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Histoire et Stratégies

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Le combat de Berry-Au-Bac - Le 16 avril 1917

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Par DESTIA

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Depuis janvier 1917, l'armée française prépare une offensive majeure dans le secteur du chemin des Dames en vue de rompre le front entre Soissons et le nord de Reims.

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1e guerre mondiale

FRANCE - Gal Passaga - 32e C.A. à 4 divisions d'infanterie appuyés par 5 régiments d'artillerie et 132 chars Schneider1
ALLEMAGNE - GAL Von Below et Von Böhm - Unités de la Ie et VIIe armées renforcés d'une aviation d'observation et de chasse2.

Contexte général :

La 5e armée, dont fait partie le 32e CA, doit se saisir des hauteurs de Craonne. L'arrière du front est aménagé pour faciliter la montée en ligne et la mise en place des batteries d'artillerie. Les crêtes qui dominent la vallée de l'Aisne sont fortifiées. Dans la nuit du 15 au 16 avril, en prévision d'une avance importante, des régiments de cavalerie s'installent en réserve d'exploitation au sud-ouest de Berry-Au-Bac. Les chars sont rassemblés en arrière de la 42e DI.
Les 4 divisions du 32e CA ont reçu les objectifs suivants : la 69e DI doit attaquer Juvincourt puis revenir vers Prouvais, la 165e DI doit marcher directement sur Prouvais, la 42e DI renforcée des chars doit s'emparer de Condé-sur-Suippe puis de Guignicourt et la 40e DI doit conquérir la côte 108 et Sapigneul.

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Le combat de Berry-Au-Bac - Le 16 avril 1917

Déroulement de la bataille :

L'attaque débute le 16 avril à 06h00 après 5 jours de bombardement. Le sol est marécageux. Il tombe une pluie fine. Les réseaux de barbelés allemands sont sérieusement entamés mais de nombreux ouvrages fortifiés sont intacts.

Temps 1 :
Assaut de la 1e et 2e ligne allemandes (16 avril 06 heures-10 heures):
La 69e DI atteint rapidement la ferme du Choléra et établit la liaison avec la 165e DI à la ferme de Mauchamp. Les deux divisions sont fixées au bois Claque-Dents au sud de Juvincourt par des feux de mitrailleuses terrestres mais aussi aériennes. La 42e DI peut légèrement avancer et coiffer la côte 108 sans pouvoir déloger les Allemands solidement retranchés. Un de ses régiments atteint le camp de César et les sorties Ouest de Condé-sur-Suippe. La 40e DI est fixée dès son débouché.
En 2e échelon, les chars en appui de la 42e DI progressent très difficilement. Ils sont gênés par les fantassins en 1e échelon, les cratères d'obus et les pannes.

Le combat de Berry-Au-Bac - Le 16 avril 1917

Temps 2 : Echec de l'assaut (du 16 avril 10 heures - 18 avril)
La 40e DI, dont l'encadrement est décimé, est refoulée sur ses positions de départ. Elle mènera ensuite un combat uniquement défensif.
A 10 heures, les chars atteignent le carrefour du Choléra et franchissent la deuxième position allemande.
A 14h30, les Allemands contre-attaquent à partir de Prouvais. L'artillerie lourde permet de les arrêter.
A 15 heures, les chars appuient l'action du 94e RI (42e DI) au niveau du camp de César mais ils sont rapidement mis hors de combat. A 17h30, les chars, dont l'action a permis malgré les pertes d'arrêter deux contre-attaques allemandes, se replient. L'artillerie française limite ses tirs d'appui pour les échelons de tête afin de conserver des stocks de munitions en cas d'une contre-attaque.
Après 6 heures de combat, la capacité opérationnelle des régiments d'infanterie a fortement chuté. Au soir du 16 avril, le 32e CA est incapable de manoeuvrer.
Les Allemands contre-attaquent massivement le 18 avril à partir de leurs positions fortifiées au sud de Juvincourt. L'intervention de l'artillerie permet de les repousser.

Temps 3 : Le retour au statu quo ante (19 avril - 4 mai)
Les positions se figent. Les protagonistes réalisent des bonds de quelques centaines de mètres mais sans pouvoir tenir le terrain conquis. La côte 108 est complètement reconquise par les Allemands.

BILAN :

France : 40 % de pertes dans les unités d'infanterie, 76 chars perdus dont 57 du fait des Allemands. La disproportion entre les moyens engagés, les pertes subies et les gains obtenus en font un échec tactique pour les Français. Le moral est sérieusement atteint.
Allemagne : Malgré la puissance de l'attaque, les Allemands ont rétabli leur dispositif en 48 heures.

Enseignements du combat :

Aménagement du terrain :

L'emploi du béton a durci les positions défensives allemandes limitant les effets de l'artillerie française.
Les chars ont vu leur avance freinée voire arrêtée par les cratères d'obus créés par la préparation d'artillerie.

Intégration interarmes :

Le baptême du feu des blindés français confirme le besoin d'entraînement entre unités blindées et infanterie d'accompagnement.
L'attaque de positions fortifiées nécessite l'emploi de feux directs puissants et d'unités de génie dont sont dépourvues les unités d'assaut françaises.
L'emploi des feux d'artillerie est nécessaire pour les temps préliminaires mais aussi pour appuyer les unités au contact. L'infanterie a manqué de fusées signalétiques pour guider les tirs d'artillerie (feu roulant)

Chaîne du RETEX :
Les leçons tirés du premier engagement des chars français sont recueillis à chaud et appliquées lors les engagements suivants ( 5 mai 1917 sur le plateau de Craonne ).
 
1 Pour le secteur de Berry-Au-Bac
2 Pour le secteur du Chemin des Dames