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Sciences et technologies

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La lutte asymétrique contre les tirs indirects : de la contre-batterie à la C-IDF

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Par le Chef d’escadron Serge CAPLAIN

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Face au combattant asymétrique, la conquête de la supériorité des feux, se rapprochant de la vision britannique, doit dépasser la simple contre-batterie et s’inclure dans une véritable stratégie de lutte contre les tirs indirects (C-IDF) interarmes, voire interarmées.

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Parmi les raisons qui expliquent la défaite du corps expéditionnaire français à Dien-Bien-Phu en 1954, l’impossibilité pour notre artillerie de réaliser une contre-batterie efficace est souvent évoquée. En effet, aujourd’hui encore, quand on évoque la contre-batterie, c’est généralement l’image d’un duel d’artillerie qui vient à l’esprit. La conquête de la supériorité des feux est réduite alors à une sorte de match de tennis, où les deux adversaires se renvoient tour à tour des projectiles jusqu’à épuisement de l’un des deux. Elle n’est souvent envisagée que par la destruction ou la neutralisation des moyens feux adverses, dans une déclinaison toute particulière de la pensée de Descartes: «Cogito ergo boum».

En phase de stabilisation, devant un ennemi asymétrique, la réalité tactique du combat moderne est toute autre. L’ennemi n’a souvent pour artillerie que quelques mortiers et lance-roquettes, souvent rudimentaires ou de fabrication artisanale, qu’il utilise pour harceler nos forces et lui causer des pertes inacceptables pour nos opinions publiques. Les «artilleurs» ennemis se révèlent épars et peu précis mais insaisissables et pugnaces, utilisant à leur avantage le combat dans les espaces lacunaires. Leur destruction par le seul feu est difficile et peut donner l’impression d’utiliser un marteau pilon pour écraser une mouche.

 

Ainsi, face au combattant asymétrique, la logique de conquête de la supériorité des feux, se rapprochant de la vision britannique, doit dépasser la simple contre-batterie et s’inclure dans une véritable stratégie de lutte contre les tirs indirects (C-IDF[1]) interarmes, voire interarmées. Devant une menace permanente, diffuse et insupportable, tous les moyens de l’état-major doivent travailler en coordination.

 

En effet, si l’artillerie garde toute sa pertinence dans les conflits asymétriques, une C-IDF efficace doit revêtir d’autres formes de lutte et faire intervenir des acteurs nouveaux, notamment du niveau opératif. D’autre part, la coordination entre tous ces acteurs très différents doit impérativement être réalisée au sein de la cellule 3D, la plus à même de coordonner les effets.

 


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L’artillerie, dans sa mission de conquête de la supériorité des feux, n’est pas absente du champ de bataille asymétrique. Cependant, son action doit s’adapter à cette forme de guerre: l’objectif n’est pas tellement de supplanter les feux ennemis (par définition, les feux amis sont largement supérieurs), mais surtout de limiter le plus possible les pertes amies par tirs indirects. Par ses capacités d’acquisition, sa vitesse de réaction et la qualité de ses feux, l’artillerie participe activement à la protection de la Force.

Face à la furtivité et la dispersion des moyens de tirs indirects du combattant asymétrique, l’artillerie dispose de moyens d’acquisition variés capables de localiser et souvent d’identifier les positions ennemies. Aux moyens classiques de ses équipes d’observation peuvent s’ajouter des radars comme de l’acoustique: la variété des technologies employées permet la diversification et la corrélation des informations. C’est le cas notamment au Sud-Liban où, depuis 2006, sont déployés en permanence des radars de contre-batterie COBRA[2]. À ces moyens extrêmement performants ont été adjoints au printemps 2011 des systèmes acoustiques, aux performances moindres mais complémentaires. Ainsi, les faiblesses d’un système (masques du terrain pour le radar, faible portée et précision moindre pour l’acoustique) sont partiellement compensées par les avantages de l’autre (détection omnidirectionnelle pour le SL2A[3], précision et portée pour le COBRA).

