Traitement en cours, merci de patienter...
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Image
Image
Saut de ligne
 
Saut de ligne
Image
Saut de ligne
Défense et management

Saut de ligne
Image

Vous avez dit OGZDS?

Image

Par le Général de corps d’armée Christophe de SAINT-CHAMAS

Image

L’auteur : le Général de corps d’armée Christophe de SAINT-CHAMAS, officier général de la zone de défense et de sécurité Ouest Dans le cadre des nombreuses réformes entreprises en vue de rationaliser les structures du ministère de la Défense, la plupart des chaînes fonctionnelles ont été adaptées dans une logique de bout en bout rendue possible grâce à des outils de gestion toujours plus performants. C’est dans ce contexte que la question du maintien ou de la suppression d’un échelon zonal s’est posée.

Image

Pour aussi séduisante que paraisse l’idée, un langage de vérité, souhaité par notre chef d’état-major des armées, s’impose plus que jamais. Après Louvois et Miramas, il convient d’aborder l’avenir avec détermination et lucidité en se posant de bonnes questions et sans faire d’impasses, car la menace, hier diffuse et jugée lointaine, est désormais sous nos fenêtres. Cette responsabilité zonale qu’une vision centralisatrice incitait à supprimer, s’est en effet subitement trouvée au cœur d’un dispositif opérationnel auquel tous les services se raccrochent aujourd’hui pour conforter leur vision locale des enjeux.

Reconnu par les autorités ministérielles et interministérielles, locales, régionales et zonales, l’officier général de zone de défense et de sécurité, l’OGZDS (et son état-major, capacité qui lui est indispensable pour conduire ses actions et assumer pleinement ses responsabilités) est plus que jamais un facilitateur et un acteur indispensable de la cohérence ministérielle au quotidien. Et d’un point de vue opérationnel, sa proximité avec le préfet de zone et les décideurs de ce niveau lui permet de bénéficier d’une vision concrète des enjeux régionaux.

Le rôle clé de la chaîne OTIAD


Chaîne opérationnelle longtemps mésestimée et encore méconnue, l’organisation territoriale interarmées de défense permet de déployer les moyens des armées sur le territoire national, en complément des moyens des forces de sécurité intérieure. Validé en cas de crise majeure par le chef des armées lors d’un conseil de défense et défini au niveau de la cellule interministérielle de crise (CIC) présidée par le Premier ministre ou son représentant, l’engagement opérationnel est alors mis en œuvre par les armées. Le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) donne les ordres aux armées. L’armée de Terre désigne ensuite les unités en veillant à la cohérence et au maintien des cycles d’instruction, de préparation opérationnelle et de projection intérieure ou extérieure.

L’ensemble de ces décisions d’engagement et de mise en œuvre sont bien évidemment conduites selon un processus itératif prenant en compte l’appréciation de situation aux trois niveaux, local, zonal et national, ainsi que les capacités des armées, en recherchant autant que possible la définition d’un juste besoin.

Dans chaque zone, les moyens militaires sont engagés conformément aux réquisitions préfectorales. Celles-ci font de même l’objet d’un travail collaboratif en amont afin que les effets attendus par le préfet correspondent sans ambiguïté aux capacités qui seront ensuite déployées par les armées. Le conseil ainsi apporté aux préfets de zone s’avère déterminant. Il permet de préserver les moyens, de valoriser les armées et d’apporter une aide utile en veillant à ce que les armées ne soient pas considérées comme le volant de gestion des forces de sécurité intérieure, mais comme une composante à part entière, un atout pour mener des actions non pas de substitution mais bien de complémentarité en s’appuyant sur les capacités et les spécificités des armées.

Contrôleur opérationnel des unités engagées dans sa zone, garant de leur bon emploi, l’OGZDS est un acteur clé de la posture de protection terrestre (PPT)…

Acteur clé dans l’aide au fonctionnement du ministère, l’AFM


Avant-hier commandant de région Terre, hier coordinateur zonal de l’organisation interarmées du soutien, il est aujourd’hui le représentant ministériel dans la zone, reconnu comme tel par l’ensemble des autorités civiles et politiques.

Autorité militaire principale dans sa zone de défense, il s’appuie sur sa compréhension des grands enjeux de la défense dans les différents domaines pour faciliter la mise en cohérence des actions au niveau local.

