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Expériences alliées

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SHARP: les forces terrestres américaines face aux agressions sexuelles.

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Par le Colonel Patrick TEISSERENC.

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Le problème des agressions et harcèlements sexuels au sein du ministère de la Défense français a fait la une des médias il y a quelques mois, entraînant le ministre à prendre, ou à reprendre, une série de mesures pour lutter contre ce mal récurrent. Cette lettre du DLT au sein de l’US Army montre que ce problème, malgré des réponses rigoureuses, existe aussi chez nos amis américains, a priori dans des proportions beaucoup plus importantes.

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Depuis dix ans aux États-Unis, le mois d'avril est désigné «Sexual Assault Awareness Month (SAAM)». Son but est d'améliorer la prise de conscience du public sur le problème des violences sexuelles et de chercher à les prévenir. Cela donne à l'Army l'occasion de rappeler à tout son personnel de se focaliser sur les efforts de prévention des agressions et harcèlements sexuels. Le thème qu'a pris l'Army cette année incite à s'exprimer sur le sujet, que l'on soit victime ou simplement témoin.
 
 
Ce problème, d'ampleur avérée, est apparemment devenu plus aigu récemment malgré les moyens mis en œuvre.
 
Les chiffres montrent un nombre important d'incidents (2.558 incidents reportés au sein du DoD en 2012) et, surtout, une hausse régulière qui semble aller à l'encontre des efforts déployés. Une étude a cependant montré qu'il n'y avait pas d'augmentation du nombre d'incidents pendant les temps de déploiement. La hausse globale ne peut donc pas être attribuée au fort taux de projection. Il semble que ce soit plutôt le nombre d'agressions déclarées qui ait augmenté à mesure que le commandement s'est intéressé au problème et que les campagnes de sensibilisation et de soutien aux victimes se sont montrées plus efficaces.
 
Il faut dire que dans les forces, le sujet est pris très au sérieux et à très haut niveau.
 
Cela part d'une déclaration du président Obama au secrétaire d'état à la défense Chuck Hagel et au Général Dempsey, président des chefs d'état major interarmées (équivalent de notre CEMA), leur demandant de faire des progrès substantiels en termes de prévention et réponse aux crimes et délits sexuels. En conséquence, la prévention des agressions sexuelles arrive à la première place des dix priorités du secrétaire d'état à la défense. Au Pentagone a été créé un bureau commandé par un général de division: Sexual Assault Prevention and Response Office - SAPRO. Ce bureau est décliné par chaque état-major d'armée.
 
Les principales mesures concernent des réformes de la justice militaire, des programmes de prévention et le soutien des victimes. Pour l'Army, la plupart de ces actions sont regroupées dans le programme : Sexual Harassment/Assault Response and Prevention Program - SHARP. L'USMC conduit un programme similaire qui pousse les victimes à rendre-compte, les camarades à intervenir et les chefs à sanctionner, de nombreux cas d'affaires «couvertes» ayant porté atteinte à la crédibilité du commandement dans ce domaine.
 
Quoiqu'il en soit, la communication est massive et bien organisée.
 
Tout soldat connaît ce programme et nul ne peut ignorer le numéro de la hotline du SHARP. Depuis dix ans que le problème est identifié, les forces américaines ont développé et mis en œuvre un programme formel complet et structuré... dont les effets positifs ne sont cependant pas flagrants.
 
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