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Tactique générale

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La Ville ou « La Force incarcérée »

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Par le colonel François BORDIER

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Ce petit précis de tactique se concentre sur la ville. La ville est, tout compte fait de l’histoire et son cortège de leçons, de la doctrine moderne et de l’expérience, un espace humain préfabriqué à 10 dimensions (cf annexe), étendu sur 3 lentilles relativement concentriques. Cette modélisation rend compte de l’archétype universel de la Ville pour le chef militaire. Elle constitue une grille de lecture favorable pour rendre de la ville son intimité et pour faciliter la conception de l’engagement militaire en son sein, qu’il soit offensif ou défensif, en vue d’assister ou de sécuriser. Dans son ambition, ce papier n’épuise pas le sujet. Il est un essai de synthèse du rapport du chef militaire avec la ville, et selon moi un outil de réflexion dont les conclusions peuvent servir la prise de décision sans être des fins en soi, simplement des lignes porteuses de la réflexion militaire toujours renouvelée.

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Dans son rapport à la guerre, la ville cristallise aujourd’hui, presqu’à l’instar du général hiver jusqu’au 19ème siècle, un pic de friction tel que le combat ou le déploiement en ses murs n’est plus, ou si peu, caractérisé par la liberté d’action.

Contrairement aux idées reçues ensuite, la maîtrise de la ville, c’est-à-dire sa connaissance intime, est inversement plus difficile à atteindre en normalisation (encéphalogramme plat) qu’en intervention (hot spots). Cela est simplement dû à la démultiplication des acteurs parties prenantes dans le premier cas et à la caricature des rôles dans le second cas. Ainsi, le Berlin « amoncelé » de 1945 était-il plus compréhensible aux Soviétiques que le Berlin Est de 1979…

Au cœur de la ville, on est littéralement confronté à un cas « d’incarcération de la force » où, exit les bénéfices du principe de Liberté d’action, ne restent que l’effet de surprise, l’économie des moyens et la mise en œuvre décentralisée d’efforts et d’effets ajustés et synchronisés quant à eux de façon centralisée pour envisager réussir.

La ville est une dévoreuse d’hommes dans son rapport à la guerre, soit que la destruction y dérive en effet le seul espoir d’en faire tomber les contraintes pour recouvrer la liberté d’action inhibée par ses murs et cloisons, soit par le renouvellement répétés d’engagements d’hommes au contact, jusqu’au corps à corps, moindre anfractuosité ou pour entrer au contact de tous les acteurs majeurs et mineurs qui sont autant de leviers impactant la « réalité ville » en stabilisation.

Objet de l’imagination, d’études, de la décision puis enfin de l’action, la ville est avant tout une sorte de synthèse en soi qu’il convient de décortiquer, dimension après dimension, pour la comprendre. Quelles que soient les fins poursuivies, soit pour s’en servir (zone refuge…), l’isoler, la contrôler, l’investir, la conquérir, la défendre ou la détruire, la sécuriser ou assister, la ville doit devenir sa ville.

Réussir en cet espace, suppose d’abord de s’en faire l’intime, d’en apprécier la dangerosité, les menaces, les risques, les frontières, les acteurs et les domaines, la symphonie ou le cliquetis des cultures, enfin d’en comprendre la clé selon qu’on la défend, la protège ou bien la conquiert.

