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Histoire et Stratégies

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Le combat des Cadets de Saumur 2ème partie

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Par le CBA Eric Henrio

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Après l’offensive de mai 1940, la France ne dispose plus alors que de 40 divisions parvenant toutefois à se replier en bon ordre, face à 138 divisions ennemis attaquant sur 3 axes en direction de Rouen, Paris et Dijon. Remplaçant le Général Gamelin le 19 mai à la tête des armées, le Général Weygand ne peut cependant que constater l’ampleur de la catastrophe. Ne pouvant repousser l’invasion, il décide fin mai de défendre toutes les coupures humides afin d’empêcher la progression ennemie vers le SUD.

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Les combats : une défense vouée à l’échec :

À 13h30 le 18 juin, le Colonel MICHON déploie son PC sur la crête à 800 m à l'est du château de Saumur. Répartissant ses 1800 hommes sur la ligne de front, l’attente débute. Elle sera brisée à 21h par le chef de gare de Château-du-Loir qui signale l'arrivée adverse.

Les éclaireurs envoyés sur la rive nord sont rappelés. À minuit 15, le 19 juin, les premiers éléments allemands (quelques blindés et motocycliste) se présentent à l'entrée du pont de Saumur. Ils sont immédiatement détruits. La bataille est engagée.

Côté allemand, c’est l’incompréhension. On ne s'attendait pas (ou plus) à une quelconque résistance. Le général Feldt donne l'ordre de se préparer à livrer combat. Mais avant de s'engager sur le pont de Saumur, les charges du 6ème régiment du Génie sont déclenchées. Les chars allemands se déploient alors de part et d'autre du pont détruit et ouvrent le feu sur la

rive sud. Après la prise de contact, les ponts de MONTSOREAU, et le viaduc de chemin de fer sont également détruits par les défenseurs. Les Allemands décident alors de concentrer leurs effort sur Saumur.

Le 19 juin, le contact a été pris sur les 40 km de front. Le gros des troupes allemandes continuent d’arriver. Cela sera encore le cas toute la journée. L’artillerie se déploie et met en batterie des pièces de 77 et de 105, ainsi que des mortiers. Ces pièces commencent à pilonner Saumur. Repérées facilement, elles restent néanmoins hors de portée de tout tir de contrebatterie. En début d'après-midi, l'infanterie allemande poursuit son regroupement. Cependant, toutes les tentatives de franchissement échouent. Pourtant, face à un tel regroupement de force, la décision de détruire le pont de Gennes est prise. Il est dynamité à 16 h. Les Allemands répliquent par un violent tir d'artillerie sur les rives de Saumur et les voies d'accès à la ville. Les hommes du Colonel MICHON tiennent bons. Une fois les lignes de communication détruites, les tirs cessent. L'attaque est pour bientôt. Les défenseurs détruisent alors le deuxième pont de Saumur, reliant l'île Offard à la rive sud, afin de ralentir la progression ennemie si par malheur il devait y prendre pied.

L’assaut commence à 21 h mais pas du tout sur Saumur. ! Un violent bombardement est lancé sur l'île de Gennes. De nombreuses embarcations sont mises à l'eau et abordent l'île pour y débarquer des centaines de soldats. Les défenses déclenchent immédiatement un tir de barrage efficace. L'issue est longtemps indécise mais, les crépitements cessent à 23h30. Malgré tous ses efforts, l'ennemi a été repoussé sans parvenir à prendre pied sur la rive sud. 

A 2h du matin, dans la nuit du 19 au 20 juin, les deux compagnies d’EAR de l'École d'infanterie de Saint-Maixent arrive en renfort. Elles sont affectées à la défense de Saumur. Le répit sera de courte durée. A 4h05, l'artillerie allemande déclenche un nouveau bombardement sur les défenseurs de Gennes. Les lignes de défense sont littéralement écrasées sous les obus, tout comme la crête du château de Saumur où se trouve le PC du Colonel MICHON. L’attaque générale est déclenchée.

La défense de Saumur :

Plusieurs vagues d’assaut s’élancent à l’attaque de la rive SUD à SAUMUR et GENNES. À Saumur, la moitié des embarcations sont détruites avant d'avoir pu atteindre le rivage. L'ennemi parvient tout de même à débarquer. Les combats sont violents mais la protection de la ville tient bon.

