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Défense et management

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La rénovation du commandement du génie : la création du G-ENG dans les structures de commandement de l’armée de terre.

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Par le Chef de bataillon Gavalda

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Elément constitutif d’une chaîne de commandement interopérable, identifiable et consolidée, le G-ENG fédère l’ensemble des acteurs du commandement et du contrôle opérationnel du génie autour d’un seul chef : le Chief Engineer.

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La rénovation du commandement du génie : la création du G-ENG dans les structures de commandement de l’armée de terre.


Elément constitutif d’une chaîne de commandement interopérable, identifiable et consolidée, le G-ENG fédère l’ensemble des acteurs du commandement et du contrôle opérationnel du génie autour d’un seul chef : le Chief Engineer.


Jusqu’à l’année dernière, identifier l’organisation du commandement des éléments du génie en opération revenait un peu à essayer d’identifier les responsables de LOUVOIS. Unités du génie de l’armée de Terre, génie de l’Air, Service d’Infrastructure de la Défense (SID) et même jusqu’à une époque récente, service du génie pour le soutien au stationnement se côtoyaient sans forcément bien se coordonner sur un même théâtre.

Longtemps, l’une des difficultés du génie a été de tenter d’expliquer au chef interarmes la complexité de son organisation, notamment dans le domaine du commandement. Désormais,  le génie disposera d’une structure de commandement claire, qui lui permettra de proposer une lisibilité simple aux chefs interarmes. Cette lisibilité nouvelle est le résultat de travaux menés depuis plusieurs années par les acteurs du génie au sein de l’armée de Terre.
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Le JCE
En 2009, le CEMA désigne le général commandant l’école du génie « Joint Chief Engineer » (JCE) – soit le chef interarmées du génie.  La création de cette fonction répond à un impératif clair d’harmonisation doctrinale, rendue indispensable par le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN. Depuis, le JCE français participe aux sommets annuels MILENG COE (Military Engineering Center of Excellence) et les échanges, à tous les niveaux, se développent. La création du Pôle Interarmées Munex en 2011 suit la même logique, en regroupant les savoir-faire NEDEX et fouille opérationnelle au sein d’une entité unique placée sous l’autorité du JCE.

La réorganisation du commandement du génie ne pouvait se limiter au niveau stratégique du JCE et elle se poursuit aux niveaux opératif et tactique. En 2012, une étude relative à l’appui du génie militaire aux opérations interarmées a été menée par la direction des études et de la prospective (DEP) de l’Ecole du Génie d’Angers. En s’inspirant de la doctrine OTAN décrite dans l’AJP3.12[1], l’idée est de décrire la fonction de Joint Force Engineer (JFE), soit le commandant interarmées du génie, aux niveaux stratégique et opératif.
La description de cette fonction était indispensable suite à la dissolution de la brigade génie en 2010, qui regroupait les unités de la fonction AGESTER, donc les moyens du génie d’appui général. En effet, cette dissolution a notamment eu pour conséquence l’apparition d’un vide particulièrement sensible dans le domaine du commandement du génie en opération. Si sur le plan capacitaire, les pertes ont été, somme toute, limitées par une vaste redistribution des formations et d’unités élémentaires spécialisées de la brigade (transfert de huit compagnies spécialisées vers six des régiments du génie de brigade interarmes, RGBIA)[2], il n’en a pas été de même sur le plan du commandement opérationnel.
Cette ré-articulation s’est en effet soldée par la disparition du CMO AGESTER et de trois postes de commandement régimentaires[3].

Le bureau Génie-NRBC du CFT

Cette disparition est théoriquement compensée par la création d’un bureau AGESTER au sein du commandement des forces terrestres à Lille. Bureau à double vocation organique et opérationnelle, il reprend les missions de préparation opérationnelle et fournit l’armement d’un CMO. Mais le déficit capacitaire induit par la perte simultanée de deux niveaux de commandement et des moyens SIC associés a rendu délicat l’armement du CMO, et par voie de fait l’exercice du contrôle opérationnel sur les unités selon les procédés traditionnels.

Constatant l’impossibilité de reprendre in extenso les missions jusqu’alors dévolues au CMO et intégrant les nouvelles orientations, le bureau Génie-NRBC s’est donc attaché à définir une nouvelle structure permettant de commander autrement les EASCA et les EASD.

Les principes du G-ENG: rendre interopérable, harmoniser, unifier et intégrer

Il s’agit donc de définir et d’articuler une chaîne de commandement du génie rénovée dont la mise en œuvre permette de planifier et de conduire l’appui général des moyens du génie et de la défense NRBC.
Les principes suivants ont guidé la réflexion conduite par le BGEN-NRBC :
  • respect de l’enveloppe d’effectifs consentie ;
  • abandon des fonctions renseignement (X2), logistique (X4) et systèmes d’information et de commandement (SIC, X6) ;
  • renonciation aux prérogatives de commandement pleines et entières, avec en conséquence une réflexion de fond sur le processus décisionnel et le circuit de validation des ordres donnés aux unités du génie et de la défense NRBC ;
  • validité aux niveaux 1 (Land Component Command / Corps d’Armée) et 2 (division) ;
  • interopérabilité avec les structures en vigueur au sein de l’OTAN.
Entité de conception et de conduite de la manœuvre du génie et de la défense NRBC placée sous l’autorité du Chief Engineer, le G-ENG prend place dans l’état-major à égalité de rang avec les autres bureaux (G).