Selon les catégories admises aujourd’hui pour l’action militaire, de l’intervention à la normalisation en passant par la stabilisation, trouver la clé d’une ville s’impose comme l’effort majeur de compréhension de celle-ci. C’est la condition primordiale du succès. Or, la clé d’une ville, c’est l’articulation bien comprise des 10 dimensions qui la caractérise dans un espace compartimenté en trois. Le génie humain s’appliquera à bien saisir que la perception de l’articulation des dimensions évolue en fonction du rôle tenu, de l’endroit et du moment d’où on les considère et, partant, la façon d’user de la « clé » s’ajuste selon la nature de l’opération en cours, la configuration de l’espace où s’inscrit l’action en direction ou dans la ville et le degré de violence qui l’accompagne. Enfin, la ville a une histoire, non sans conséquences sur le présent, à ne pas négliger sous peine de ne pas saisir ce qui a trait à la bataille de l’esprit (aux influences, rumeurs et points clés culturels où se nouent et se dénouent les questions de sens, d’appréciation, d’opinion,d’endoctrinement et contrôle, et de conviction…).
I) - Le chef militaire et la ville : s’en faire une intime conviction
Les lignes directrices proposées ensuite constituent le support de ma réflexion professionnelle, théorique et pratique, sur la ville. Chaque dimension conserve sa pertinence dans tous les cas de figure si on convient que, selon les cas, chacune peut se voir attribuer une valeur de zéro aux grands nombres…Certaines dimensions méritent d’ores et déjà une remarque.
o La dimension humaine est une dimension à se représenter comme un habit d’arlequin sans contours définitifs. On discrimine en effet la population avec ses singularités, ses générations, ses antagonismes et ses solidarités, les réfugiés ou gens de passage, les incontrôlés et les forces classiques ou irrégulières etc. Au-delà, 40 acteurs génériques l’articulent, la font vivre ou l’exploitent alors qu’elle fait l’objet directement ou indirectement d’une opération militaire.
Je note en aparté que la ville cesse d’être une ville lorsque sa population s’est enfuie. L’action de guerre dans ses murs peut alors changer de nature et tendre vers certaines destructions importantes si nécessaire. Les risques plus ou moins fâcheuses en termes de pollution ou de droits des conflits armés (destructions de sites religieux servant aux opérations de l’adversaire…) mais acceptables puisque la vie des civils ne s’y trouve pas exposée. En conséquence, cette observation explique l’enjeu cristallisé autour de la rétention, du confinement partiel ou total, de l’évacuation provoquée d’une population au sein d’une ville, véritable objectif d’intervention pour les uns, de déstabilisation pour les autres. La maîtrise du dilemme concentré sur la prise en otage, l’éloignement, la protection ou la mise à couvert de la population d’une ville, théâtre de la guerre, gouverne l’orientation que pourra prendre ensuite la lutte, l’opération en ses murs.

o La dimension rayonnante de la ville, celle que j’appelle « Médias, communications, cultures, rumeurs et bruit de fond… » nécessite un traitement particulier que l’on soit un défenseur, un agresseur ou un attaquant. Il s’agit de s’ancrer littéralement en phase avec son ou ses rythmes propres pour y faire supporter les opérations d’information et surtout contrôler ou juguler cette charge émotionnelle qui y transite soit à partir de la seule rumeur infondée, soit comme l’expression naturelle d’une population victime et apeurée soit organisée par tout adversaire ou partis qui voudraient l’instrumentaliser à son profit.

o La dimension souterraine qui peut être sérieusement réduite à la notion de caves, de réduits épars. Il ne faut jamais totalement l’ignorer. Kaboul avec sa périphérie, par exemple, n’a pas d’infrastructures souterraines et pourtant, le sous-sol est parsemé de conduits d’un mètre carré de section datés de plusieurs siècles, qui servaient à canaliser l’eau de ruissellement en sous-sol pour éviter son évaporation,… Leur relevé s’impose parce qu’on peut s’en servir, notamment pour entreposer, s’infiltrer, se cacher...

Toutes les dimensions sont comme « les arrêtes fractales de la friction dans la ville ». Cette friction corrige en faveur du faible installé en défense un rapport de force technologique et militaire défavorable sur le plan comptable. Cette friction exerce une contrainte telle que le rapport de force utile pour espérer vaincre en ville doit être de l’ordre de 10 contre 1. L’histoire le montre. La ville absorbe l’effort de qui veut s’en faire le maître tandis qu’elle facilite l’affaire de qui veut y fixer l’adversaire. Et sur le plan théorique, ce ratio apparaît selon une loi de distribution qui serait la suivante : la prise de contrôle de chaque dimension de la ville requiert un homme. Autant dire que pour la défense, la ville compense la faiblesse numérique du défenseur. La ville permet de fixer au moindre coût les capacités offensives d’un adversaire. Cela s’accompagne certes d’une tendance vers une double fixation, comme une inhibition mutuelle : le défenseur peine à prendre l’initiative ailleurs1 tandis qu’il freine assez facilement l’élan ou fixe celui qui attaque dans la ville…

