Traitement en cours, merci de patienter...
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Image
Image
Saut de ligne
 
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Image
Image
Saut de ligne
Histoire et Stratégies

Image
Saut de ligne

Le commandement français en 1940 : Les généraux tués à l’ennemi en mai –juin 1940.

Image

Par le LCL Franc

Image

Une bonne armée se mesure à la capacité qu’ont ses généraux à se faire tuer convenablement.

Image
Image
Au soir de La Moskowa, en septembre 1812, le maréchal Bessières, commandant la Cavalerie de la Garde faisant part à l’Empereur du coût humain de cette bataille, notamment en généraux de cavalerie[1], se voit vertement remettre à sa place par cette réplique sans appel : « Monsieur de duc d’Istrie[2], une bonne armée se mesure à la capacité qu’ont ses généraux à se faire tuer convenablement. » Si l’on s’en tient à cet adage napoléonien, nul doute alors que l’armée française de 1940 était une bonne armée, plus d’une dizaine de ses généraux dont il sera question ici se sont, en effet, « convenablement fait tuer » en une campagne qui a duré un peu plus de six semaines.

Qui sont-ils ? Onze terriens[3] en y incluant le général d’armée Billotte, tué dans un accident de circulation, au milieu de ses troupes et à qui le titre de « mort pour la France » a été décerné. A l’exception d’un polytechnicien et d’un saumurois, tous les autres sont saint-cyriens. Quatre appartiennent à la 9è armée, l’armée qui a pris de plein fouet le choc allemand dans les Ardennes entre Namur et l’est de Sedan, et au total, huit ont trouvé la mort au cours de la première phase de la campagne, soit pendant et avant Dunkerque. S’agissant de leurs fonctions, ils assuraient tous, à deux exceptions près, des responsabilités de commandement de grande unité. A l’exception d’un artilleur, ils sont tous issus des armes de mêlée, avec une proportion de cavaliers bien supérieure à la représentativité réelle de leur arme. Enfin, Ils ont été nommés généraux en moyenne à 53 ans, soit des normes tout à fait comparables aux normes actuelles.

Ce sont les commandants du 1er groupe d’armées, le général Billotte, du 2è corps d’armées, le général Bouffet, des 2e et 4è divisions légères de cavalerie, les généraux Berniquet et Barbe, de la 84è division d’infanterie nord africaine, le général Ardant du Picq, des 12è, et 60è divisions d’infanterie, les généraux, Janssen, et Deslaurens, de l’infanterie divisionnaire de la 21ème D.I., le général Caille, et de la 2ème brigade de cavalerie, le général d’Humières, le chef d’état-major de la 9è armée, le général Thierry d’Argenlieu[4] et enfin, le commandant du groupe de dépôts de remonte, le général Courson de Villeneuve.

Mis à part ce dernier, sorti sous lieutenant de Saumur en 1904 après s’être engagé en 1900 au 3ème Chasseurs d’Afrique, et le général Janssen, polytechnicien, tous les autres sont saint-cyriens. Les plus anciens sont le général Billotte, de la promotion « La première des grandes manœuvres » (1896 – 1898) qui choisit l’infanterie de marine (qui allait devenir, en 1900, l’infanterie coloniale) et le général Berniquet, de la même promotion qui, lui, sort dans la cavalerie. Un an plus tard, promotion « de Bourbaki » le futur général Ardant du Picq intègre la Spéciale pour en sortir dans l’infanterie. Il est suivi des généraux Bouffet et Caille, de la promotion « du Tchad » (1900 – 1902) et qui sortent dans la cavalerie pour le premier et l’infanterie pour le second. En 1902, promotion « du Sud Oranais », intègrent les futurs généraux Barbe et d’Humières qui, tous deux sortiront dans la cavalerie. Un an plus tard, promotion « de La Tour d’Auvergne », suit le futur général Deslaurens qui sortira dans l’infanterie coloniale. Enfin, le moins ancien, le futur général Thierry d’Argenlieu, intègre l’Ecole en 1907 avec la promotion « du Centenaire » à l’issue de son année réglementaire dans la troupe et en sort dans la cavalerie.

