convertie, à raison, comme le monde civil, au principe de flux tirés qui vise à optimiser l'emploi des moyens et des ressources. En outre, l'objectif de minimiser la constitution de stocks permet depondre au juste besoin des unis en répondant à leurs commandes.

 

Toutefois, cette gestion des flux ne peut compenser, sans anticipation, des consommations qui ne correspondent pas aux normes habituelles. En effet, l'engagement en ZURB, notamment pendant la phase d'intervention, est générateur de fortes consommations. Le problème des munitions est particulièrement révélateur avec un besoin multiplié par trois pour le petit calibre et par cinq pour les artifices et grenades. Des flux tirés ne peuvent garantir une cessaire réactivité : la logistique doit anticiper. Les américains ont su tirer les enseignements de la bataille de Grozny en créant, pour la deuxième bataille de Falloujah, des « montagnes de fer ». Cette cation de stocks avancés, qui permettent de répondre sans délai aux besoins des unis, ne constitue rien d'autre qu'un retour des flux pouss. La logistique française a déjà su remettre en cause, au moins en partie, le principe de l'allégement de l'avant1 avec la médicalisation de l'avant. Elle doit maintenant assumer les orientations prises dans le document de doctrine FT-022. En effet, celui-ci précise que la zone urbaine incite à centraliser les responsabilis et l'exécution du soutien aux plus bas échelons. Aussi, il importe de fournir une large autonomie initiale aux unités tout en préservant leur liberté d'action. Il est donc impératif de trouver le juste équilibre entre cette autonomie et des flux poussés au plus près, pour assurer un soutien réactif qui permette une indispensable réversibili.

 

Dans les années à venir, des outils tels que la numérisation de l'espace de bataille (NEB) ou SILCENT3  devraient permettre d'optimiser la  gestion  des  flux  et  d'aboutir à  une  nouvelle doctrine. La NEB pourrait permettre à la logistique de disposer d'une vue instantanée de la situation tactique et donc de proposer l'adaptation de son dispositif sans avoir à attendre les demandes des unis au contact. De plus, un accès direct aux données logistiques de ces unis, qui serait transparent pour le chef interarmes (sauf cas exceptionnel), permettrait d'anticiper leurs besoins en fonction de leurs consommations et de leur mission et donc de leur proposer le flux cessaire. Les flux pourraient alors ne plus être simplement poussés selon une planification rigide mais « puls » selon le juste besoin.

 

1 La logistique s'appuie sur neuf principes : unicité de l'organisation, unité d'action, cohérence de l'économie générale des forces, modularité, flexibilité, interopérabilité, anticipation, allègement de l'avant, unicité et centralisation de la ressource.

2 Tactique générale.

3 Système d'information logistique centralisé.


La logistique  doit  être  capable  de  remettre  en  cause  sa  politique  de  gestion  des  flux  pour maintenir sa réactivité. La phase  d'intervention en ZURB est fortement consommatrice sur le plan  logistique et pour  parer  à toute éventualité, seule  une  gestion en  flux  poussés, impliquant  la   création   de   stocks   avancés,  peut    garantir   un   soutien   logistique opérationnel.

 

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