 

Mais une acquisition précise et actuelle n’est pas suffisante. Face à un combattant qui va opposer sa mobilité à notre puissance de feu, les délais séparant l’acquisition et la délivrance des feux doivent être les plus réduits possibles. Or, ces délais reposent sur deux piliers indissociables:

·         la rapidité de transmission des informations;

·         la rapidité de décision.

L’artillerie dispose désormais des moyens techniques lui garantissant l’une, et s’est dotée de procédures facilitant l’autre.

Toutes les unités d’artillerie étant reliées entre elles par ATLAS[4], le travail en boucle courte est désormais entièrement numérisé: la liaison entre l’acquisition et le feu n’est qu’une question de secondes. À peine l’artillerie ennemie est-elle détectée qu’un ordre de tir peut automatiquement être envoyé vers la batterie amie la plus à même de tirer, la pièce recevant directement ses éléments de tir. Les délais techniques sont ainsi réduits au strict minimum.

De ce fait, le temps de réaction n’est essentiellement dû qu’à la prise de décision et de sa nécessaire réflexion préalable. Des procédures, redécouvertes à l’occasion du conflit afghan, sont désormais appliquées pour éclairer la décision du chef. À partir de l’estimation de dommages collatéraux (CDE[5]) rendue obligatoire, l’autorité de décision du tir est définie. Elle peut aller du simple élément au contact (risque de dommages faible) jusqu’au niveau du commandant de la Force (risque élevé). Ainsi, la validation de la demande de tir est adressée directement à la personne autorisée à la délivrer, minimisant les délais de réaction, en particulier pour les cas les plus simples.

 

La finalité de l’artillerie reste bien le feu. Dans des contextes d’engagements complexes où les règles d’engagement sont souvent contraignantes pour les moyens lourds, la diversité des possibilités de l’artillerie la rend incontournable. Si la meilleure façon de se débarrasser d’une équipe mortier insurgée est de la détruire par le feu, d’autres moyens sont possibles. Sans en faire une liste exhaustive, on peut citer:

·         l’intimidation: il s’agit, par exemple, de tirer avec des obus à létalité limitée (obus à poudre noire) ou fumigènes, à proximité immédiate des éléments visés. De nuit, on pourra également éclairer la position de tir ennemie: sûr d’être décelée, elle stoppe généralement son action.

·         l’aveuglement: il s’agit de rendre les observateurs inopérants, en utilisant des tirs fumigènes sur les positions estimées ou décelées des observateurs. Aveugle, l’ennemi ne peut ajuster, et donc poursuivre ses tirs.

·         le maintien à distance: il s’agit de bombarder systématique les positions de tir ennemies à chaque harcèlement, même si l’acquisition est imprécise. Sans être détruites, les pièces ennemies auront tendance à s’éloigner des positions de la Force pour leur sauvegarde, augmentant la dispersion[6] des tirs et réduisant leur létalité.

 

La riposte amie à l’agression se veut donc réversible et graduelle: la Force peut passer de la simple intimidation à une réelle contre-batterie, uniquement en changeant de type d’obus. Cette particularité la distingue de la plupart des armes et armées qui ne disposent généralement à grande portée que de munitions létales.



[1] Counter-Indect fires selon la dénomination anglo-saxonne. Cet acronyme sera utilisé tout au long de cet article pour des soucis de cohérence.

[2] Counter-Battery Radar: en service au 1er régiment d’artillerie, ces radars de trajectographie détectent jusqu’à 40 km et ont une précision d’acquisition de l’ordre de 50 m.

[3] SL2A: système de localisation acoustique de l’artillerie. La détection est faite à partir des ondes sonores émises par les pièces d’artillerie lors du tir.

[4] Automatisation des tirs et des liaisons de l’artillerie sol-sol: système de commandement numérisé de l’artillerie, interopérable avec SICF.

[5] Collateral dammage estimate.

[6] La dispersion d’un tir d’artillerie augmente avec la distance canon-cible. Plus la cible est éloignée, plus le tir sera imprécis.

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Par ses capacités réelles d'acquisition, leur intégration numérisée avec ses moyens feux et sa réponse diversifiée, l'artillerie reste un acteur incontournable de la C-IDF. Cependant, elle n'en n'a pas le monopole: la C-IDF est multiple et interarmes.