Compte tenu de leur âge, tous ont évidemment participé aux combats de la Grande Guerre, dans la troupe pour l’intégralité d’entre eux. Capitaine depuis 1910, le général Ardant du Picq débute le conflit aux colonies où il appartient, en 1915, à la colonne qui conquiert le Cameroun, ce qui lui vaut sa première citation. Affecté en métropole à l’issue, il commande un bataillon de coloniaux en Champagne où il est grièvement blessé et mérite une palme. A l’issue de son congé de convalescence, il rejoint le ministère des Colonies où il est promu chef de bataillon à titre définitif. Deslaurens, l’autre colonial, suit un parcours en tout point semblable : il fait également partie de la colonne du Cameroun avant d’être affecté sur le front français où il combat à Verdun en 1916 sous les ordres de Mangin et au Chemin des Dames en 1917, au sein du 1er C.A.C[5], ce qui lui vaut d’achever la guerre chevalier de la Légion d’honneur et titulaire de six citations en ayant été blessé deux fois. Quant à Billotte, le dernier colonial, plus ancien, il débute la guerre au Maroc où il participe aux opérations du corps d’occupation jusqu’en 1915 où il est cité. Lieutenant-colonel, il est affecté au G.Q.G. comme chef de la section Théâtres d’opérations extérieures lorsque la responsabilité du commandant en chef s’y étend. Promu colonel en 1916, il rejoint l’état-major de l’Armée comme chef du 3è bureau du groupe de l’avant[6]. Ayant demandé un commandement en unité combattante, il est nommé commandant de l’infanterie divisionnaire[7] de la 39è D.I. Il y est cité deux fois et intoxiqué par hypérite au Mont Kemmel. S’agissant des fantassins, le futur général Caille est blessé trois fois et cité trois fois.
Quant aux cavaliers, Bouffet, capitaine depuis deux ans, est stagiaire à l’Ecole de Guerre où il achève sa première année lorsqu’éclate la guerre. A la mobilisation, il rejoint l’état-major d’une division de cavalerie. Il sert au sein de plusieurs états-majors avant de rejoindre le G.Q.G. En juillet 1917, désigné pour un commandement dans la troupe, il demande son changement d’arme pour l’infanterie où il commande un bataillon avant de rejoindre l’état-major du G.A.R[8]. en 1918. Il est cité cinq fois, dont trois fois à l’ordre de l’armée. Quant au futur général Barbe, également breveté avant guerre, la guerre le surprend au Maroc où il est promu capitaine et demeure jusqu’en 1916. Muté au front, il demande à servir dans les rangs de l’infanterie, tout en demeurant rattaché à son arme d’origine. Blessé deux fois, il est promu chef d’escadrons et achève la guerre titulaire de six citations. Plus ancien, le futur général Berniquet effectue toute la guerre au front, au sein de son arme. Blessé à Nieuport, deux fois cité, il est affecté en juillet 1918 à la direction de la cavalerie. Le futur général de Villeneuve est également au Maroc en 1914, où il encadre les premières formations de spahis marocains qui y sont mises sur pied. Il rejoint le front français en 1915 où il combat dans l’infanterie, tout en demeurant rattaché à son arme. Il achève la guerre chef d’escadrons, titulaire de huit citations. S’agissant du futur général d’Humières, il entre en campagne avec le 31ème Dragons[9] et se distingue en Lorraine, dans des actions de découverte visant à couvrir la concentration de la 2è armée. Son régiment prend part ensuite aux actions du Corps Conneau, avant d’être engagé, armé de ses seules carabines et lances, dans la mêlée des Flandres où il lui faut contenir les premiers assauts allemands. Commandant un escadron en 1915, le capitaine d’Humières ne peut exploiter, la percée n’ayant pas eu lieu en Champagne. Il rejoint alors l’aviation, en plein essor, après avoir été affecté à l’état-major de la 2ème division de cavalerie. Volontaire pour rejoindre les rangs de l’infanterie, tout en demeurant rattaché à son arme, il commande une compagnie de chasseurs avant de prendre comme chef d’escadrons, le commandement d’un bataillon du 19è R.I. Trois fois blessé, il achève la guerre titulaire de six citations. Thierry d’Argenlieu, enfin, débute la guerre dans son arme, puis, en 1916, demande un changement d’arme au profit de l’infanterie. Ayant passé toute la guerre au front dans la troupe, il l’achève avec deux blessures et six citations. Enfin, le futur général Janssen, effectue également toute la guerre au front, comme artilleur. Il est l’objet de quatre citations.

