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Histoire et Stratégies

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La première bataille de la Marne - 1ère Guerre Mondiale / Front de l’ouest.

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par la DESTIA

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Contexte général : Un mois après le déclenchement de la première guerre mondiale, sur le front ouest, la France a subi un échec cuisant lors de la bataille d’interception aux frontières, notamment à Charleroi. Ainsi, l’armée allemande poursuit irrésistiblement son avance vers Paris. Début septembre, la mission des différentes armées françaises est claire : tenir et se retrancher sur les positions.

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Malgré cela, les unités les plus fatiguées, comme le 51ème régiment d'infanterie, opèrent un repli méthodique vers Paris. Les colonnes suivent les convois de blessés à un rythme de 30 à 45 kilomètres par jour. Les unités les plus fraîches mènent un combat de freinage, incluant des contre-attaques localisées, visant à permettre le retrait en sûreté au sud de la Marne. Les civils fuient majoritairement leurs habitations, facilitant ainsi les pillages de vivres par les soldats français affamés: la discipline est à ce moment un problème fondamental que le commandement traite avec la plus grande fermeté.

De leur côté, les Allemands, tout aussi épuisés par ces nombreux jours de marche à l'ennemi, gardent un bon moral. Côté français, des rumeurs de 100000 à 200000 prisonniers ajoutent encore à l'angoisse de la troupe. La priorité de Joffre au 3 septembre est le maintien autant que possible du moral des troupes. Après la retraite, les armées françaises, fatiguées, recomposées donc disparates, sont au sud de la Marne. Sous les ordres de Joffre, on compte les armées de Gallieni (Paris), Maunoury (6ème), Sir John French (British Expeditionary Force), Franchet d'Esperey (5ème), Foch (9ème), Langle de Cary (4ème), Sarrail (3ème).
 
 
3 - 13 septembre 1914
 
France - Raymond Poincaré
 
Royaume-Uni - Herbert Henry Asquith
 
Allemagne - Theobald von Bethmann Hollweg
 
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Déroulement de la bataille :
 
Temps 1 : Un prologue inattendu.
 
La journée du 4 septembre est celle des angoisses, des confusions et des incertitudes, dans les deux camps. Alors que des rumeurs font état de meurtres de civils français par des officiers allemands, d'autres font pressentir une contre-attaque sur le flanc ouest français, aux abords de l'Ourcq. Gallieni, gouverneur de la capitale, organise la défense sur Paris et donne l'ordre à la 6ème armée de Maunoury de contre-attaquer le 6 septembre, par l'ouest, le flanc droit de l'armée Von Kluck : Maunoury sera appuyé par la 5ème armée de Franchet d'Esperey.
 
Dans les rangs allemands, les difficultés se font jour. Les communications sont difficiles du fait des élongations. De plus, Moltke II, malade, modifie le plan Schlieffen et affaiblit de fait l'effet voulu d'enroulement de l'armée française par l'ouest. Finalement, au grand dam de Von Kluck, les armées de Maunoury et French ne sont pas prises dans la nasse initialement prévue. Le 4 septembre soir, les ordres de Moltke II sont clairs : l'armée de Von Kluck poursuivra vers le sud-est et l'enroulement des armées françaises se fera par l'est. La désinvolture de Von Kluck et son acharnement à vouloir enserrer Maunoury et les Anglais, le conduira à n'exécuter les ordres que très tard.
 
Les Français, malgré des renseignements nombreux et pertinents, de l'aviation notamment, semblent ne pas comprendre cette nouvelle manœuvre allemande et persistent à croire que Paris reste l'objectif de l'ennemi. Joffre est réticent à attaquer tout de suite car les troupes ne sont pas encore prêtes et les renforts de l'est ne sont pas encore déployés. Plus grave, Joffre, ainsi que Gallieni, doutent des britanniques de Sir John French, véritable charnière du dispositif entre les 6ème et 5ème armées. Après de nombreuses hésitations, les ordres de Gallieni à Maunoury seront approuvés et confirmés par Joffre le 5 septembre soir.
 
Aux abords de l'Ourcq, en ce 5 septembre, la 6ème armée de Maunoury s'apprête à lancer son offensive vers l'est. Son aile droite est constituée de la British Expeditionary Force (BEF) de Sir John French et surtout de la 5ème armée de Franchet d'Esperey qui vient de renommer ses divisionnaires pour s'assurer les meilleures dispositions au combat. Malheureusement, les Allemands ont également planifié de lancer une offensive dans ce secteur le 6 septembre. Renforçant systématiquement leurs positions, ils impliquent largement la population française dans la sécurisation de leur dispositif, n'hésitant pas à sanctionner ceux soupçonnés d'être des opposants.
 
De plus, la rumeur enfle dans la région concernant l'arrivée massive de troupes allemandes agressives et prêtes à tout pour atteindre Paris. Leur offensive vers l'ouest concernerait le IVème corps de réserve face à Maunoury. Finalement, les combats sur l'Ourcq constituent « le prologue inattendu de la bataille de la Marne ». Chez les Français, les ordres de Joffre du 4 septembre soir n'arrivent aux unités que le lendemain matin. Ainsi, le 5 septembre, l'offensive française, parfois sans appui de l'artillerie, bute sur des positions allemandes valorisées, fortement appuyées par l'artillerie lourde.
 
Temps 2 : Saisie d'opportunité.
 