Limites de la réflexion sur ce point
Cependant, à la réflexion, cette vision classique qui n’est pas fausse, connaît une limite : la dimension et la forme même de la ville. Lorsque la ville devient mégapole, sa défense devient plus compliquée que sa saisie parce que le gigantisme ne permet pas l’imperméabilité et offre la possibilité de l’audace de la manœuvre avec un renversement du ratio des efforts à consentir en capacités au profit cette fois-ci de l’attaque. Cela est dû à l’existence d’espaces de liberté d’action dus à certaines étendues qui coexistent avec des zones confinées permettant le cloisonnement des défenseurs. Pour ces derniers, la bonne tactique est d’utiliser la ville dans un mode justement de contre-attaque pour réussir à cloisonner l’attaque. C’est à mon avis la faute commise par les « rebelles » en Syrie car sur cet aspect, compte tenu des capacités rebelles formées derrière la frontière turque et ailleurs (…) puis engagées dans un mode offensif vers Alep et Damas, ces villes apparaissent comme des villes « hors dimension » pour l’armée nationale et la rébellion ; la première ne les a pas trop défendue mais y a contre-attaqué en cloisonnant, la seconde a voulu s’en saisir par grignotage pour circonscrire la population mais s’est époumonée avec en plus la déflagration subie par sa propre implosion, traversée qu’elle est par des courants antagonistes, par une unité de façade.

Raison pour laquelle, il faut plutôt peut-être appliquer aux mégapoles et aux villes de grandes dimensions la stratégie de « contrôle des détroits 2» qui permet le contrôle de l’ensemble sans occuper l’ensemble, procédé utilisable par les deux parties dans les registres matériels et virtuels.

II) - Le chef militaire face à la ville :
En définitive, de façon générale puis selon les phases du continuum des opérations, les enjeux fondamentaux de l’engagement en ville se cristallisent sur les aspects suivants :

21) Décider, préparer, conduire
La conception de l’action est classique c'est-à-dire méthodique. Après avoir permis de connaître au mieux la (sa) ville – au mieux car la dimension humaine ne devient complètement accessible qu’en ville -, elle aboutit à une production millimétrée de l’engagement de la brigade jusqu’au détachement interarmes d’assaut, de défense, de contrôle ou de protection/sécurisation3. Centralisation de l’action d’ensemble et décentralisation de l’exécution jusqu’aux plus bas niveaux caractérisent la mise en œuvre. La conception de l’engagement en ville est une affaire de général en relation étroite avec ses commandants de GTIA, parce que guerre et influence s’entremêlent dès le début de l’action en ville quelle qu’elle soit.

La préparation de l’action : c’est peut-être ce volet qui distingue les opérations en ville des autres. Il n’y a pas, sauf contexte très particulier, d’opération d’opportunité ciblant une ville en intervention. Il faut la préparer de façon spécifique. A cet effet, constituer des groupements de forces eux-mêmes structurés en détachement de forces interarmes ad hoc, conséquence des décisions prises sur l’action à suivre. Une fois ceux-ci constitués, s’impose de se donner le temps nécessaire à l’entraînement opérationnel préalable à l’engagement pour passer d’une force constituée à une capacité opérationnelle réelle surtout pour driller l’intégration et la coordination des appuis et de la 3D. En termes de protection de forces, la zone de cet entraînement devra être confinée. Elle devra faire l’objet d’une opération de déception pour en cacher le plus longtemps existence et finalité.

La conduite de l’action : c’est une affaire de capitaine. L’affaire du colonel redevient presque exclusivement morale dans cette phase. Il s’expose en quasi première ligne avec l’effort ou sa réserve selon une fréquence qu’il apprécie seul mais dont l’objectif est le soutien moral de l’effort des combattants, la parade aux menaces de flancs ou contre ses vulnérabilités (pensons cyber, PC, flux de communication et log…), éventuellement la saisie d’initiative locale. En outre, il constitue le niveau de synthèse valable pour le suivi de situation tactique de référence au profit du général.