L’entre deux guerres sera marquée pour tous par une alternance de temps de commandement et d’affectations en état-major ou à l’étranger. Mis à part le général Billotte qui sert à la fois au Levant et au Maroc, aucun ne fait campagne dans les T.O.E. S’agissant de commandements, le général Ardant du Picq commande la 6ème brigade d’infanterie coloniale à Paris, le colonel Deslaurens le R.I.C.M. à Aix en Provence, le colonel Bouffet le 67ème R.I. à Soissons, le colonel Caille le 168ème R.I.F à Thionville et le colonel d’Argenlieu succède au colonel de Lattre au commandement du 15.1 à Metz où il commande en même temps que le colonel de Gaulle. S’agissant des cavaliers, le colonel Barbe commande le 6è Dragons à Paris, le colonel Berniquet le 19è Dragons à Dinan, le colonel de Villeneuve le 4ème Spahis tunisiens en Tunisie et le colonel d’Humières le 9ème Dragons à Epernay.


La guerre surprend le général Barbe au Levant où il y commande les formations de cavalerie. Divisionnaire depuis décembre 1939, il rejoint la métropole pour y prendre le commandement de la 4ème D.L.C., créée le 15 février 1940. Grande unité bicéphale, une brigade de combat à cheval et une autre mécanisée (un régiment de dragons portés et un régiment de découverte[10]), elle constitue un compromis boiteux entre le tactiquement souhaitable – la transformation de toutes les D.C[11]. en D.L.M.[12] – et le possible par une industrie de guerre qui, en dépit des efforts de Raoul Dautry n’a pas encore atteint son rendement optimal. La 4ème D.L.C. constitue la grande unité de découverte et de couverture de la 9è armée. A ce titre, mise en alerte le 10 mai, elle précède les gros de l’armée sur la Meuse et franchit la coupure pour aller prendre contact avec les gros ennemis le plus en avant possible, de manière à en définir les contours, la nature, le volume et l’attitude. Ayant pris contact avec les têtes du Panzer Korps de Hoth le 11, elle ne peut que les jalonner. Elle repasse la Meuse le 12 mai et, le lendemain, le général Barbe est chargé, aux ordres du 2ème C.A., au nord de Dinant, de participer au rétablissement du dispositif percé sur la Meuse par la 7ème Panzer. La 4ème D.L.C. constitue l’aile sud du corps d’armée. Le 14 mai, à 17 heures, le général Barbe quitte son PC pour aller se rendre compte sur place de la situation. Il est tué d’une balle en pleine tête alors qu’il prenait contact avec le colonel du 14ème Dragons portés.

Promu général de corps d’armée le 15 janvier 1940, le général Bouffet commande le 2è C.A. qui, après avoir été placé en réserve du G.Q.G. est subordonné à la 9ème armée. Dans le cadre de la manœuvre « Dyle », il doit, depuis la position frontière en France, se porter à hauteur de Namur, c'est-à-dire qu’il a la distance la plus longue à parcourir avec le risque d’un combat de rencontre à hauteur de la coupure. C’est la situation à laquelle se trouve confronté le général Bouffet qui doit, dès le 12 mai soir, faire face à des infiltrations ennemies sur la rive gauche de la Meuse, notamment à hauteur de l’écluse et de l’île de Houx, jointure entre son corps et le 11è. Le général Bouffet fait preuve d’une grande activité, se rendant sur place dès que des comptes rendus critiques lui parviennent. Le 16 mai, il reçoit l’ordre de repli, le dispositif de la 9ème armée étant totalement percé. Ayant opté pour commander ce repli depuis un PC tactique allégé, à hauteur de ses PC de divisions, celui-ci se trouve attaqué par l’aviation ennemie. Le général Bouffet est alors tué lors de cette attaque.