Il décline à son niveau, par délégation ministérielle ou interarmées sur l’ensemble de la ZDS, les différentes politiques du ministère de la Défense. Il joue, de ce fait, un rôle clé dans la conduite zonale des restructurations et préside en particulier la commission régionale de restructuration. Il est également responsable de la mise en œuvre zonale de la politique en matière de biodiversité, de développement durable et de protection de l’environnement, domaines dans lesquels le ministère s’attache à être exemplaire.

Il traite donc directement, personnellement ou par l’intermédiaire de son état-major, avec la quasi-totalité des services déconcentrés de l’État.
À la croisée des chemins entre le niveau central et le niveau tactique, sa vision globale lui permet de concilier la logique de «bout en bout», logique d’efficience des directions et services interarmées, avec la logique opérationnelle des formations, échelon d’exécution qui ne possède plus en propre les moyens de son soutien. Il veille, de plus, à ce que la logique fonctionnelle des directions et services interarmées soit en cohérence avec la satisfaction des besoins des armées dans sa zone. Concrètement, le niveau zonal est le seul niveau à même de réaliser une image opérationnelle et logistique[1] globale.

Dans son rôle d’appui au fonctionnement du ministère, l’OGZDS peut ainsi développer la coordination et la mise en cohérence zonale des politiques fonctionnelles et géographiques définies et initiées au niveau central. Il peut alors compenser les inévitables lacunes de concertation entre directions et états-majors.

Il peut aussi arbitrer, prioriser les besoins exprimés par les différents organismes en liaison avec les bases de défense auxquelles ils sont rattachés. Connaissant les contraintes de la chaîne technique, les besoins répertoriés par les bases de défense sont alors étudiés à l’aune des directives de l’échelon central. Son rang et son positionnement lui confèrent une légitimité certaine pour traiter avec l’ensemble des acteurs de la zone de défense et de sécurité, qu’ils soient militaires ou civils.

À la fois, il pilote les actions de rayonnement interarmées et veille à ce que les politiques conduites par chaque armée dans ce domaine soient en cohérence dans sa zone avec les directives du CEMA. Il s’appuie à cet effet sur les DMD[2] dont il anime le réseau, suscite et contrôle les actions.

Autorité reconnue par les formations de l’armée de Terre dans la zone


«Troisième casquette»: commandant de zone Terre (COMZT)! À ce titre, il est chargé d’exercer des attributions organiques spécifiques à l’armée de Terre ainsi que des missions déconcentrées par le chef d’état major de l’armée de Terre.

Il est ainsi le relais de commandement, d’expertise et de synthèse à compétence zonale pour l’armée de Terre dans les domaines de responsabilité territoriale que sont, notamment, la maîtrise des risques technologiques, la préservation des espaces d’entraînement, la disponibilité et la sécurité des installations de préparation opérationnelle, la conduite des opérations d’infrastructure d’adaptation capacitaire… Il est de plus en charge du pilotage des formations de l’armée de Terre en déclinant à son niveau les directives du CEMAT.

Dans cette logique de milieu, c’est en tant que commandant de zone Terre qu’il défend aussi les intérêts du ministère pour l’urbanisme et l’environnement. Donc rien de schizophrénique dans ce fonctionnement: c’est bien le territoire national, au sol, qui constitue son champ d’action.

Pour conclure


Tantôt agissant comme commandant de zone Terre, comme responsable de l’appui au fonctionnement du ministère ou de l’engagement opérationnel des armées dans sa zone, l’OGZDS est le coordonnateur des actions des armées au niveau zonal. Ses responsabilités dans le domaine de l’AFM et au profit de l’armée de Terre confortent sa capacité à exercer ses responsabilités opérationnelles. 

Placé au contact des autorités zonales, relayant l’action du niveau central, assurant le contrôle opérationnel des unités engagées dans sa zone, il est un acteur clé de l’engagement des armées et plus particulièrement de l’armée de Terre sur le territoire national, devenu un enjeu de premier plan et désormais mission majeure pour les armées.



[1] Par logistique il faut comprendre l’ensemble des acteurs du soutien
[2] Délégués militaires départementaux
Image
Image