 

 

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À l'instar du modèle adopté par les Britanniques en Iraq, de la détection jusqu'à la riposte, agissant directement ou indirectement, de la protection à l'agression, toutes les composantes d'une force peuvent participer chacune dans leur domaine à la C-IDF. On peut ainsi considérer celle-ci sous un schéma simple:

 

 

Le premier pilier «renseignement» regroupe la caractérisation de la menace et l'acquisition des cibles ennemies. Le rôle de la cellule B2 de l'état-major est déterminant en particulier pour la caractérisation de la menace qui peut porter sur:

·         le matériel utilisé (ses effets, ses avantages et lacunes);

·         le mode d'action probable (action envisagée/réaction possible);

·         les moyens logistiques et les possibilités d'approvisionnement;

·         éventuellement: ethnie, comportement, niveau de formation voire même identité des combattants.

 

Cependant, le B2 ne peut que rarement acquérir les cibles en temps réel. Il permet essentiellement d'orienter les moyens d'acquisition de B3:

·         les GTIA avec leurs moyens propres;

·         l'artillerie avec ses observateurs ou ses moyens particuliers (radars, optiques, acoustique);

·         les éléments affectés à la protection des emprises et leurs moyens alloués (par exemple en Afghanistan: PGSS[1], GA 10 ou LCMR[2]).

 

L'action que la Force peut mettre en œuvre peut être classée sous deux formes:

·         directe (neutraliser par le feu des moyens IDF ennemis);

·         ou indirecte (contrer les effets et/ou les possibilités d'action IDF ennemies).

Si l'action directe la plus classique reste la contre-batterie, celle-ci doit être abordée de façon interarmes, voire interarmées, et prendre en compte l'ensemble des appuis-feux (artillerie/hélicoptères/avions/drones) en plus des unités de mêlée. L'expérience britannique en Iraq est intéressante dans ce domaine. En 2007, à Bassorah, des radars de contre-batterie détectèrent un mortier harcelant l'emprise. En zone urbaine habitée, toute riposte d'artillerie était impossible; la cible fut donc affectée à un hélicoptère qui, à distance, suivit l'équipe de tir ennemie alors qu'elle se repliait à bord d'un véhicule civil. À cours de potentiel, l'hélicoptère dut rentrer et la cible fut confiée alors à un drone qui put la détruire une fois qu'elle fut loin de toute habitation.

 

L'action indirecte peut être la plus efficace pour peu qu'elle soit bien orientée et régulièrement évaluée par le renseignement. Elle s'attaque aux effets plus qu'aux moyens: elle n'a de limite que l'imagination - et les capacités matérielles - des intervenants. On pourra éventuellement retenir:

·         l'occupation du terrain: il s'agit d'organiser des patrouilles dans les zones les plus favorables au déploiement de pièces ennemies. Le but est d'empêcher l'ennemi de les utiliser et ainsi de le forcer à occuper des positions plus défavorables, d'où ses tirs seront moins efficaces.

·         le suivi des munitions: empêcher l'ennemi d'utiliser les UXO[3] disséminés de par l'action de la Force en utilisant des fusées de qualité et en s'efforçant de dépolluer au plus tôt les zones traitées par les appuis-feux.

·         l'incitation au désarmement: elle consiste à proposer une somme d'argent en échange de munitions ou d'armes. Une campagne de ce type a été très efficace en Iraq: des rapports du renseignement Britannique indiquaient que les insurgés se faisaient voler des obus de mortier par des enfants qui les revendaient à la coalition. Outre lutter contre la menace par IDF, les mesures coercitives prises par les insurgés contre ces enfants apportèrent à la Force des sources précieuses de renseignement.

 

Une part importante de la C-IDF consiste en la prise en compte des moyens de protection de la Force (FP). Sur certains théâtres, des moyens spécifiques ont été déployés dans ce but, qui peuvent avantageusement être utilisés pour la détection, voire l'acquisition, des moyens IDF ennemis. On peut citer notamment l'Afghanistan où, en 2009-2010, un SL2A a été déployé. Destiné initialement à servir d'alerteur, il a montré toute sa pertinence en localisant les positions de tir de roquettes contre les emprises.

