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Sciences et technologies

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Technologie et tactique

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Par le CBA François-Régis DABAS

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La révolution dans les affaires militaires, synthèse des avancées techniques dans les domaines de l’électronique, de l’informatique et des télécommunications, consacrait il y a encore quelques années la suprématie de la technologie sur le contrôle stratégique de la planète. Reposant sur la télédétection de la menace et la vitesse et la furtivité de la réponse, cette révolution technologique constituait un concept séduisant renforcé par son corollaire le principe de la guerre « zéro mort ». Or, à l’aurore du nouveau millénaire, c’est un retour en grâce de la tactique, entendue comme art de combiner les moyens militaires dans une mise en œuvre circonstanciée et locale des plans de la stratégie, qui s’opère à l’aune des engagements récents. A contrario les résultats décevants de la campagne aérienne de l’OTAN au Kosovo en 1999 ont montré l’inefficacité d’une certaine forme de technologie quand le succès militaire demeure sur des fondamentaux tactiques.

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Dans le cadre du débat en cours sur Tactika, cet article se propose douvrir le débat sur les relations entre la technologie et la tactique. Ces deux parties sont-elles marquées du sceau de l’antinomie ou, au contraire, sont-elles complémentaires, quelles sont les logiques qui pvalent aux évolutions de l’une et de l’autre, la technologie agit-elle comme multiplicateur d’efficacité ou comme frein vis-à-vis de la tactique ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles  l’intranaute  pourra  contribuer,  lenjeu  de  cette  étude  des  relations  entre technologie et tactique étant la notion de capacité opérationnelle.

 

En fait, technologie et tactique constituent deux parties interdépendantes d’un ensemble

qui évolue parfois de manière centrifuge.

 

En effet, après avoir étudié le caracre ambivalent de l’apport technologique à la tactique, la question  de  la  primauté  de  la  tactique  sera  examinée.  Une  psentation  des  déviances possibles sera enfin proposée.

 

 

 

Tout d’abord, la technologie possède un caractère ambivalent dans sa relation avec la

tactique, car elle peut locculter ou la valoriser.

 

Certes, l’on peut être tenté de rechercher de manière exclusive dans la supériorité technologique le succès des armes. Au début du 20e siècle, le canon de 75, puis en 1939, la ligne Maginot et le char français, supérieur en tout point au char allemand, sont des exemples de supériorité technologique qui ramènent le contemporain à plus d’humilité.

 

Néanmoins, la technologie peut valoriser la tactique dans la mesure où elle contribue à réduire à sa plus simple expression le brouillard de la guerre. Dans ce sens la technologie optimise la tactique dans toutes les potentialités de cette dernière. Ainsi, la numérisation de l’espace de bataille permet entre autres de suivre en temps el l’évolution dune situation tactique sur le terrain et de donner des ordres de manière plus rapide que l’adversaire.

 

Par ailleurs, lorsque la technologique prode par rupture, elle ouvre de nouveaux champs à la réflexion et à la manœuvre tactique. Ainsi en est-il des systèmes radio, dont l’utilisation sur le champ de bataille par des adversaires symétriques, a engendré l’élaboration dune doctrine de brouillage, de repérage, dinterception et de contre-mesures, véritable tactique du champ hertzien.  Ainsi  en  est-il  également  des  technologies  de  la  simulation  qui  permettent  de pparer les forces aux engagements dans des conditions hyperréalistes.


Ensuite, la tactique se caractérise par une certaine constance par opposition à la contingence de la technologie.

 

Premièrement, il est remarquable de noter la primauté de la tactique sur la technologie dans les retours d’expérience contemporains. Ainsi, les guerres dAfghanistan et dIrak ont poussé les forces américaines à abandonner la mise en place du Land Warrior, l’équivalent aricain du lin français, et à prôner un retour de la chenille dans les zones urbaines en lieu et place des véhicules à roues de dernière génération, allant ainsi à l’encontre des avancées technologiques récentes.

 

De la même manière, la pérennité des principes tactiques conserve sa pertinence dans la pparation des forces au combat. Pour illustrer cela de manière caricaturale, il est intéressant de souligner que les officiers brevetés aricains cherchent des recettes de contre insurrection pour les engagements de 2007 dans la pensée tactique française des années 60, en particulier les livres de Roger TRINQUIER et David GALULA.

 

Surtout, les conditions de certains engagements ont un caractère égalisateur lorsque des adversaires dissymétriques ou asymétriques sont psents. En particulier, la zone urbaine et l’engagement au cœur des populations permettent de pondérer les atouts technologiques. C’est alors la supériorité tactique qui permettra demporter la décision.

 

Des deux parties pcédentes, il est clair que tactique et technologie sont interdépendantes. Mais certains obstacles peuvent mettre en péril leur équilibre.

 

Tout d’abord, la logique industrielle peut se démarquer de la logique de besoin opérationnel. Cela est particulièrement avé lorsquil s’agit de pserver un tissu industriel défaillant au nom de la sacro-sainte indépendance nationale. Cela peut être aussi le cas lorsque des techniques de lobbying sont utilisées pour inciter à acheter ou à renouveler des équipements.

 

Ensuite, il y a des dogmes ou des modes, comme la mode dune armée polyvalente donc

« légère ». En 1991, notre force daction rapide étant composée d’unités « légères », cette caracristique est devenue une contrainte dans notre engagement dans la guerre du Golfe, le général SCHMIDT, CEMA, craignant que nos forces soient faiblement équipées devant la force blindée mécanisée irakienne. La division DAGUET a donc eu une mission de flanc- garde.

 

Enfin, l’absence de conflit majeur dans lequel notre pays est enga peut limiter la portée de la prise en compte des retours d’expérience de nos forces ou de nos alliés. Autrement dit, les logiques de prise de décision des choix technologiques et capacitaires peuvent continuer à se pvaloir dinrêts divergents.

 

En conclusion, tactique et technologie, loin de se concurrencer, sont interdépendantes mais leur conjonction, de laquelle dépend la capacité opérationnelle, peut être déséquilibrée par des tendances centrifuges.

Voici quelques-unes des pistes de réflexion que l’intranaute pourra explorer de manière à enrichir le débat de sa contribution.

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