En conséquence, en termes d’emploi des PC, le PC GTIA est déployé en un PC tactique robuste, donc apte à être engagé derrière les contacts en ville et un PC majeur fonctionnant selon un système de bordées adapté à la durée prévisible de l’opération et basculant de position, moins pour des raisons de rythme que pour des raisons de protection et sauvegarde active. Il ne rentre en ville qu’une fois le succès de l’intervention de son niveau atteint et avec l’accord du niveau supérieur. Ce poste de commandement majeur dispose d’une capacité à générer un second PC tactique en cas de besoin car la permanence du commandement et des communications est la clé de l’entretien de la dynamique de l’action et de sa cohérence dans le temps.

22) – La norme « ISN » Intervention, stabilisation, normalisation
En intervention, dans une phase de duel, l’engagement en ville débouchera très probablement sur des pertes importantes, des images durables de destruction qui finissent par banaliser les adversaires. L’opinion finit par les confondre en un même acteur violent ce qui alimente sa lassitude. Le premier enjeu est donc moral. Moral de sa troupe, moral de la population victime potentielle, moral de l’opinion publique (résidente et souveraine, et la nôtre) et moral de l’adversaire et de ses soutiens.

Pour une nation civilisée, l’hypothèse d’engagement de ses forces armées en un tel espace et contexte doit être doublement légitimée par le droit et la faisabilité de l’action mais aussi par son acceptabilité, c'est-à-dire par l’évidence des gains directs qu’elle conditionne mesurés à l’aune des conséquences durables d’une telle opération de guerre ou de stabilisation dure.

Il faut arriver à convaincre que la nécessité de l’engagement dans la ville est plus rentable, en dépit des pertes et de l’image néfaste probable, que de s’abstenir et de choisir par exemple le confinement de la ville4, ou un siège durable ou son assujettissement temporaire en soudoyant les titulaires des leviers de commandement et de contrôle de la ville.

Ou bien, il faut arriver à prouver la pertinence de l’engagement en ville par la restauration rapide des conditions de vie pacifiée pour tous, permettant un retour à la normale de façon impartiale ; c’est sur ce point que se cristallisent la volonté de ceux qui conduisent l’opération et le but de ceux qui veulent la déstabiliser.

En stabilisation, des effectifs pléthoriques seront nécessaires pour dissuader, contrôler ce théâtre préfabriqué. Ne pas les consentir expose à des déboires fonction de la taille de la ville et de son degré de concentration humaine.

En termes d’emploi des PC, tous les niveaux sont amenés à être localisés en ville même lors d’une phase ponctuelle d’intervention. Chaque niveau peut donc devoir être installé sur un site principal et un site secondaire durable (en infrastructure) ou plus temporairement sur ses moyens tactiques. En tout état de cause, c’est l’aptitude à la réversibilité sur court préavis qui commande l’équipement de ces PC et de la force tant qu’elle demeure « incarcérée dans la ville.

Il n’est pas interdit d’ailleurs de se donner le moyens de disposer d’une force d’intervention destinée à la ville – le faire savoir – en la disposant au-delà de la vue directe des citadins – hors de la ville avec une capacité aéromobile pour un engagement ciblé et sidérant. Des exercices répétés devront accréditer de la pluralité des façons de l’engager et de son efficacité.

Bref, les niveaux de force doivent être capables de basculer des infrastructures sur leurs systèmes embarqués sous blindage en cas de dégradation soudaine des conditions de l’opération en cours. On parlera de redondance vectorielle des PC qui requiert une redondance partielle des SIOC. Cette bascule d’infrastructure sur les moyens tactiques fera l’objet d’exercices de contrôle de l’aptitude opérationnelle qui d’ailleurs participeront à la valorisation de l’image de la force et seront un signal clair d’une aptitude conservée « des fois que », parade au retour soudain d’un engagement durci. Passé ce stade consistant à laisser la force capable de réversibilité aux vues et au su de tous, le critère du passage à une opération de police sera affirmé et donc la relève du dispositif par une force de police devra être consommé sinon requis par l’autorité militaire. Mais ce point incontestable dans l’art de la guerre subit quelques dérives dues à certains facteurs non étudiés ici (…) Néanmoins, la maîtrise de la perception des dimensions de la ville assortie d’une démonstration la rendant accessible au décideur contribuera à crédibiliser le discours de celui qui « en charge de » invoque le devoir « de se décharger de » au motif de la mission accomplie.

Enfin, en normalisation, le risque est d’une part endogène à la force militaire et d’autre part inhérent aux formes diffuses que prennent les dynamiques de trafics et de corruptions en tout genre tirant partie de la postérité retrouvée comme un cancer.