Ayant accédé aux étoiles en mars 1939, le général d’Humières commande la 2ème brigade de cavalerie à Alençon, commandement qu’il conserve à la mobilisation. Commandant la brigade de combat de la 1ère D.L.C., rattachée à la 9ème armée, il entre en Belgique dès sa mise en alerte le 10 mai où il prend contact avec les têtes de la 7è Panzer (Rommel) le 11. Renforcé d’infanterie et formant groupement inter armes, le général d’Humières reçoit une mission de freinage pour laquelle ses éléments sont peu adaptés (peu de canons anti-chars). Il parvient néanmoins à gagner pratiquement 24 heures sur les hauteurs est de la Meuse avant de franchir la coupure. Réorganisée en groupement mixte (19ème Dragons, 5ème Dragons portés, 77ème et 125ème R.I.), la brigade du général d’Humières reçoit une nouvelle mission de freinage après que le dispositif de la 18ème D.I. ait été rompu sur l’axe Dinant – Philippeville par une attaque de chars. Relevé par la 4ème D.I.N.A.[13] dans la journée du 16 mai, le général d’Humières installe pour la nuit son groupement en point d’appui fermé en « hérisson » à hauteur du carrefour de Pied du Terne. Au cours de la nuit, vérifiant par lui-même que toutes les dispositions de sûreté ont bien été prises, il est tué lors d’un accrochage.

Rapatrié à l’issue d’un séjour en Annam l’été 1939, le général Deslaurens est nommé directeur des étapes[14] du Détachement d’armée Corap – future 9è armée – avant de prendre le commandement de la 60ème D.I., division de formations de catégorie « B ». Alors qu’il n’avait commandé jusque-là que des engagés[15], notamment au R.I.C.M., il commande maintenant des rappelés bretons et sarthois, souvent âgés, mais solides. Il va faire porter tous ses efforts sur l’instruction de ses personnels et leur dotation en matériel, si bien que, le 10 mai, la 60ème D.I. est une grande unité cohérente. Dans le cadre de la manœuvre Breda, il parvient aux bouches de l’Escaut où il prend contact avec les Hollandais qui capituleront trois jours plus tard. Replié sur ordre sur Walcheren, il en organise la défense et groupe sous son commandement sa propre division et la 68ème. Soumis à une violente attaque allemande, il reçoit l’ordre de rembarquer à Flessingue dans la nuit du 17 au 18 mai à bord de bâtiments de la Marine commandés par l’amiral Platon. Ulcéré de l’emploi que le commandement a fait de sa division, le général Deslaurens planifie le rembarquement, puis demeurant à terre, prend le commandement du dernier détachement qui le couvre. La 60ème D.I. ayant rembarqué, ce détachement sera entièrement détruit à moins de 500 mètres du môle d’embarquement, le général Deslaurens tué en servant le dernier FM en état de fonctionnement.

Ayant accédé aux étoiles en mars 1940, le général Thierry d’Argenlieu est nommé chef d’état-major de la 9è armée. Ayant assisté au démantèlement du dispositif de son armée, le 18 mai, alors que le général Giraud vient d’en prendre le commandement et décide d’utiliser un PC tactique allégé, il se porte au PC principal installé au Catelet. Durant son déplacement, il se heurte à une colonne blindée allemande et, au cours de cette action, il est tué, tandis que son nouveau chef ne tarde pas à être capturé.