Même les mesures de sauvegarde élémentaires ou passives relèvent aussi de la C-IDF: la prise en compte de la menace par tir indirect est un préalable indispensable à la construction d'une emprise: à l'instar de Monsieur Jourdain, le génie fait depuis longtemps de la C-IDF sans le savoir.

 

Le dernier volet de la C-IDF est le C-RAM[4]. Même si des systèmes d'armes ont été développés ces dernières années et semblent donner parfois de bons résultats, on peut estimer que cette technologie n'est pas encore totalement maîtrisée. Son coût, sa complexité et l'énorme consommation nécessaire à son efficacité confine les systèmes C-RAM soit à des emprises d'importance majeure, soit aux bâtiments de la Marine. Si ce volet n'est pas à exclure, il semble devoir rester marginal encore pour les années à venir.

 

Ainsi, la lutte contre les tirs indirects regroupe des procédés et des moyens extrêmement divers relevant de toutes les composantes de l'état-major, qui perdent en efficacité s'ils ne sont pas coordonnés.

 

 

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Etant donné la diversité des acteurs intervenant, directement ou indirectement, dans la lutte contre les tirs indirects, il est nécessaire que la cellule 3D de l'état-major, idéalement un officier nommément désigné, soit chargée de la coordination C-IDF dans tous les domaines (renseignement, protection, réaction). Sans ce «M. C-IDF», le dialogue habituel entre cellules est insuffisant.

 

Concernant le renseignement, sans se substituer aux spécialistes du domaine, le responsable C-IDF doit avoir avant tout un rôle de sensibilisation et de participation à l'orientation. Il doit s'efforcer:

·         d'attirer l'attention du renseignement sur les moyens IDF ennemis et s'enquérir des capacités de les localiser;

·         de participer à l'orientation des capteurs;

·         d'organiser des réunions inter-bureaux dédiées au C-IDF;

·         de transmettre au B2 toutes les informations captées par les moyens dédiés au C-IDF.

On ne peut pas compter uniquement sur le dialogue B2-B3 pour réaliser ces tâches:

·         la C-IDF n'est que rarement la priorité du renseignement; son intérêt est donc moindre;

·         le B2 travaille dans un temps plus long, celui de l'analyse. La C-IDF, sans se passer de planification ou d'analyse, est une affaire de réaction et de préparation aux conditions de riposte.

 

[1] Ballons captifs équipés de moyens optroniques.

[2] Ground Alerter 10 et Light Counter Mortar Radar: radars anti-mortier d'alerte.

[3] Unexploded Object: munition ou sous-munition non explosée laissée sur le champ de bataille. Ramassée par le combattant ennemi, elle peut être utilisée comme matière première pour ses engins explosifs improvisés ou en tant que telle, comme munition pour ses propres pièces.

[4] Counter-Rockets Artillery Mortars: famille de systèmes d'armes qui, en asservissant des canons à grande cadence de tir à des moyens de localisation très performants, permettrait de détruire les munitions ennemies sur leur trajectoire.

L'exemple du SL2A en Afghanistan est assez parlant à ce sujet. Déployé fin 2009 au sein des GTIA, le détachement obtint de très bons résultats en déterminant les zones préférentielles de tir des roquettes de 107 mm, faisant orienter des patrouilles dans ces zones aux horaires les plus propices.

La protection de la Force en fut renforcée.

 

Ce détachement subit malheureusement dès 2010 une réduction de son format: son officier de liaison, initialement affecté auprès du DL ART[1] fut supprimé et le détachement fut rattaché à l'ISTAR[2]. Ce dernier, recevant un matériel spécifiquement destiné à l'alerte acoustique, ne put pas l'utiliser de façon optimale dans sa manœuvre globale de renseignement: les senseurs acoustiques furent progressivement retirés des FOB[3]. Dans la bataille des effectifs, le B2 récupéra avec joie les six précieux postes afférents, mais la Force perdit son seul moyen acoustique pour sa protection.