C’est la banalisation puis la mutation de la force militaire en force de police, au risque de perdre sa réversibilité et son identité sur le temps long, qui sont à craindre. En conséquence, en ville, la solution valable consiste dans le remplacement des forces militaires par des forces de police capables avec les justices et les forces vives et civiles de la ville de juguler le second aspect des choses décrit précédemment. Les premières retrouvent leur rôle hypothétique dissuasif et d’intervention rapide en cas de difficultés, les secondes tout l’espace et la plénitude de leur mission dans un contexte déjà pacifié. Dans cette phase, les PC dérivent en PC de sortie de crise et d’appui au désengagement de la force. Ils s’appuient sur des infrastructures. La capacité militaire résiduelle d’intervention conserve son système de commandement tactique apte à l’engagement sur court préavis. Cet engagement fait l’objet d’exercices de contrôle de l’aptitude opérationnelle de la capacité d’intervention ce qui valorise aussi l’image de cette capacité et consolide le sentiment de sécurité. Les buts assignés seront ponctuels et le mode d’action sidérant.

Pour les deux derniers cas, l’étude de la ville est identique à celle menée pour une phase d’intervention en prévision du pire des cas et comme nécessité impérative pour bien l’assimiler.

En conclusion, quel que soit le mode selon lequel la force est engagée en ville, la clé du succès est la « clé de la ville ». La question se pose certainement brutalement : Connaît-on et maîtrisons-nous la clé de Bangui ? Il est clair qu’elle fait l’objet de toutes les attentions et efforts de la France en vue de son contrôle. Car, il est vrai que sa maîtrise peut permettre de solder une partie, si ce n’est la totalité du problème, avec pour conséquence immédiate de revisiter l’opération et ses effets, l’ampleur des effectifs à consentir pour la finalité recherchée. Le degré de participation de la population à la restauration du calme en dépend. Henry IV protestant a échoué à plusieurs reprises avec son armée devant Paris. Devenu catholique, elle s’est livrée à lui sans le recours des armes. La clé de la ville, c’était sa « conversion » décidée pour des raisons politiques. Dans Bangui, la clé est peut- être plutôt un trousseau, celui de ceux qui comptent « du point de vue africain » qui doivent opérer leur conversion pour adopter et s’approprier un projet de paix honorable et durable pour toutes les parties et qui commence par l’acceptation « d’une paix civile urbaine démilitarisée » sous la gérance d’un tutorat impartial de l’ONU.

ANNEXE
Les 10 dimensions de la ville
1. Horizontale (dont relief et cassures ou fractures)
2. Verticale (3D qui comprend les infra)
3. Souterraine
4. Aérienne et ou maritime (dont APOD…)
5. Logistique/économique/sanitaire/énergétique/ressources
6. Flux et réseaux (matériels ou pas, avec les nœuds extérieurs des connections…)
7. Politique, Administrative, Religieuse, Sociale et Ethnique
8. Humaine (Humaine et structurelle (les 40 acteurs))
9. Rayonnante et vivante, Médias, COM, Rumeurs, effecteurs et récepteurs, histoire et culture, éducation, événementiel)
10. Temporelle (mesure de temps des dimensions sujettes aux
mouvements, dont la 6, (ex : durée de traversée théorique, pratique, en attaque, en taxis, à pieds... Rapportée à cet examen, une grande ville tortueuse peut s’avérer plus complexe à contrôler qu’une ville moderne encore plus importante mais aux plans géométriques …)

Les 3 cercles (théoriques, ils épousent des limites concrètes de la ville. Ils sont donc conformés à la réalité physique)
1. Le cœur (à distinguer du centre éventuellement, car intègre le critère de vitalité économique et social)
2. La périphérie
3. Les approches