Promu général de brigade en septembre 1939, le général Caille commande l’I.D.[16]de la 21ème division. En permission le 10 mai, il rejoint immédiatement sa division avant qu’elle ne débute son mouvement vers la Hollande, dans le cadre de la manœuvre « Breda ». Dès le 15 mai, la 21ème D.I. doit se replier en Belgique, puis retraiter vers le nord de la France avec l’ensemble du G.A.1. Le 22 mai, la division est désignée pour assurer la défense de Boulogne-sur-mer. Rapidement encerclée, certains éléments de la division ne peuvent rejoindre. Le général Caille organise la défense de la ville en trois secteurs et, dès le lendemain est soumis à une puissante attaque allemande. Totalement isolés, les restes de la division reçoivent l’ordre de tenter l’exfiltration de la ville dans la nuit du 24 au 25 mai. C’est au cours de cette action, à la tête d’une des colonnes, que le général Caille sera tué au cours de la nuit.

Nommé général en mai 1936, à la mobilisation, le général Janssen commande la 12ème division d’infanterie motorisée. Engagé en Moselle dès le mois de septembre, il y est cité à l’ordre de l’armée et il est promu divisionnaire en décembre 1939. Mise en alerte le 10 mai 1940, la 12ème D.I.M. pénètre en Belgique, défend la partie sud de la trouée de Gembloux et, au même titre que toutes les grandes unités du G.A. 1, entame un mouvement de repli. Désigné pour participer à la défense du réduit de Dunkerque, le général Janssen passe aux ordres du général Fagalde : il est chargé de la défense du secteur est. Il établit son P.C. au fort des Dunes. Le 2 juin, alors que les dernières unités alliées sont sur le point d’embarquer, le général Janssen se tient à la porte de la casemate qui abrite les personnels de l’A.D.[17] lorsqu’une salve d’obus s’abat sur la place d’armes du fort. Le général Janssen est tué sur le coup. Il sera inhumé dans la soirée dans les douves du fort. Ancien professeur à l’Ecole de guerre, une salle de l’actuel CESAT (centre d’études stratégiques de l’armée de Terre) porte son nom, dans le couloir de l’ancienne « première année ».

A la déclaration de guerre, le général Ardant du Picq, commande la division de Sousse en Tunisie qui se transforme en 84ème D.I.N.A.[18] (4è et 8è R.T.T[19]. et 8è Zouaves) et il occupe le secteur est de la ligne Mareth entre Gabès et la mer. Relevée en décembre 1939 et embarquée à Bizerte pour la France en mai 1940, la division est placée en réserve du G.Q.G. et mise à disposition de l’armée de Paris début juin. Commandant une grande unité d’active à effectifs pratiquement complets, mais souffrant de nombreux déficits en matériel automobile, le général Ardant du Picq est chargé de la défense du secteur ouest de la capitale, entre Poissy et Senlis ; il installe son P.C. au château d’Ecouen et organise une défense en profondeur, profitant des nombreuses coupures qui barrent les axes de progression. Le 8 juin, voulant reconnaitre les positions tenues par ses régiments dans la région d’Eaubonne, sa voiture est mitraillée par un avion allemand et le général Ardant du Picq, touché, est tué.

En septembre 1937, le général Berniquet prend le commandement de la 2ème D.C., la division de cavalerie emblématique de Lunéville, commandement qu’il conserve à la mobilisation. En mars 1940, il transforme sa division en D.L.C., rattachée à la 2è armée. Mise en alerte le 10 mai, elle pénètre en Belgique et au Luxembourg où elle prend rapidement contact avec les têtes du 19ème Panzer Korps de Guderian qu’elle jalonne jusqu’à la Meuse. La division est alors repliée en arrière de la position défensive de Carignan où elle va avoir à soutenir d’abord la contre attaque du 10ème C.A. vers la Meuse – qui échoue -, puis celle des 3ème D.C.R. et 3ème D.I.M. en direction de Stonne. Elle s’y usera jusqu’à son transfert, très amoindrie, vers le front de la Basse-Somme le 23 mai. En soutien de la 4ème D.C.R. (colonel de Gaulle), le général Berniquet participera aux tentatives de réduction de la tête de pont d’Abbeville. Maintenue sur la Somme, son dispositif est débordé et la 2ème D.L.C. se trouve rabattue contre la côte. Le général Berniquet prend alors le commandement d’un groupement formé par les restes de sa division et de la 5ème D.L.C, regroupé entre Veules-les-Roses et Saint-Valéry-en-Caux où il installe son PC. Maintenant une « croûte » de résistance pour permettre le rembarquement de la 51ème division écossaise, le périmètre défensif se rétrécit de plus en plus, si bien que, en fin de journée du 11 juin, le P.C. du Groupement se trouve pris sous les tirs directs allemands. A 20 heures, le PC est attaqué et le général Berniquet est grièvement blessé. Evacué sur une antenne allemande, il y décèdera le lendemain, après que toute résistance aura cessé dans la tête de pont.