Globalement, l'attaque française vers l'est tape dans le vide car Moltke II vient d'ordonner à son groupe d'armées de se replier au-delà de la Marne, en vue d'assurer la sauvegarde vis-à-vis de l'armée de Paris, celle de Gallieni. Cette décision s'ajoute à celle de faire porter l'effort plus au nord, afin de contourner la 6ème armée de Maunoury. Gallieni comprend cette manœuvre et doit envoyer au plus vite des renforts sur l'aile nord de la 6ème armée. Ce sera l'épisode des taxis. Même si Gallieni rechigne à avoir recours à des moyens civils, ce seront 800 taxis et 250 autres véhicules qui, le 7 septembre, contribueront au déploiement de la 7ème division du général Trintinian au nord-ouest du dispositif. Cette manœuvre, ajoutée à l'arrivée par train du 4ème corps de la 3ème armée de Sarrail empêchera in extremis le contournement de l'armée française par le nord. Sur l'Ourcq, les combats font rage : la supériorité du feu allemande s'oppose aux canons de 75 français. Au final, le mouvement vers le nord opéré par les allemands crée un trou dans leur dispositif, devant French et Franchet d'Esperey.  
 
Malgré cet espace entre la Ière armée de Von Kluck et la IIème armée de Von Bülow, la priorité de Joffre est ailleurs : il veut encore éviter le débordement des Allemands par le nord pour éviter de laisser la route de Paris ouverte. Chez Franchet d'Esperey et sa 5ème armée, qui s'étonne du peu d'agressivité des Allemands, le moral augmente et l'impératif est de maintenir à tout prix un dispositif continu et aligné. La percée française est donc toute empreinte de prudence. Les combats de retardement menés par les Allemands, désormais plus fatigués, sont rudes : les artilleries se répondent coup pour coup. Ceux du secteur nord, chez Maunoury le sont également. Le dispositif se stabilise. Franchet d'Esperey ne prend finalement conscience qu'il est en train d'opérer une percée significative que le 7 septembre au soir. Le 8 septembre, il ordonne de ne plus se laisser retarder par les arrière-gardes. Mais pour Joffre, l'inquiétude vient d'ailleurs : la 9ème armée de Foch, au centre du front, subit une pression toujours plus forte dans la région des marais de Saint-Gond.
 
Le front s'étend désormais sur 105 kilomètres. La 9ème armée de Foch, fait face aux IIème et IIIème armées allemandes. L'esprit offensif de Foch se fait jour mais les contre-attaques qu'il entreprend se soldent par des échecs aboutissant, comme à l'ouest, à une stabilisation du front sur un terrain difficile, ouvert et marécageux. Il en est de même du côté allemand : les rudes combats de ces derniers jours se font ressentir dans le moral et l'agressivité des troupes de Moltke II. De plus, Joffre perçoit des espaces dans son dispositif, notamment entre Foch, Langle de Cary et Sarrail. Au risque de se faire envelopper à l'ouest ou enfoncer à l'est, Joffre donne ses instructions le 9 septembre soir : il faut arracher la victoire en faisant effort sur la 9ème armée de Foch.
L'opportunité se présente : les armées allemandes entament leur repli vers le nord : la 5ème armée et la BEF entament l'irrésistible poursuite des occupants.
 
Temps 3 : La poursuite.
 
Cette dernière débute le 10 septembre. A ce moment, l'ennemi retraite et les ordres du jour annonçant la victoire chez les Français sont diffusés. Sir John French et Franchet d'Esperey continuent de s'engouffrer vers le nord, sur un front de 60 kilomètres. Preuve de l'empressement allemand à se rétablir plus au nord, les villages français libérés contiennent beaucoup de matériel allemand, laissé sur place faute de chevaux. La poursuite représentera 45 kilomètres en 4 jours.
 
BILAN :
  
A la fin de la bataille de la Marne, les Allemands restent persuadés que leur retraite n'est que temporaire. Cette vision est annonciatrice des quatre longues années supplémentaires que durera la Grande Guerre. En ces premiers jours de septembre, l'armée française a perdu 400000 hommes sur les 1,2 million de soldats immédiatement disponibles fin août 1914.
 
Enseignements de la bataille :
 
Les historiens associent souvent la bataille de la Marne à la notion de miracle. Ainsi, la victoire française ne s'explique pas que par la seule combativité des pantalons rouges et des tommies britanniques face aux « gros noirs » allemands.
 
D'abord, il est utile de souligner les erreurs d'appréciation de situation de Joffre, comme son retard à prendre conscience du trou qui s'ouvre dans le dispositif allemand. De même le côté allemand a montré des faiblesses et des erreurs: la maladie de Moltke II et son remplacement le 10 septembre par Von Falkenhayn, les problèmes de liaison entre les grandes unités et les relations quelque peu houleuses entre Moltke II et ses principaux généraux, Von Bülow et Von Kluck.
 
Finalement la bataille de la Marne aura été gagnée par les jambes, à force de marches interminables, usantes, visant à toujours gagner un peu plus de terrain ou à se replier en sûreté vers des points d'appui plus favorables. Le miracle tient, d'une part, au sursaut d'orgueil de l'armée française, après quinze jours de repli systématique et, d'autre part, à la « disparition » inexpliquée de l'ennemi des zones-clé du terrain à partir du 8 septembre. L'ordre de retrait de Moltke II, difficilement accepté par Von Bülow et Von Kluck, est ainsi un des arguments force pour expliquer la réussite de la percée française au-delà de la Marne.
 
 
Procédés tactiques :
 
Contre-attaque
Préparations d'artillerie
Manœuvre de contournement
Exploitation d'une faille dans le dispositif ennemi
Réactivité : taxis
 
Renseignement :
 
Dispositif et intentions ennemies
 
Autres :
 
Qualités des relations humaines entre les décideurs et leurs grands subordonnés.
Problématique de la multinationalité et de la confiance entre nations
Délais de prise de décision et de transmission des ordres