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Armée de Terre dans la société

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La réserve opérationnelle, vecteur propice au lien armée nation

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Par le Capitaine PASCAL LE PAUTREMAT

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L'indéfectible lien entre le métier des armes et la citoyenneté Les quelques dizaines de milliers de citoyens français, issus de la conscription, qui ont fait le choix d’intégrer la réserve opérationnelle[1], au gré de contrats oscillant entre 5 et 30 jours en moyenne (210 jours dans certains cas particuliers), se révèlent être de précieux atouts. Ils permettent de faire valoir l’importance et la valeur du métier des armes, mais aussi la nécessité de pérenniser l’engagement de la nation dans la défense de nos valeurs et de notre territoire.

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De retour dans leurs activités professionnelles respectives, ces mêmes membres de la réserve opérationnelle sont donc en mesure de susciter, sinon l’intérêt et l’investissement de nouveaux venus, du moins une prise de conscience de la part nos concitoyens quant à l’implication de personnes de leur entourage civil, en faveur et au profit d’une défense commune.

En même temps, il faut bien reconnaître que nombre d’employeurs de France ne sont pas véritablement attentifs à cette dimension d’altruisme patriotique. Sur ce point, les tentations de comparaison avec la société américaine peuvent montrer à quel point les différences sont considérables. La réserve y constitue une armée à part entière, avec près de 200.000 cadres et soldats. Son rôle est soigneusement entretenu et préservé par les employeurs, attentifs aux sollicitations pour le compte des politiques de défense et étrangère américaines. À ce titre, les réservistes participent à des opérations extérieures allant de 15 à 18 mois, au même titre que les militaires professionnels.

L’instabilité, entre crises asymétriques et dissymétriques

La conjoncture des années 2000, dans l’onde de choc psychologique et géopolitique des attentats du 11 septembre, a pu rappeler, de manière tragique, que le monde de la paix et de la stabilité n’était pas immuable. Ce constat prend d’autant plus d’épaisseur que viennent s’y greffer, depuis peu, les effets d’une crise économique et financière dure. Ceci signifie que nos acquis et nos principes institutionnels ont sans cesse besoin d’être à la fois défendus et valorisés avec conviction et détermination, sans gommer pour autant l’importance d’être ouvert à l’Autre.

Le personnel de la réserve opérationnelle a conscience de cette réalité et peut se révéler un précieux relais de l’Institution militaire au cœur de la société civile. En faisant preuve de pédagogie, en rayonnant par leur enthousiasme et leurs compétences, les réservistes peuvent marquer leur entourage. La puissance de leur engagement, la force de leur motivation sont communicatives. Ils doivent contribuer à la concrétisation des grandes orientations de notre politique internationale en général et de notre défense en particulier.

Ce n’est sans doute pas un hasard si, in fine, de jeunes citoyens issus de la nouvelle approche du métier des armes témoignent d’un allant qui doit être salué, pour s’investir à leur tour dans les opérations extérieures, ou même, sur le territoire national, pour participer aux enjeux sécuritaires et gestionnaires de nos capacités de défense, quels que soient les défis financiers que ces dernières doivent relever.

Le processus de privatisation des affaires militaires: une menace pour le lien armée nation?

Les garants de la réserve opérationnelle doivent donc s’imposer sur deux fronts:

·    Ils doivent, au sein de l’institution, gagner encore en crédibilité auprès des sceptiques et ne pas être exposés à des missions encore trop spécifiques et peu élargies, faute de garanties juridiques conséquentes et d’une acceptation culturelle de l’environnement socioprofessionnel;

·    Ils doivent aussi apparaître sur le champ de la privatisation et de l’externalisation des activités militaires et paramilitaires. En aucun cas, ces nouvelles activités ne doivent en effet conduire à un affaiblissement de la puissance régalienne et à un désaveu de la force armée issue de la nation. Elles doivent demeurer des éléments d’appoint et non de substitution.

La décennie qui s’achève a démontré le retour en force des opérations militaires de coercition ou d’attrition, d’interposition ou de maintien de l’ordre et de la paix dans des conditions de coalition de plus en plus fréquentes. Ces nouvelles opérations sont des champs d’action où l’active côtoie deux nouvelles réserves opérationnelles: celle issue de l’active et celle issue directement du monde civil. Ces trois composantes  arrivent à former un bloc uni, forgé dans un même esprit de cohésion et de camaraderie combattante. C’est l’heureux constat d’un amalgame réussi où les uns et les autres fabriquent au quotidien du lien armée-nation.




[1]  Dans l’armée de terre, la réserve opérationnelle comptait, au 31 juillet 2010, 16.230 réservistes dont 5.036 officiers sur 22.000 réservistes au total. Pour l’ensemble des armées, on dénombre près de 80.500 réservistes dont la majorité relève de la gendarmerie (avec plus de 41.000 personnels).


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