Atteint par la limite d’âge de colonel en 1937 et nommé général de brigade dans la 2ème section, le général Courson de Villeneuve est rappelé à l’activité en septembre 1939 et se voit confier le commandement du groupe des dépôts de remonte à Lunéville qui ainsi conserve sa vocation de garnison cavalière. A partir de la fin mai 1940, avec les rares moyens dont il dispose, le général de Villeneuve organise la défense de la ville contre de possibles incursions allemandes. Début juin, il reçoit l’ordre d’évacuation. Le général de Villeneuve quitte Lunéville le dernier. Le 15 juin, à Arc-les-Gray, en Haute Saône, le convoi dans lequel il a intégré son véhicule est intercepté par une colonne blindée allemande. Blessé, sommé de se rendre, le général de Villeneuve met instinctivement la main à son étui de pistolet. Il est alors abattu de plusieurs rafales de pistolet mitrailleur.

Dans le cadre de la réforme territoriale qui voit la mise sur pied des « bases de défense », si certaines cherchent des noms de baptêmes pour leurs quartiers, ce serait rendre un juste hommage aux malheureux combattants de 1940 que de choisir le nom de l’un ou l’autre de ces officiers généraux qui n’ont pas failli à l’honneur.


[1] Quelques heures après avoir relevé le général de Montbrun au commandement du 2ème corps de cavalerie, tué d’un boulet de canon, le général de Caulaincourt se faisait tuer à son tour en chargeant sur la Grande Redoute à la tête des escadrons du 5ème Cuirassiers alors que c’eût été la place du colonel.
[2] Lequel, toujours commandant de la Cavalerie de la Garde, se fera tuer quelques mois plus tard en Saxe en allant reconnaître ses positions de départ le matin de Bautzen.
[3] Un contre amiral, Lartigue, et un général de brigade aérienne, Augereau, commandant les forces aériennes de la 9ème armée sont également morts pour la France au cours de la campagne.
[4] Frère de l’amiral du même nom qui a rejoint de Gaulle et les FFL dès la fin juin 1940.
[5] Corps d’armée colonial
[6] L’état-major de l’Armée était alors scindé en deux, un groupe de l’avant et un groupe de l’arrière.
[7] Lorsque, confronté à une grave crise des effectifs en 1917, pour conserver le même nombre de divisions, Pétain supprime l’échelon de la brigade et aligne toutes les divisions sur une organisation ternaire, soit, dans les faits dissout un régiment par division, il est amené à créer le poste de commandant de l’infanterie divisionnaire (l’I.D.), soit l’adjoint opérationnel du commandement de division. Ce faisant, il préservait la moitié des postes budgétaires des généraux de brigade issus de l’infanterie.
[8] Groupe d’armées de réserve, commandé par Fayolle, chargé de conduire les offensives françaises de l’été et l’automne 1918.
[9] C’est au sein de ce régiment qu’il avait remporté en 1911 le grand steeple international à Rome.
[10] Equipé de side cars, et l’excellente AMD 170, remarquable voiture de découverte qui peut avantageusement être employée comme engin de reconnaissance.
[11] Division de cavalerie.
[12] Division légère mécanique.
[13] Division d’infanterie nord africaine.
[14] Poste correspondant à sous-chef d’état-major Logistique.
[15] Avant guerre, il existait une catégorie particulière d’engagés : « inapte à tout engagement, sauf dans l’armée coloniale ».
[16] Infanterie divisionnaire.
[17] Artillerie divisionnaire.
[18] Division d’infanterie nord africaine.
[19] Régiment de tirailleurs tunisiens.
Image