 

De nombreux capteurs, souvent hétéroclites, sont parfois projetés en opération pour participer à la protection de la Force. Chacun a des qualités particulières et des contraintes spécifiques qu'il s'agit de cordonner sous peine de perte d'efficience par dispersion des efforts.

 

Le responsable C-IDF doit donc veiller à la coordination de ces capteurs, notamment dans:

·         la répartition spatiale: prise en compte de toute l'emprise à protéger, par une gestion fine des zones de recherche et des possibilités des capteurs;

·         la répartition temporelle: organiser la surveillance tout temps, jour/nuit, s'assurer de la gestion des pauses techniques, des opérations de maintenance;

·         la corrélation des informations: dans la mesure du possible, faire en sorte que chaque information puisse être corrélée par un système différent (radar/optique, optique/acoustique, etc.).

Les moyens alloués à la protection de la Force n'étant pas exclusivement dépendant du B3, et n'étant pas forcément dédiés à la menace IDF, le responsable C-IDF doit avoir une action de sensibilisation. Il doit chercher, parmi l'ensemble des systèmes présents au sein de la Force, lesquels pourraient participer au C-IDF et comment.

C'est ainsi qu'en 2009-2010, l'officier de liaison SL2A en Afghanistan apprit que la Task Force La Fayette disposait d'un LCMR américain. Celui-ci, faute de personnel formé, restait inutilisé, personne ne voyant réellement l'intérêt d'un alerteur anti-mortier. Demandant à bénéficier d'une formation pour son équipe, le DL fit intégrer ce petit radar au dispositif acoustique, l'utilisant comme détecteur plutôt qu'alerteur. Les capacités C-IDF de la Force furent ainsi améliorées.

 

Enfin, la C-IDF est avant tout une question d'appuis-feux, donc de la responsabilité de la cellule 3D, dont la mission est de les coordonner, quelle que soit leur nature. Le C-IDF, et sa coordination dans toutes ses composantes, lui revient.

Le responsable C-IDF doit donc:

·         définir les feux de riposte en fonction des appuis dont il dispose (artillerie, hélicoptères, avions, drones);

·         coordonner dans la 3ème dimension ces moyens.

Par ailleurs, devant le panel des missions données à un état-major, chaque cellule a une tendance naturelle à se focaliser sur ses propres contraintes. Par nature autant que par culture, la cellule 3D étant la plus concernée par la menace des tirs indirects, elle est la plus à même de sensibiliser les autres bureaux. C'est ainsi qu'en Iraq, en 2006-2007, sur les conseils d'un officier C-IDF britannique, des fossés remplis de sable meuble furent creusés autour de certaines emprises. Cette simple précaution permettait d'accroître les défauts de percussion des obus de mortier.

 

Ainsi, le responsable C-IDF s'assure de la prise en compte par tous du risque IDF et de la façon d'y faire face, en obtenant le concours de toutes les autres cellules.

 

 

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En définitive, si l'ennemi de l'artilleur demeure l'artilleur ennemi, ce principe doit être plus nuancé que jamais, surtout dans les conflits asymétriques. La lutte contre les tirs indirects doit revêtir des formes tout autant directes qu'indirectes, impliquant l'ensemble des acteurs de l'état-major, sous la responsabilité d'un officier désigné au sein de la cellule 3D, à l'instar du modèle adopté par les Britanniques en Iraq. Il est peu probable qu'un simple dialogue inter-cellules suffise pour une bonne coordination des moyens: la C-IDF, sauf si la menace devient prégnante, n'est que rarement la priorité des états-majors.

 

En raison d'un quasi vide doctrinal en la matière, ces simples mesures d'organisation pourraient être rapidement prises et théorisées. L'importance est de taille, car le harcèlement par tirs indirects semble être une constante des conflits actuels et, probablement, de ceux à venir.

 

 

 

 

 

 

[1] détachement de liaison d'artillerie

[2] Intelligence Surveillance Target Acquisition Reconnaissance: bataillon de renseignement de la Task Force La Fayette.

[3] Forward Operating Base: base avancée opérationnelle.

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