Les contraintes d’effectifs comme de SIC, particulièrement normatives, ont rapidement conduit à définir une structure fusionnant les bureaux génie des états-majors de niveau 1 ou 2[4] et des renforcements extérieurs. L’agrégat ainsi formé donne naissance au G-ENG dans lequel :
  • les fonctions commandement, planification (X5) et manœuvre future (X35) demeurent à la main de l’état-major impliqué, corps de réaction rapide- France (CRR-FR) ou état- major de force (EMF) ;
  • la section «  manœuvre en cours » (X3) chargée de la conduite directe des EASCA ou EASD provient d’un renforcement extérieur, armé autant que de besoin par le B.GEN-NRBC.

A sa tête, le Chief Engineer retrouve la plénitude de ses prérogatives pour décider, conduire et coordonner l’engagement des moyens du génie et de la défense NRBC.

De plus, en fusionnant horizontalement des échelons de commandement jusqu’alors stratifiés verticalement, la création du G-ENG accélère le cycle décisionnel en initiant deux boucles courtes :
  • la première, conséquence de la concentration physique, dans l’échange et le traitement des informations notamment entre les sections chargées de la planification et celles de la conduite des opérations ;
  • la seconde, par suppression d’un niveau de commandement intermédiaire, dans la diffusion des ordres et comptes-rendus.

Au-delà de la satisfaction aux principes d’anticipation et d’optimisation présidant à l’emploi du génie, cette concentration des fonctions de planification et de conduite autour du Chief Engineer accroit la réactivité du processus décisionnel. Elle  inscrit donc les appuis du Génie et de la défense NRBC dans la stratégie occidentale de domination du champ de bataille par l’accélération du rythme de la manœuvre (operational tempo).

Un G-ENG à NEPTUNE ?
Le CDEF travaille actuellement à la rédaction du GEN 50.001 qui décrit au plus près le rôle et l’organisation du G-ENG. Après l’opération SERVAL, qui a validé dans les faits la structure J-ENG (voir encadré), le plan NEPTUNE sera peut-être la prochaine étape de ce processus de restructuration du commandement du génie. En effet, ce plan prévoit l’intervention des forces armées (10 000 hommes pour l’armée de Terre) sur le théâtre national dans l’hypothèse de la crue centennale de la Seine. Dans le cadre de Neptune, ce sont deux BATGEN et l’ensemble des capacités du génie militaire qui seraient mises en œuvre. Une opportunité supplémentaire pour éprouver le modèle du G-ENG, à tout le moins en termes de planification dans un premier temps.



RETEX - Le J-ENG dans l’opération SERVAL

Quelques jours après le début des opérations, en cohérence avec la doctrine nationale et otanienne et pressentant le besoin d’une coordination forte avec en particulier une problématique C-EEI qui nécessitait une réponse opérative forte et coordonnée entre tous les acteurs du théâtre, le CPCO mettait en place un « Joint Force Enginer » Serval, ou autorité génie de théâtre, et créait au sein du PC inter armée de théâtre une cellule J-Engineer ou J-ENG.
Prenant sous son commandement tactique les chefs des trois composantes du génie militaire présentes, le détachement d’appui au déploiement de l’Armée de l’Air, la chaîne infrastructure du SID à travers le J4 soutien au stationnement et le génie de la composante terrestre à travers le G3/2D de la brigade, la mission de cette cellule et de son chef peut se décliner en trois volets :
  • Autorité génie de théâtre, elle assigne des tâches et fixe des priorités dans le cadre des missions spécifiques des uns et des autres selon les directives du COMANFOR et du PCIAT ;
  • Elle coordonne des actions multi-composantes, en particulier dans le domaine du déploiement et du stationnement de la Force ;
  • Elle sert de point d’entrée vers le niveau stratégique et alliés (AMA, FAMA, MISUSMA…) dans tous les domaines du génie militaire.

Source : Revue Sapeur – Mai 2013



[1] Allied Doctrine For Military Engineer Support To Joint Operations (AJP-3.12)
[2] Soit deux compagnies d’aide au déploiement lourd au 19e RG, une compagnie de franchissement au 3e RG, une compagnie de dépollution au 13e RG, les 6e et 31e RG accueillant chacun une compagnie d’aide au déploiement opérationnel et une compagnie de production d’énergie.
[3] 1er, 2e et 5e régiments du génie
[4] : S3/2D des EMF pour le niveau 2, Engineer Branch du CRR-FR pour le niveau 1.
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