À Gennes, en revanche, les bombardements d’artillerie ont durement éprouvé l’escadron de défense et les tirs de barrages jusqu’alors si efficaces faiblissent. Une forte troupe prend pied sur l'île. Les Français les engagent au corps à corps, avant d'être définitivement submergés. Poussant leur avantage et poursuivant sur leur lancé, l’assaillant passe le second bras de la Loire et atteint la rive sud. L'escadron français est repoussé et son commandant est tué à la tête de ses hommes. A la mi-journée, une brèche d'un kilomètre apparait dans les défenses françaises. 

A Saumur, les Allemands prennent peu à peu le dessus. Le bataillon Saint-Maixentais, sous les ordres du capitaine Bleuze, est prêt à contre-attaquer. Ses élèves sont rejoints par quelques éléments du 13ème tirailleur qui sont parvenus à se replier sur Saumur. D'autres unités, surprises par la percée allemande, ont eu moins de chance et se retrouvent isolées derrière les lignes ennemies. Des chars français s'engagent alors pour fixer le feu adverse et couvrir la progression des troupes. La manœuvre réussit mais au prix du sacrifice de ces éléments blindés. Le bataillon de Saint-Maixent peut enfin lancer sa contre-attaque. Au prix de lourdes pertes, il parvient à reconstituer la ligne de front à Saumur. 

A Gennes, l’avancée allemande se heurte une fois de plus à une résistance inattendue. Le capitaine Foltz commandant un escadron de l’école de cavalerie a reçu le soutien de deux chars. Il lance également une contre-attaque et parvient à reprendre la ville rue par rue, jusqu'aux positions défensives de la veille. Une nouvelle attaque allemande le force à reculer, submergé par le nombre. À Saumur, un nouveau blitz d'artillerie est déclenché. Malgré ce déluge de feu, tous les assauts sont repoussés et la ligne est tenue. Le 20 juin au soir, Saumur est toujours aux mains des français.

La rupture

Après prêt de 48 heures de combats acharnés, la situation n’est plus tenable pour les défenseurs. Tenue en échec sur cette partie de la LOIRE, les unités allemandes ont pu franchir le fleuve plus en amont et également en aval. Les forces du Colonel MICHON seront bientôt prises à revers.

Le commandement décide de décrocher à la faveur de la nuit. Le général PICHON enverra un message au colonel MICHON lui demandant d’envisager le repli « afin de ne pas sacrifier inutilement la future élite de la cavalerie française ». Ne disposant plus de réserve alors que toutes ses troupes sont engagées pour tenir le front, bientôt à cours de munitions, cette décision s’impose. Afin d’éviter la destruction de ces troupes, la retraite est ordonnée à 21h30, sur la Vienne.

Le vendredi 21 juin, les éléments français sont malheureusement rattrapée dans la forêt de Fontevrault. Sur ordre, les élèves qui n'ont plus de munitions se rendent. D’autres poursuivent leur marche vers le sud, menés par le Capitaine FLOTZ, le même qui a repris Gennes la veille. Il continue le combat avec succès à Argenton le 21. Le succès est encore au rendez-vous le 22 à Bressuire. Cependant, à cours de munitions, il doit également cesser le combat le 23, dans la forêt de Secondigny. Il y ordonne que les armes soient enterrées et l'ordre de dispersion est enfin donné.
Au terme des combats, les pertes sont sévères : 250 tués ou blessés côté français, et 132 tués et plusieurs centaines de blessés du côté allemand. Pour autant, cet acte héroïque n’aura que peu ou pas d’impact sur les conditions de l’armistice, l’avancée allemande n’ayant été retardée que d’une journée et demie.

218 soldats sont faits prisonniers mais seront relâchés quelques semaines plus tard sur décision personnelle du Général FELD. Les élèves et leur encadrement n’avaient aucune chance de stopper longtemps l’ennemi sur la Loire avec un si maigre effectif, armé de moyens d’instruction, sans approvisionnement sérieux en armes de guerre, en munitions, en moyens de durer et de vivre en campagne. L’acte de bravoure que constituent les combats de Saumur aura été salué par l’adversaire. Les honneurs militaires seront rendus le 6 juillet par les Allemands avant le passage en zone libre des cadets.

Le but du colonel Michon aura été de défendre l'honneur de son Ecole et de son pays quand nombreux furent ceux qui avaient décidé de baisser les bras. Il aura réussi bien au-delà de ce qu’il pouvait imaginer.

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