L’analyse conduit :
- d’une part à distinguer comme un squelette de la ville sur lequel se greffe ses fonctions vitales et décisives, des potentialités (menaces, risques, incertitudes, population, ressources) qui lui sont propres ; cette phase conduit à l’intime conviction sur la ville en soi et dans ce qui en permet le contrôle. Sur les dimensions 7,8 et 9, les lieux et moments de contrôle peuvent être extérieurs à la ville...
- d’autre part à militariser cette vision (au sens global) au regard de l’opération à réussir en son sein ou compte tenu de son existence (incidence sur...(Rommel vers le Caire ne pouvait ignorer Tobrouk – mais s’il avait pu, il l’aurait laissée à l’état de poche confinée, comme les alliés l’ont fait pour Lorient en 1944-1945…). Au regard, aussi de ce qu’est la ville pour l’ennemi, l’adversaire, l’incontrôlé, la population « résiduelle », les médias…Cette « suranalyse » qui va haut-delà de la notion de « go/no go », va transformer les caractéristiques dégagées auparavant en caractéristiques d’intérêt militaire (tel gymnase devient un point potentiel de regroupement (bleu, pop, refugiés, prisonniers, capturés, blessés…) ; l’usine de traitement/production de l’eau potable, arrêtée pour cause d’inadéquation avec les standards sanitaires modernes liés à l’environnement, devient un moyen décisif d’influence pour gagner la confiance de la population, à condition d’une remise en route rapide, dans une ville privée d’eau la nouvelle usine, extérieure à la ville, ayant été détruite ou polluée…).

La conclusion majeure de l’analyse peut enfin très bien être négative : Telle ville est incontrôlable. Ce qui peut entraîner des décisions d’évitement ou de contrôle partiel (notion de « détroits »)…

Les 40 acteurs génériques
1. Les acteurs institutionnels supranationaux (ONU, UE…)
2. Les acteurs internationaux
3. Les acteurs étatiques souverains (Etat, exécutif, dont justice…)
4. Les acteurs institutionnels représentatifs (législatif…)
5. Les acteurs institutionnels régionaux
6. Les acteurs institutionnels territoriaux ou locaux
7. Les OI (internationales)
8. Les OG nationales
9. Les ONG internationales
10.Les ONG nationales, locales
11.Les acteurs religieux
12.Les forces militaires internationales
13.Les forces militaires nationales
14.Les milices privées
15.Les services de sécurité internationaux
16.Les services de sécurité nationaux
17.Les services de sécurité privés
18.Les forces de sécurité internationales
19.Les forces de sécurité nationales
20.Les douanes
21.Les services sanitaires
22.Les services et/ou entreprises de COM, Médias…
23.Les services et/ou entreprises d’énergie
24.Les services logistiques
25.Les services financiers
26.Les services sociaux
27.Les services de voirie et de traitement des eaux
28.Les services et/ou entreprises de transports (surface, air, sous-sol)
29.Les acteurs économiques (internationaux, nationaux, locaux)
30.Les acteurs financiers (internationaux, nationaux, locaux)
31.Les acteurs industriels (dont labo R et D…)
32.La, les habitants (s) (approches multicritères dont passagers…)
33.Les réseaux (humains, physiques, virtuels)
34.La menace (l’ennemi, l’adversaire…)
35.Les complices, appuis et soutiens
36.Les bandes (incontrôlés et trafiquants)
37.Les indécis
38.Les criminels
39.Les acteurs intellectuels, culturels et éducatifs (dont scientifiques…)
40.La, les rumeur (s)

Nota : L’analyse permettra évidemment de distinguer des acteurs mixtes ou plus complexes….
1 Jean de Pierrefeu dans Grand Quartier Général - Le quotidien d’un état-major de guerre aux éditions L’Harmattan, Tome 1, partie II
chapitre III « La bataille de Verdun », page 146 : « Notre attitude passive – qui, d’ailleurs, cachait la préparation de l’offensive de la Somme – semblait nous satisfaire puisque le résultat final de ces assauts infructueux devait être l’usure de l’armée ennemie. » Les combats de Verdun au sens strict ne sont pas des combats en ville bien qu’elle sera détruite mais cette bataille en revêt tous les aspec ts et les dimensions dont la dimension « rayonnante » en termes de communication et d’effet sur l’opinion.
 
2 Notion qui ne se réduit pas au système de « check-points »
 
3 Les DIA selon le mode et au sein d’un même mode sont constitués pour des actions offensives, défensives, de protections ou de contrôle.
 
4 Poches de Royan et Lorient laissées sur les arrières des armées alliés en 1944 dans leur marche vers l’Est et définitivement soldées qu’en 1945


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